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Antisémitisme

 Il y a 70 ans, la rafle du Vél d'Hiv

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 http://www.lematin.ch/loisirs/70-ans-rafle-vel-hiv/story/27422151

La France va commémorer un triste épisode de son histoire: les 70 ans de la rafle du Vel d'Hiv, la plus grande rafle de Juifs réfugiés à Paris pendant l'Occupation, les 16 et 17 juillet 1942. Rappel des faits.

Il y a 70 ans, les 16 et 17 juillet 1942, 13152 Juifs étrangers réfugiés en France étaient arrêtés à Paris par la police française, dont 8160 enfermés au Vélodrome d'hiver, près de la Seine (XVe), lors de la plus grande rafle de Juifs en France pendant l'Occupation.

Selon Serge Klarfeld, président de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France, 1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants furent entassées au Vel d'Hiv pendant quatre jours. La quasi totalité des 13152 des Juifs raflés à Paris furent déportés. Parmi ceux du «Vel d'Hiv», moins d'une centaine - aucun enfant - survécurent, souligne Serge Klarsfeld.

Ils furent ensuite emmenés dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers (Loiret), quelque 3000 enfants en bas âge étant brutalement séparés de leurs parents déportés les premiers. Les enfants furent ensuite déportés entre le 17 et 31 août à Auschwitz, précise Serge Klarsfeld.

Simultanément 1989 hommes et 3003 femmes, couples sans enfant et célibataires, étaient arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy avant d'être également déportés à Auschwitz. «L'antisémitisme d'Etat de Vichy et sa politique de collaboration avec le IIIe Reich, qui a programmé l'extermination des Juifs, ont conduit à la déportation d'abord des Juifs étrangers puis des Juifs français», explique l'historien Jean-Pierre Azéma.

«Shoah par balles»

La loi du 3 octobre 1940 sur le statut des Juifs français visant à «limiter leur influence» et celle du 4 octobre 1940 permettant l'internement des Juifs étrangers par les préfets distinguent Juifs français et apatrides, venus d'Allemagne et d'Europe centrale pour fuir les persécutions nazies. L'extermination des Juifs par les Allemands débute dès 1941 avec la «Shoah par balles», soit plus d'un million d'exécutions par les Einsatzgruppen (groupes d'intervention), relève Jean-Pierre Azéma.

En France, les premières rafles commencent avec l'arrestation, le 14 mai 1941, par la police parisienne de 3700 juifs étrangers. Trois mois plus tard, fin août, 4200 hommes, dont 1500 juifs français, sont arrêtés et envoyés à Drancy, placés sous l'autorité du préfet de police de la Seine. Sept mois plus tard, la rafle du 12 décembre 1941 s'inscrit officiellement dans une série de mesures de représailles allemandes pour détenir des «otages» après les premiers attentats contre l'armée allemande à Paris.

A la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942 à Berlin, une quinzaine de hauts responsables nazis, organisent la «solution finale à la question juive» et fixent les procédures de déportation des Juifs d'Europe occupée vers les camps d'extermination.

«Train spécial»

Le 27 mars 1942, le premier «train spécial», emportant 1112 juifs de France vers le camp d'extermination d'Auschwitz, quitte Compiègne (Oise), marquant le début de la déportation de près de 76'000 hommes, femmes et enfants juifs.

Début mai 1942, le général SS Karl Oberg, chargé de la «question juive», s'installe à Paris et demande à René Bousquet secrétaire général de la police d'arrêter tous les Juifs de la zone nord occupée. «Vichy va alors se faire le complice des Allemands en livrant d'abord les Juifs étrangers», estime Jean-Pierre Azéma. Pierre Laval demande que les enfants juifs de la zone nord soient également déportés.

La rafle du Vel d'Hiv peut alors commencer à partir du fichier juif constitué par Vichy dès l'automne 1940. Cinquante-trois ans plus tard, le 16 juillet 1995, le président Jacques Chirac reconnaît devant le monument commémoratif du Vel d'Hiv la responsabilité de la France: «Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français». (afp/Newsnet)

La rafle du Vélodrome d'Hiver (16-17 juillet 1942), souvent appelée rafle du Vel' d'Hiv, est la plus grande arrestation massive de Juifs réalisée en France pendant la Seconde Guerre mondiale

Durant l'été 1941, 4000 personnes ont déjà été arrêtées. En juillet 1942 les autorités Allemandes décident de lancer une gigantesque rafle dans plusieurs pays, sous le nom de code de "Vent Printanier". 9000 policiers et gendarmes parisiens participent à l'opération. La police française fournit un fichier détaillé des Juifs de la capitale qu'elle avait établi en 1940. A 4 heures du matin, le 16 juillet 1942, 12884 Juifs sont arrêtés dont 4051 enfants et 5802 femmes. Cependant certaines personnes, prévenues de la rafle, parviennent à s'enfuir. 

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Monument du Souvenir à Paris

Ils n'ont le droit de prendre avec eux qu'une couverture, un pull, une paire de chaussures et deux chemises. Les familles sont séparées. Les directives précisent que "les opérations doivent être effectuées avec le maximum de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire".

Jardin du souvenir à l'emplacement du Vél d'Hiv Jardin du Souvenir à l'emplacement du Vélodrome d'Hiver

 Après avoir été arrêtées la moitié des personnes raflées sont emmenées dans des autobus à plate-forme vers le camp de concentration de Drancy, au Nord de Paris. Les autres personnes sont conduites rue Nélaton, dans le XVème arrondissement de Paris, au vélodrome d'hiver. Ils sont environ 7 000. Il faut noter que ce terrain de sport avait déjà servit de lieu de regroupement lors d'une rafle en été 1941. Pendant 5 jours ils vont vivre sans nourriture, avec un seul point d'eau et 2 médecins. Quelques personnes parviennent à s'enfuir, d'autres se suicident (près de 100 se suicideront). Les internés du Vel' d'Hiv' sont ensuite conduits à Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers.

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Puis expédiés dans des wagons à bestiaux (comme des bestiaux) dans les camps de la mort d'Auschwitz.  

Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'Etat français.

On verra des scènes atroces : les familles déchirées, les mères séparées de leurs enfants, les vieillards - dont certains, anciens combattants de la Grande Guerre, avaient versé leur sang pour la France - jetés sans ménagement dans les bus parisiens et les fourgons de la Préfecture de Police.

La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.

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Les pouvoirs français décident d'envoyer aussi les enfants dans les camps alors que les consignes allemandes ne l'avaient pas prévu. (Voir ci-dessous la vidéo : (C'était des enfants... Pourquoi?)

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En 1942, 42000 personnes seront déportées du territoire Français vers Auschwitz. 811 reviendront des camps de la mort en 1945.

 

 

 
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