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http://www.leprogres.fr/jura/2013/03/17/guerre-d-algerie-temoignages-avant-la-premiere-commemoration-officielle

Guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Rencontre avec le président et vice-président de l’antenne sanclaudienne de la FNACA

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/ Photo Christelle Klüga

René Grandclément est vice-président Haut-Jura du comité départemental et président sanclaudien de la Fédération nationale des anciens combattants de l’Algérie (FNACA). Pierre Delavenna est vice-président local, d’une association qui compte deux cent dix membres et dont ils s’occupent tous deux depuis 1989. Ils avaient 20 ans quand ils ont été appelés en Algérie dans le cadre de leur service militaire. 28 mois de mobilisation, sur lesquels ils ont peu témoigné, sinon entre eux.

Comment avez-vous été accueillis lors de votre retour à Saint-Claude ?

« Je suis parti le 9 juillet 1956 parmi 1 500 appelés. J’ai débarqué à la gare d’Oran au 38e Régiment d’artillerie pour 4 mois de classe à Blida, puis à Djelfa dans les territoires du Sud. Au bout de 10 mois, je suis rentré en permission, mais 4 jours de trop, qui m’ont valu d’être chef du détachement disciplinaire. Et quand au bout de 28 mois, je suis rentré, le 12 octobre 1958, j’ai tourné la page définitivement, me consacrant à mon métier de lapidaire pendant 42 ans» témoigne René Grandclément. Même volonté d’oublier pour Pierre Delavenna. « J’ai été incorporé au 6e Dragon de Besançon le 1er mai 1958 et après 16 mois d’armée, je suis parti le 19 août 1959 en Algérie pour 12 mois au 9e Régiment de Hussards, dans le sud oranais à Crampel Bedeau, avant de terminer à Ténira. Quand je suis rentré chez mes parents, le 11 septembre 1960, je ne pouvais pas parler de ce que j’avais vu de pas très catholique des deux côtés. J’étais perturbé, mon caractère était devenu difficile et j’ai mis 7 à 8 mois pour m’en remettre ». Il ajoute : « Je n’ai pas souhaité avoir de permission : le rugby me manquait trop et si j’étais rentré, je n’aurais jamais pu repartir en Algérie ». Et tous deux de convenir : « nous avons des souvenirs tous personnels qu’il est difficile d’évoquer. Et comme à Saint-Claude, on ne parlait guère de l’Algérie… ».

Comment avez-vous vécu la signature du cessez-le-feu ?

« J’étais content car cela mettait fin à 7 ans de combat » lâche spontanément René Grandclément. Il ajoute : « Et c’était un soulagement pour tout le monde, parents et autres, car cette guerre n’avait servi à rien. Nous avions juste fait notre régiment, même si cela ne l’a pas été dans de bonnes conditions. Je suis rentré, c’est l’essentiel, et sans être malade, même si j’aurais préféré rester en France faire mon armée. J’ai au moins découvert un beau pays, l’Algérie ».

« J’étais rentré à Saint-Claude depuis deux ans et j’étais bien content que cela soit fini pour moi, même si pour les autres, cela continuait malheureusement » explique Pierre Delavenna. « Quand j’ai appris ce cessez-le-feu, j’étais d’autant plus ravi, que la France n’a rien tiré de ce conflit. Mais la conséquence directe est que les Pieds-Noirs ont dû quitter le territoire, se déraciner ».

Pourquoi la FNACA tient-elle tant à cette date ?

« La date du 5 décembre, retenue par le président Jacques Chirac en 2003 (N.D.L.R. : en référence à l’inauguration d’un mémorial national pour les combattants d’Afrique du Nord, quai Branly, en 2002) n’a aucune valeur historique. Le 19 mars est la date qui met fin officiellement à 10 ans de guerre en Afrique du Nord. Le manifeste, c’est le 19 mars, un point c’est tout » commente le président local de la FNACA. « Il y avait toujours des petits feux après cette date en Algérie, mais il y a eu les Accords d’Evian signés le 18 mars 1962 et des pourparlers qui se sont déroulés d’ailleurs aux Rousses, qui officialisent la fin de ce conflit » complète Pierre Delavanna.

Et à Saint-Claude existe bel et bien une « Avenue du 19 mars 1962 », en sortie de ville.

Avec leur livret de route Pierre Delavenna et René Grandclément ont été appelés à 20 ans en Algérie.

Propos recueillis par Christelle Klüga

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Saint-Claude située dans le département du Jura et la région Franche-Comté

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Saint-Claude est située dans le sud du département du Jura, dans le cœur du massif du Jura. La ville est distante de 60 km de Genève (sud-est), de 57 km de Lons-le-Saunier (nord-ouest), de 30 km d'Oyonnax (sud-ouest) et de 28 km de Morez (nord-est)1.

Saint-Claude est bâtie au fond d'une vallée encaissée profonde de plus 450 m, à la confluence entre la Bienne et le Tacon. Située à une altitude moyenne de 435 m, la ville est dominée de plus de 500 m par les sommets du Haut-Jura, tels que le mont Bayard, le Pain de Sucre, le Crêt Pourri ou le mont Chabot.

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