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AVOIR VINGT ANS DANS LES AURÈS est une fiction construite à partir de huit cents heures d’enregistrements d’appelés français pendant la guerre d’Algérie. Une chronique filmée sur le quotidien de cette guerre, les différents points de vue d’un groupe de tout jeunes soldats dont les capacités d’indignation se confrontent à chaque instant avec la banalité du mal.

RENÉ VAUTIER, L’HOMME QUI A UN BOUT DE CAMÉRA DANS SA TÊTE

René Vautier raconte non sans humour qu’une bombe lancée par l’armée française explosa tout prêt de lui alors qu’il filmait aux cotés des indépendantistes algériens, pendant la guerre d’Algérie. Certaines images des villages détruits apparaissent d’ailleurs dans Avoir 20 ans dans les Aurès. Lors de l’explosion, une partie de sa caméra s’incrusta dans son crâne. Gravement blessé, il fut transporté clandestinement en Allemagne de l’Est pour y être soigné. Mais des morceaux de la caméra, trop proches des zones cervicales, n’ont pu être retirés. Depuis, René Vautier est le seul cinéaste à avoir « une caméra dans la tête ».

SES ENGAGEMENTS

La vie de René Vautier pourrait se résumer à autant d’années de résistance cinématographique. Rebelle et militant, il s’est toujours efforcé de mettre « l’image et le son à disposition de celles et ceux à qui les pouvoirs établis les refusent ». Et ce n’est pas sans risques qu’il a combattu avec sa caméra citoyenne pour témoigner des luttes de son époque et toujours tenter d’établir un dialogue en image. Afrique 50, premier film anticolonialiste français, inaugure le combat de Vautier.

Depuis, caméra au poing, il a définitivement choisi son camp : être de l’autre côté.

De la dénonciation du colonialisme aux grèves des mineurs, de la guerre d’Algérie aux années Giscard, de la marée noire aux tortures en Algérie, des luttes sociales aux luttes tout court, René Vautier n’a jamais cessé de dénoncer en images tout ce qui le révolte. Témoin crucial de son époque, il a constamment devancé l’histoire, comme le reconnaissait Malraux, quelques années après les Accords d’Evian : « René Vautier est un français qui a vu juste avant les autres ».

Aujourd’hui encore, ses films font souvent écho à l’actualité et deviennent des archives d’une extraordinaire diversité (documentaire, fiction, court ou long métrage) qui nous permettent d’éclairer l’histoire contemporaine et de mettre en perspective les crises d’aujourd’hui par l’étude des luttes du passé.

Cinéaste engagé, René Vautier a connu la censure sur pratiquement toute son oeuvre. Le critique Michel Boujut écrivait d’ailleurs à son propos : « C’est le réalisateur qui a eu le plus de problèmes avec la censure... et qui lui a posé le plus de problèmes. »

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LE FILM

Avril 1961. Dans le massif des Aurès, un commando de l’armée française, formé d’appelés bretons, affronte un groupe de l’Armée de libération nationale lors d’une embuscade. Les soldats parviennent à faire un prisonnier mais l’un d’entre eux est blessé au cours de l’accrochage. Instituteur dans le civil, il se rappelle les événements vécus avec ses camarades au cours des derniers mois. Leur opposition à la guerre en Algérie les a conduits dans un camp réservé aux insoumis. Il se remémore la façon dont leur chef a su les transformer, de jeunes Bretons antimilitaristes qu’ils étaient, en redoutables chasseurs de fellaghas, prêts à tuer et y prenant goût. Tous sauf Nono… Une plongée dans les contradictions de la guerre d’Algérie autant que dans celles de l’âme humaine.

LA BANDE ANNONCE

 

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