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André Piczula (Flandre maritime), Jean-Marie Linne (FNACA du Nord), et Roger Devroe (Armentières).

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Ils ont la sagesse de leur âge, mais avouent ressentir toujours une forme de colère. Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, les anciens doivent encore défendre leurs droits. Ils le rappelleront samedi prochain, au congrès départemental de la Fnaca, qui aura lieu dans les salons de l’hôtel de ville d’Armentières.

Roger Devroe se souvient de son retour de la guerre d’Algérie. « On n’a pas eu les honneurs, le tapis rouge. Je suis allé rendre visite à la mère d’un copain de régiment qui était mort là-bas. Dans mon quartier, au Bizet, sa mère m’a dit, mon fils ne reviendra pas… Voilà. » Silence. Il respire et poursuit, « vous voyez, cinquante ans après, ça me fait toujours le même effet quand je me rappelle de lui. »

Les anciens combattants d’Algérie ne veulent pourtant pas être plaints. « On se dit même que les jeunes doivent se demander pourquoi on réclame toujours des choses, aussi longtemps après la fin du conflit. Tout ce qu’on a obtenu, c’est en le demandant avec obstination pendant des années, quels que soient les gouvernements successifs, rien ne nous a été donné d’emblée. », poursuit Jean-Marie Linne, président de la Fnaca départementale (qui rassemble 83 comités locaux et 6 631 adhérents) et vice-président de la Fnaca nationale.

Ces avancées, ils ne les ont pas obtenus seuls, mais au sein de leur association, la Fnaca, qui organise le week-end prochain son 36e congrès départemental. Une motion sera présentée dans laquelle se dont ils se félicitent tient en une ligne : l’adoption de la loi du 6 décembre 20123 sur la reconnaissance de la journée du souvenir et du recueillement du 19 mars.

Ce qu’ils constatent se résume en deux éléments : l’inscription au budget 2014 de l’octroi de la carte du combattant pour 120 jours de présence en Algérie, et l’augmentation de l’aide différentielle qui passerait de 900 à 932 euros. Des avancées sur lesquelles ils sont toutefois toujours mobilisés. « Cette reconnaissance pour 120 jours arrive tardivement… Combien d’entre nous sont déjà décédés ? Quant à la somme de 932 euros, elle ne rejoint même pas le seuil de pauvreté fixé par l’Insee à 977 euros, quelque part c’est choquant. »

Ils ajoutent que dans leurs permanences ou en commission de secours, ils ont « de plus en plus de dossiers difficiles à gérer, d’anciens combattants ou de veuves qui n’arrivent plus à boucler leur budget, qui sont obligés de faire des crédits ! On est à des âges où parfois les enfants doivent être aidées, ça devient compliqué, surtout depuis la suppression de la demi-part fiscale… »

Sur la même motion, huit points suivent pour demander entre autres le maintien des Onac départementaux, qui sont des liens de proximité privilégiés avec les anciens combattants, la mention Mort pour la France pour tous les 30 000 militaires morts en Algérie, au Maroc ou en Tunisie, quelles que soient les circonstances.

Samedi, ils seront 300, réunis à l’hôtel de ville, pour évoquer ces sujets. Se retrouver aussi, même s’ils avouent pudiquement que « de ce qu’on a vu ou vécu en Algérie, on ne parle presque pas. Les plaies ne sont pas encore refermées. Mais l’important, c’est qu’on ne baisse pas les bras. Et on passe aussi le message : parlez, dites, racontez, témoignez. Le devoir de mémoire, c’est important. »

36e congrès départemental de la FNACA samedi 26 octobre à partir de 8h30 à l’hôtel de ville d’Armentières.

 

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