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EH OUI ! c’est le lundi 1er septembre 1958 sous l’impulsion de Jean-Jacques Servan-Schreiber que les bureaux nationaux des trois associations d’Algérie, réunis à Paris, ont décidé de former une Fédération nationale : L’Association des Anciens d’Algérie (AAA), le Groupement des Rappelés et Maintenus d’AFN (GRM) et l’Association Nationale des Anciens d’Algérie (ANAA) ont décidé d’unir leurs efforts pour la défense des droits de ceux qui ont combattu en Afrique du Nord et des familles des victimes. Aider en toutes circonstances ceux qui, démobilisés, ont besoin de l’assistance de leurs camarades (pensions aux ayants-droit, présomption d’origine sans délai pour les maladies à évolution lentes, l’obtention de la carte du combattant, agir de façon efficace pour la sauvegarde des traditions d’honneur de la France et de son armée et pour la paix en Algérie.

Un congrès constitutif de cette première Fédération nationale, qui demeure aujourd’hui la seule organisation spécifique des Anciens d’Algérie, est fixée au 21 septembre 1958 à l’hôtel Moderne à Paris. La Fédération Nationale des Anciens d’Algérie Maroc et Tunisie (FNAA) est née. D’emblée, elle affirme son indépendance avec les pouvoirs publics et les autorités militaires.

C’est lors du 4e Congrès de notre Fédération à Noisy-le-Sec en 1963 qu’est ajouté le « C » de Combattants dans notre sigle qui est devenue « FNACA ». C’est également au cours de ce Congrès que sur proposition d’un responsable du Maine-et-Loire, la date du 19 mars 1962 fut retenue pour honorer la mémoire de nos camarades tombés en Algérie, au Maroc et en Tunisie.

   Quand JJSS combattait en Algérie

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Le lieutenant Jean-Jacques Servan-Schreiber est rappelé en Algérie en août 1956. DR

Lorsque débutent les événements d'Algérie, JJSS et L'Express combattent de nouveau certaines exactions de l'armée française et une guerre coloniale qui ne veut pas dire son nom. Il est mobilisé en tant que lieutenant et sera mis sous les ordres du colonel Roger Barberot, adjoint du Général Jacques Pâris de Bollardière, seul général français ayant refusé la torture en quittant son poste de commandement.

Esprit particulièrement brillant, le polytechnicien Jean-Jacques Servan-Schreiber avait senti, avant beaucoup d'autres, la nécessité de la décolonisation.

 En 1956, rappelé en Algérie comme lieutenant, ce jeune homme de trente-deux ans publia sous forme de feuilleton, dans son hebdomadaire, le récit de son expérience de la guerre, sous le titre "Lieutenant en Algérie". Ce qui lui valut d'être accusé  d'atteinte au moral de l'armée.  L'ouvrage n'en parut pas moins chez Julliard, l'année suivante au mois de juin. Ce premier ouvrage d'un homme un peu "touche à tout" est devenu introuvable.
La parution dans L'Express fut saluée comme un évènement majeur par tous ceux qui étaient opposés, pour diverses raisons, à la poursuite de la guerre d'Algérie.
En particulier par François Mauriac, qui tenait le jeune Jean-Jacques en très haute estime. Jusqu'au retour de de Gaulle au pouvoir et de l'opposition de L'Express au Général. Alors, l'opinion de Mauriac tourna bientôt au vinaigre, et l'auteur de Thérèse Desqueyroux alla jusqu'à traiter Servan-Schreiber, qui envisageait d'entrer en politique, de Kennedillon... Ce qui était un peu vite oublier que le sénateur Kennedy en personne, futur Président des E. U., avait le premier engagé le contact avec le brillant journaliste français... Mais ceci est une autre histoire...

Le général Jacques Pâris de Bollardière écrit à Jean-Jacques Servan-Schreiber :

"Vous avez servi, sous mes ordres, en Algérie, avec le souci de nous aider à dégager, par une vue sincère et objective des réalités, des règles d'action à la fois efficaces et dignes des traditions de notre Pays et de son Armée. Je pense qu'il était hautement souhaitable qu'après avoir vécu notre action et partagé nos efforts, vous fassiez votre métier, en soulignant à l'opinion publique les aspects dramatiques de cette guerre et l'effroyable danger qu'il y aurait pour nous à perdre de vue, sous le prétexte fallacieux de l'efficacité immédiate, les valeurs morales qui, seules, ont fait jusqu'à maintenant la grandeur de notre civilisation".

(Général de Bollardière)

Arrivé en Algérie le 25 juillet 1956, le général de Bollardière prend le commandement du  secteur Est de l’Atlas Blidéen le 15 août 1956. Sur la suggestion du lieutenant Jean-Jacques Servan-Schreiber qui a été rappelé en Algérie dans son secteur, il crée les « commandos noirs » destinés à prendre contact avec la population. Subjugué par l’intelligence de J.J.S.S., il lui accorde entière confiance, met l’accent sur l’action sociale au détriment de la lutte contre les rebelles et le laisse prendre toutes sortes d’initiatives de son ex-subordonné J.J.S.S. de contacts qui alimentent la presse parisienne qu’il contrôle.

Le 27 mars 1957, après son retour en métropole, le général de Bollardière exprime pour la première fois le rejet de la torture en approuvant publiquement le livre "Lieutenant en Algérie" de Jean-Jacques Servan-Schreiber. 

  En cette année du cinquante-deuxième anniversaire

 du Cessez-le-feu

le 19 mars 1962

Souvenons-nous du pionnier 

 de la FNACA

Jean-Jacques Servan-Schreiber

 L'historien Benjamin Stora

explique les liens historiques 

entre l'hebdomadaire L'Express

et la guerre d'Algérie

Il évoque les intellectuels 

Mauriac et Camus

mais aussi Jean-Jacques Schreiber

qui ont dénoncé dans les colonnes

de L'Express la torture en Algérie

 

 

 

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