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http://bellaciao.org/fr/spip.php?article141224 

 

Le 8 mai 1945 était signée la capitulation sans condition de l’Allemagne nazie. Après 60 à 80 millions de morts dont 45 millions de civils, plus de 4 millions de victimes des camps de la mort, dont 3 millions de Juifs et des centaines de milliers de Tsiganes, les peuples étaient « venus à bout de la bête immonde ».

Le 22 mai 1949, au Cirque d’Hiver, les fondateurs du MRAP, parmi lesquels des survivants des camps nazis, prêtaient serment « de ne jamais oublier les crimes commis par les assassins fascistes et leurs complices ».

A l’heure où les idéologies racistes se développent dans de nombreux pays européens, il est impératif de rappeler inlassablement que les discours de haine et d’exclusion conduisent toujours aux pires crimes que l’humanité ait connus. N’oublions pas que pour Jean-Marie Le Pen, les camps d’extermination ne sont « qu’un détail de l’histoire » et que le 27 janvier 2012, date même de la commémoration de la libération du camp d’Auschwitz, Marine Le Pen, invitée d’honneur du FPÖ - principale organisation d’extrême-droite autrichienne - participait à Vienne à un bal de « l’Olympia », organisation de tradition néonazie, antisémite et négationniste.

Aujourd’hui, les vieux démons réapparaissent : l’étranger, le Rom, le Musulman ou supposé tel, le sans papiers... sont les nouveaux « boucs émissaires » auxquels est attribuée la responsabilité de tous les maux et de toutes injustices de la société, qu’ils sont les premiers à subir. Certains, jouant aux apprentis sorciers, tentent - pour de vains calculs électoraux - de faire du Front National un « parti fréquentable ».

En ce 8 mai 2014, le MRAP se doit également de rappeler qu’à cette victoire sur le IIIe Reich et sur le fascisme ont contribué, à côté des alliés – Soviétiques, Américains et Anglais pour la plupart – de nombreux immigrés venus d’Afrique noire et du Maghreb, mais aussi de l’Europe toute entière, pour contribuer à sauver la France du nazisme.

Les uns avaient fui l’idéologie fasciste qui avait d’abord triomphé en Italie, puis en Allemagne et en Espagne ; d’autres, colonisés, espéraient que leurs peuples bénéficieraient, eux aussi, de cette liberté chèrement acquise pour sortir du statut colonial et devenir des citoyens de leurs propres patries.

On ne demandait pas alors aux combattants étrangers de la résistance s’ils mangeaient de la viande hallal ou s’ils avaient des papiers ! Qu’il se soit agi des Algériens, Marocains, Tunisiens, Africains, Antillais, Malgaches, de ceux du groupe Manouchian de la Main d’Œuvre Immigrée (MOI), désignés comme « terroristes » sur l’Affiche rouge, ou encore de ceux - notamment les Républicains espagnols - qui, dans des chars baptisés Guadalajara, Ebro, Teruel, Brunete, Madrid – mais également Don Quijote ou Durruti - tous ont contribué à libérer Paris.

« Pourrions nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’Islam, soient ensevelies sous l’oubli et l’ingratitude ? », interrogeait le Général De Gaulle le 23 avril 1968.

Le MRAP espérait, avec l’élection de François Hollande et une majorité socialiste à l’Assemblée nationale et au Sénat, des changements notoires. Mais, hélas, la douloureuse question des sans papiers demeurent inchangée puisqu’aujourd’hui un très grand nombre d’enfants et petits-enfants des combattants morts pour la France se trouvent encore sans papiers, sans droits, sans reconnaissance. Malgré les promesses - apparemment oubliées - du candidat Hollande, ceux qui ont des papiers se voient toujours refuser le droit d’accès à la citoyenneté que serait le droit de vote ouvert aux résidents non communautaires.

Quant à ceux d’entre eux qui sont de nationalité française, ils sont trop souvent victimes du rejet raciste, de la relégation, de la discrimination.

Le MRAP tient également à rappeler que le jour même où la France retrouvait la liberté – le 8 mai 1945 - une répression terrible s’abattait en Algérie, sur la région de Sétif, parce qu’un drapeau algérien, symbole de l’indépendance, était brandi au cours d’un défilé célébrant la victoire. Il y eut alors des milliers de morts. Ces massacres préfiguraient ceux de dizaines de milliers de manifestants, perpétrés en 1947 à Madagascar par l’armée française, face aux insurgés Malgaches qui avaient attaqué un camp militaire.

En ce 8 mai 2014, où toutes les formes du racisme se banalisent, le MRAP rend solennellement hommage à tous ces « oubliés de l’histoire », ces combattants venus d’ailleurs, « à ces étrangers et nos frères pourtant » (comme le furent les membres de l’Affiche Rouge), qui ont lutté pour que la devise Liberté, Égalité, Fraternité ne soit pas un vain mot. Et quel meilleur hommage que de poursuivre avec ténacité leur lutte pour une société plus juste, où l’égalité des droits deviendra une réalité, où le racisme aura enfin disparu, où le « vivre ensemble » l’emportera sur les peurs et les haines.

Le 8 mai, se souvenir de l'Armée d'Afrique

 8 Mai 1945 : Victoire contre le nazisme, le fascisme,

et le racisme.

En ce jour anniversaire de la victoire du 8 mai 1945, Lounès Chérif, fils d’un ancien combattant de l’Armée d’Afrique, rappelle le rôle joué par les divisions de Tirailleurs, de Zouaves, de Spahis, de Goumiers, de Tabors… pour libérer la France du joug nazi. « Devant les profanations des tombes de ces soldats coloniaux, l'inquiétant développement du racisme (…), il est crucial de faire appel à la mémoire et au souvenir de l’Histoire de France ».


Le 8 mai 2014 marque le 69e anniversaire de la victoire sur le régime nazià laquelle l’Armée d’Afrique a grandement contribué. Dans son appel du 18 juin 1940, de Gaulle évoquait le recours à cette force : « La France n’est pas seule…Elle a un vaste Empire derrière elle. »

Il y a près de 70 ans, en août 1944, les Français sous occupation allemande ont vu déferler dans le Midi les divisions de Tirailleurs, de Zouaves, de Spahis, de Goumiers, de Tabors, de Chasseurs d’Afrique... entonnant le chant des Africains. Le débarquement de Provence venait d’avoir lieu, mon père en faisait partie. 

Il faut rappeler qu’auparavant, cette même Armée d’Afrique avait combattu et vaincu l’armée allemande en Tunisie et qu’elle participa au premier débarquement contre les forces de l’Axe en Italie. En effet, fin 1943, au sein du Corps expéditionnaire français, commandé par le général Juin, elle s’illustra lors de cette campagne d’Italie durant plusieurs batailles comme celles de Monté Cassino, du Belvédère et entrera victorieuse dans Rome.

Dans le même temps, les Goumiers participèrent en première ligne à la libération de la Corse.

Les combattants musulmans aguerris de cette héroïque armée formeront tout naturellement le fer de lance de la future Première armée française sous les ordres du général de Lattre de Tassigny. 

Le débarquement de Provence à partir du 15 août 1944 et la campagne de France et d’Allemagne (1944-1945) furent de très beaux morceaux de bravoure de l’Armée d’Afrique. Elle libère rapidement Toulon, Marseille, Grenoble, Lyon, la Franche-Comté. Elle entre en Alsace après avoir fait la jonction avec les troupes alliées débarquées le 6 juin 1944 en Normandie. Enfin, elle traverse le Rhin et poursuit sa lutte pour la Victoire jusqu’au Danube en Autriche. 

Les hauts faits d’armes de l’Armée d’Afriqueet ses innombrables victoires permirent à son commandant, le général de Lattre de Tassigny, de siéger en compagnie des chefs des Alliés pour obtenir la capitulation de l’armée allemande. Dans son ordre du jour numéro 9 du 9 mai 1945, il écrit à ses soldats : « De toute mon âme, je vous dis ma gratitude. Vous avez droit à la fierté de vous-même comme celles de vos exploits. »

Le Général de Montsabert, libérateur de Marseille avec “ses africains” de la 3e DIA écrira lui aussi à ce sujet : « C'est grâce à l'Armée d'Afrique que la France a retrouvé non seulement le chemin de la victoire et la foi en son armée, mais aussi et surtout l'honneur et la Liberté. »*

En 2006, la création d’une aumônerie militaire musulmane dans les armées françaises, la sortie du film Indigènes et l’inauguration à Verdun d’un monument en hommage aux soldats musulmans ont eu pour conséquence, entre autres, de rafraîchir notre mémoire collective et de nous rappeler le souvenir de ces “oubliés” de l’Histoire et de la glorieuse Armée d’Afrique.

Tout au long de ses 130 années d’existence de 1832 à 1962, que ce soit sous la Monarchie, le Second Empire ou la République et même quand la France paraissait réduite, occupée, humiliée, l’Armée d’Afrique lui est demeurée fidèle. Elle a vaillamment soutenu plusieurs guerres notamment quand la France fut envahie en 1870, en 1914 et en 1940. L’ensemble des guerres auxquelles elle a participé a coûté un million de vies humaines à l’Armée d’Afrique.* Durant toute cette période à travers victoires et désastres, querelles intestines et changements institutionnels en métropole, l’Armée d’Afrique quant à elle est toujours restée l’ossature militaire de la France.

Il est important qu’au-delà des anciens combattants, la Nation tout entière, liée par le cœur et par les sacrifices consentis pour sa liberté par cette Armée d’Afrique, enseigne et évoque régulièrement le souvenir de celle-ci.

Devant les profanations des tombes de ces soldats coloniaux, l'inquiétant développement du racisme, la discrimination et les exclusions de toutes sortes qui envahissent notre société et devant les troubles internationaux, il est crucial de faire appel à la mémoire et au souvenir de l’Histoire de France. 

Lounès Chérif, s/officier de réserve, fils d’un ancien combattant de l’Armée d’Afrique.

* L’Armée d’Afrique 1830-1962, sous la direction du Général R. Huré. Editeur Charles

 

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