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http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2012/09/22/Souvenirs-de-leur-guerre-il-y-a-50-ans-en-Algerie

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Jean-Paul Malnuit (à droite, premier plan), avec des enfants du village. - (DR) 

              " J'ai vite compris qu'on n'était pas chez nous "

Finalement, ce sera Aïn Beida, sur les hauts plateaux entre Constantine et les Aurès. Il y arrive à Noël 1960, au secrétariat du 2e bureau (service de renseignements) : « J'exploitais les renseignements sur les documents pris dans les caches. Je faisais aussi quelques sorties avec un commando de Harkis pour des fouilles dans les mechtas (villages). »
Il pose un regard critique sur cette période : « Une guerre n'est pas une partie de plaisir. Je n'ai pas fait d'interrogatoires mais j'ai vu quelques résultats. Je me souviens des cris des femmes dans les ratissages de mechtas. On fait son devoir mais, moralement, on se sent un peu fautif. Mon objectif était de ne pas en rajouter. Là-bas, j'ai vite compris qu'on n'était pas chez nous. » Pour autant, Jean-Paul Malnuit garde aussi de bons souvenirs – « Les odeurs, les méchouis, le soleil » – mais aussi « la découverte d'un pays où les gens étaient très pauvres. Il y avait beaucoup de misère. Je n'ai pas été malheureux. Il ne faut pas confondre avec des appelés en poste sur les pitons dans la montagne. C'est une expérience de vie même si je ne me sentais pas à ma place sur le plan humain. »

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                                          Philippe Bergere, dépanneur et mitrailleur

Il fut comme tant d'autres appelés pour un service militaire qui dura deux ans ou plus. Philippe Bergere, de Nazelles, jeune tôlier-chaudronnier, fut appelé sous les drapeaux en septembre 1957.
Après un passage par Orléans, il prit la direction de Marseille, puis l'Algérie. Il fut affecté au service dépannage dans un campement installé dans la ferme d'un colon, à côté d'Afreville, entre Alger et Orléansville : « On a récupéré les véhicules tombés dans les embuscades. J'étais mitrailleur sur le half-track de dépannage. Il m'est arrivé de tirer pour sécuriser un dépannage car les ennemis étaient restés dans le secteur.
« Après, on faisait les réparations sur les GMC, les Jeep. On dépannait aussi des véhicules civils car on était sur la route de Colomb-Béchard. Il y avait beaucoup de camions. »
Philippe Bergere garde une « impression générale bonne » de cette période où il eut quelques contacts avec les enfants des villages et avec une vie de solidarité dans le campement.
Jean-Paul Malnuit est, lui aussi, passé par Orléans en novembre 1959, où il est resté 14 mois au secrétariat d'escadron avant de filer vers le Sud, le bateau et l'Algérie. « A Alger, on débarque mais on ne sait pas où on va être affecté », se souvient-il.

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