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Kader Arif, ministre délégué aux Anciens combattants (au centre)

 a rendu hommage à Jean Moulin, à Millau

 et aux Harkis, à Saint-Rome-de-Cernon./ Photo DDM, A.T.

 http://www.ladepeche.fr/article/2013/11/16/1753762-kader-arif-en-hommage-aux-resistants-et-aux-harkis.html

«La mémoire doit être un vecteur d’union nationale», voilà le mot d’ordre de Kader Arif, lors de sa visite, hier, en sud Aveyron. Le ministre délégué aux Anciens combattants, accompagné d’Anne-Marie Escoffier, ministre de la Décentralisation, s’est d’abord rendu à Millau. Devant l’établissement scolaire Marcel-Aymard, ce sont plus de 900 collégiens qui ont accueilli les représentants du gouvernement.

Une venue ministérielle qui à travers la pose d’une plaque commémorative à la mémoire de Jean Moulin, salue le travail accompli depuis plusieurs années par les collégiens sur la vie du grand résistant. Guy Durand a d’abord expliqué «le lien fort entre l’Aveyron et Jean Moulin, puisque celui-ci fut préfet du département en 1937». Le maire de Millau a également rappelé «l’importance de se souvenir de la Résistance, à l’heure où l’intolérance, l’oubli et le racisme, ces vieux démons, ne se donnent même plus la peine d’avancer masqués».

Une réflexion qui a largement rejoint le discours du ministre. Après un hommage vibrant à la figure de la Résistance ainsi qu’à tous les résistants, Kader Arif est revenu sur la commémoration du 11-Novembre. «C’est une honte de voir des personnes siffler le président de la République à ce moment-là. En faisant cela, ces gens insultent la mémoire de tous nos morts», s’est indigné le représentant du gouvernement.

La journée s’est poursuivie à quelques kilomètres de Saint-Rome-de-Cernon, au lieu-dit du «Nouzet». C’est dans ce «bout du monde», isolé de tout, que 128 familles de Harkis ont été installées en 1962.

Témoignages

«Nous sommes d’abord arrivés à Marseille avant d’être acheminé vers Millau puis le camp militaire du Larzac. Fin octobre, alors que nous dormions dans des tentes marabouts et que le froid et les premières neiges arrivaient avant l’heure, on nous a installés à Nouzet. Dans ce camp forestier, les hommes travaillaient et, nous, nous pouvions aller à l’école. Mais nous étions loin de tout, tenus à l’écart des populations locales, comme si on avait honte de nous», a raconté Rabah Ighilameur. Celui qui est aujourd’hui le président des Harkis aveyronnais (lire encadré) n’était qu’un enfant à l’époque.

Un destin qui a marqué un autre esprit d’enfant. «Dans le camp de Rivesaltes, le vent nous balayait sans cesse. Puis après, il y a eu un camp au-dessus de Castres. Mon père travaillait à la coupe de bois, il était payé au stère. Les conditions de vie étaient dures et nous étions seuls, isolés». Une histoire que Kader Arif a assuré «livrer rarement».

C’est donc avec d’autant plus d’émotion que le ministre a dévoilé la stèle qui devant le hameau forestier de Nouzet, rendra à jamais hommage à ces combattants rangés à la cause de la France venus de l’autre côté de la Méditerranée.


«Toujours insuffisant»

Si l’inauguration de cette stèle représente un «premier pas vers la reconnaissance des Harkis», la position de la France reste toujours floue pour Rabah Ighilameur. C’est un jour fort pour les Harkis, que ressentez-vous aujourd’hui ?

Bien entendu, c’est une initiative qui fait chaud au cœur mais cela reste toujours insuffisant. L’État français a encore un long chemin à faire pour reconnaître le destin tragique qu’il a imposé aux Harkis.

Quelles sont exactement les revendications des représentants des Harkis ?

Nous demandons à la France de reconnaître ses torts. Que la France dise qu’à l’époque elle a désarmé des soldats qui combattaient pour elle, qu’elle les a laissés se faire massacrer et que ces gens sont morts pour le drapeau. Nous demandons également que les enfants et petits-enfants de Harkis soient aidés dans leur recherche de travail et d’identité. En France, nous sommes encore Algériens et en Algérie, nous restons des Français.

Aurélien Trompeau

 

 

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