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http://www.francebleu.fr/infos/nazi/bordeaux-l-emouvante-rencontre-de-rescapes-des-massacres-nazis-1040364

Les similitudes entre le massacre d'Oradour-sur-Glane en Haute-Vienne et celui de Sainte-Anne en Italie sont nombreuses. Le village est brûlé et des centaines d'habitants sont massacrées. Rencontre chargée d'émotion hier à Bordeaux entre rescapés des deux drames.

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Robert Hébras et Mario Marcili se rencontraient pour la première fois avec un message commun de fraternité.  © RF/XR

 

 

Il y a 60 ans, à Bordeaux, se déroulait le procès d'Oradour. Oradour-sur-Glane, c'est ce drame à la sortie de la guerre en 1944. Les troupes nazies quittent le pays. Le 10 juin, elles passent par le village haut-viennois d'Oradour-sur-Glane. Les soldats demandent à la population de se réunir sur la place du champ de foire : 642 enfants, femmes et hommes sont exécutés.

Ce drame est loin d'être le seul à la fin de la guerre. En Italie, les nazis vont également massacrés des civils, notamment à Sant'Anna où il y aura 560 victimes.

Une rencontre historique

Les associations "Notre Italie" et "Dante Alighieri" organisaient la rencontre de deux survivants à ces massacres. Pour la première fois, le français Robert Hébras – dernier survivant d'Oradour – rencontrait l'Italien Mario Marsili – rescapé du massacre de Saine-Anne.

"Les criminels de guerre doivent savoir que des gens les

poursuivront toute leur vie."  

— Marco de Paolis, procureur du tribunal militaire de Rome

Avec eux, Marco de Paolis, procureur du tribunal militaire de Rome. En Italie, cet homme porte le combat contre les criminels nazis ; il a mené 450 procédures, 18 procès. Il a conduit au tribunal plus de 80 accusés de crimes de guerre dont 57 ont été condamnés à perpétuité. Un combat qui l'a conduit naturellement à Bordeaux où s'était déroulé le procès Oradour, il y a 60 ans.

 

 

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En Italie, Marco de Paolis, procureur du tribunal militaire de Rome porte le combat contre les criminels nazis. © Radio France

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http://www.sudouest.fr/2013/11/22/mario-et-robert-freres-dans-la-douleur-1236606-1025.php

Mario et Robert, frères

dans la douleur

Rescapés des massacres de Sant’Anna di Stazzema et d’Oradour, Mario Marsili et Robert Hébras se sont retrouvés hier à Bordeaux. Des larmes et des sourires.

1236606_3305093_460x306.jpgMario Marsili et Robert Hébras ont vécu le même enfer. Ils se sont rencontrés hier. (pHoto Fabien cottereau)


jean-paul vigneaud

jp.vigneaud@sudouest. fr

Procès à Bordeaux

 

Ce n’est pas un hasard si cette rencontre a eu lieu à Bordeaux. C’est devant le tribunal militaire de la ville que s’est déroulé, il y a soixante ans, le procès du massacre d’Oradour (février 1953). Cette rencontre était proposée par les associations Notre Italie, Dante Alighieri, le centre Jean-Moulin et le consulat d’Italie de Bordeaux.

Il est fort probable maintenant que cette rencontre aura des suites… à Oradour-sur-Glane. C’est le souhait de Robert Hébras, en tout cas, et cela pourrait être à l’occasion du 70e anniversaire du massacre limousin, le 10 juin prochain.

Mario Marsili, d’un côté, Robert Hébras, de l’autre. Mario se fige, veut parler, mais aucun mot ne sort de sa bouche. En face de lui, Robert sourit mais on voit qu’il se force. Les deux hommes s’approchent l’un de l’autre. Ils ne veulent pas pleurer mais ont du mal à se retenir. Leurs yeux sont remplis de larmes. Surtout lorsque Mario tend une photo. « C’est ma mère », dit-il dans un franco-italien tremblotant. « C’est elle qui m’a sauvé. » Cette fois, c’est Robert Hébras qui ne peut plus parler. Il regarde la photo en silence. Sa mère est morte, aussi, au milieu des flammes.

On savait que la rencontre entre Robert Hébras, l’un des derniers rescapés d’Oradour-sur-Glane (642 victimes le 10 juin 1944) et Mario Marsili, l’un des survivants de Sant’Anna di Stazzema (560 morts le 12 août 1944), l’Oradour italien, serait émouvante. Elle l’a été, et tous ceux qui l’ont vécue, hier à Bordeaux, s’en souviendront longtemps. Les intéressés eux-mêmes avouent avoir vécu une émotion intense. Ils ne s’étaient jamais vus. Ils se sont embrassés comme deux frères qui se retrouvent après des années de séparation.

« Je voulais dire quelque chose mais je ne trouvais pas mes mots », reconnaît Mario Marsili. « C’était très émouvant », dit pour sa part Robert Hébras. « On a vécu la même histoire, avec la même brutalité, la même horreur. Pour moi, c’est une découverte car je ne savais pas ce qui s’était passé à Sant’Anna. En France, on n’en a jamais trop parlé. J’ai appris l’importance du massacre italien lors de la venue du président allemand à Oradour en septembre. Dans son allocution, il a parlé du drame italien. »

« Il n’est pas trop tard ! »

Une rencontre vraiment exceptionnelle, comme ne manquait pas de le souligner Hugues Martin, adjoint au maire de Bordeaux, en accueillant les intéressés au Musée d’Aquitaine l’après-midi. Une rencontre d’autant plus exceptionnelle que se trouvait présent Marco De Paolis, le procureur du tribunal militaire de Rome. L’un des magistrats les plus engagés à ce jour dans la traque des criminels nazis. 450 dossiers traités en onze ans, 87 criminels nazis conduits devant les juges dont 57 condamnés à la prison à vie (lire « Sud Ouest Dimanche » du 17 novembre).

Le magistrat ne se pose pas la question de savoir s’il est trop tard vu l’âge des suspects. « Il faut le faire ! » répète-t-il, « c’est la loi, un devoir. Ne pas poursuivre les criminels, c’est tuer les victimes une deuxième fois. »

Aussi nous a-t-il dit suivre attentivement le travail mené par Andreas Brendel, le procureur de Dortmund (Allemagne), qui a retrouvé sept SS qui ont participé au massacre d’Oradour. Bien qu’âgés, trois des sept suspects, encore capables de répondre de leurs actes, peuvent être poursuivis. L’amphithéâtre du musée d'Aquitaine était plein hier après-midi pour l’écouter raconter l’enquête qu’il a menée pour conduire en justice une dizaine d’anciens SS présents à Sant’Anna di Stazzema.

Aucun officier parmi eux, seulement des exécutants, mais là aussi selon le magistrat, il ne faut plus se poser de questions. Les exécutants sont responsables des actes commis. L’obéissance n’est pas une excuse. « Les ordres militaires que l’on donne en temps de paix comme en temps de guerre sont obligatoires pour le militaire, précise-t-il, mais il y a des ordres légitimes et des ordres illégitimes. Les ordres ne doivent jamais conduire à un délit. » Si on les accepte, on est donc autant coupables que ceux qui les ont donnés. La justice le reconnaît aujourd’hui. D’où les condamnations à la prison à vie prononcées ces dernières années.

Une folie meurtrière

Pour Sant’Anna comme à Oradour, il faut aussi arrêter de penser, selon le juge, que c’étaient des représailles. « C’étaient des actions préméditées que rien n’explique si ce n’est une folie meurtrière. » Une folie qui a encore bouleversé l’assistance hier. Surtout lorsque Claudia Buratti, avocate, défendant les familles de Sant’Anna di Stazeema, a rappelé que 110 enfants avaient été tués à Sant’Anna.

« Même un enfant qui allait naître », révélait-elle. « L’une des habitantes était enceinte. Ils l’ont amenée au milieu du village. Devant tout le monde, ils l’ont éventrée, sorti et tué l’enfant qu’elle portait. »

Tag(s) : #Associations

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