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« Il y a eu des morts après le 19 mars 1962, c’est la vérité… mais qui sont les premiers responsables : car dès le 20 mars 1962 les chefs de l’OAS proclamaient que les forces françaises devaient dorénavant être considérées comme des troupes étrangères… On connaît la suite : le 22 mars au soir, des commandos de l’OAS attaquent une patrouille de la gendarmerie mobile qui sortait du tunnel des Facultés – bilan : 18 gendarmes tués. Le lendemain ils ouvrent le feu sur un véhicule de transport de troupes tuant 7 soldats appelés du contingent : Roger Oudin, Robert Nogrette, Jean Grasset, Philippe François, Daniel Doutre, Messaoud Secuh et Saïd Belmiloud, tous 2ème classe...  c’était, en effet,  le début de la politique de la terre brûlée avec les effroyables assassinats de cette organisation criminelle et terroriste voulant à tout prix et par tous les moyens faire échouer le cessez-le-feu du 19 mars 1962… Ne vous étonnez pas, alors, M. Chaudron, si ces innombrables crimes ont provoqué des vengeances… du FLN… (La suite à la fin de l’article).

Michel Dandelot  

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logo.pnghttp://www.lejsl.com/edition-de-chalon/2012/11/17/le-19-mars-62-fait-polemique  

Saint-Rémy (Bourgogne)

Officialisation de la date de la fin

 de la guerre d’Algérie

 Le 19 mars 62 fait polémique

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Les responsables de la FNACA : MM. Génieux, Bourguet et Vallot.

 Photo D. C. (CLP)

Victoire pour certains, scandale pour d’autres, la récente décision du gouvernement d’officialiser la date du 19 mars pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie provoque de nombreuses réactions. Rencontre avec des San-Rémois anciens d’Algérie.

La FNACA attendait ça depuis si longtemps ! La revendication du 19 mars était devenue un serpent de mer dans toutes les réunions des anciens d’Algérie. Pour Bernard Génieux, un des responsables de la section de Saint-Rémy-Lux-Sevrey, « cette décision est un soulagement. Nous serons présents massivement au 19 mars 2013. Quand Chirac avait décidé de la date artificielle du 5 décembre, nous n’avions même pas été invités aux discussions. On me dit qu’une quarantaine d’associations d’anciens combattants sont contre le 19 mars, et qu’elles représentent un million de membres. Ces effectifs me laissent dubitatif tout de même ! »

Pourquoi la polémique dure depuis si longtemps ?

« Ce qui à l’époque a bloqué les gens, ce sont les massacres de la rue d’Isly le 26 mars 62, une semaine après les accords d’Evian. (NDLR : l’armée française mitraille la foule européenne, 50 à 80 morts selon les différents bilans.) », estime Marcel Vallot, en Algérie en 57-58. » Évidemment, comme dans toutes les guerres, il y a eu des victimes après le cessez-le-feu. Évidemment, ça a été un désastre pour les harkis et pour une partie des pieds noirs. Mais la polémique est ridicule. » Membre de la FNACA, comme son ami Marcel, Roland Bourguet, qui était infirmier en poste d’artillerie, se revendique gaulliste et de droite. « À l’époque on était jeunes, l’Algérie pour moi c’était loin, ce n’était pas la France. Il fallait que cette guerre se termine. Pour nous le 19 mars, ça a été la fin d’un cauchemar. »

« Le 19 mars n’est pas un armistice, qui par définition est un acte signé par plusieurs États belligérants. Or, il n’existe pas d’État algérien avant le 1er juillet 62 », affirme Roger Chaudron, ancien combattant.

Pas le même son de cloche chez Roger Chaudron, qui commandait une harka (groupe de musulmans pro-français) pendant la guerre d’Algérie. Pour cet élu, gaulliste lui aussi, cette décision du gouvernement est incompréhensible : « En 2002 Jospin avait déjà proposé le 19 mars à l’Assemblée. Sa loi avait été repoussée. C’est la démocratie, c’est curieux qu’on remette ça sur le tapis 10 ans après. Moi je n’irai jamais commémorer le 19 mars. Après cette date, l’Armée de Libération algérienne s’est livrée à des massacres sans nom. À Oran, le 5 juillet, des centaines d’Européens ont été enlevés et torturés. Pendant 2 ans, 100000 harkis ont été exterminés ! » Le colonel Chaudron a d’autres arguments : « Pour la guerre d’Indochine, on commémore la fin du conflit le 8 juin, et non le 20 juillet, date des accords de Genève. Et quand on sait qu’en Algérie, ils fêtent le 19 mars comme une victoire… Est-ce que les Allemands célèbrent le 11 novembre, eux ? »

On le voit avec ces réactions, le débat n’est pas clos. Le temps fera sans doute son travail et pansera les plaies mémorielles. N’oublions pas que le 14 juillet 1790 (fête de la Fédération) ne fut célébré en France qu’à partir de… 1880, et pas par tout le monde! 

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D’abord la FNACA par l’article 2 de ses statuts écrit : «  est indépendante à l’égard des pouvoirs publics et de tout parti politique » cela veut dire que ses adhérents sont de toutes tendances politiques, de droite comme de gauche. 

M. Chaudron ne sait peut-être pas que des personnalités de droite adhèrent à la FNACA, en voici deux exemples : Georges Colombier, député UMP de l’Isère, Bernard Saugey, sénateur UMP de l’Isère, il y en a d’autres... M. Chaudron ne sait peut-être pas que le sénateur Jean-Paul Emorine (UMP), maire de Sennecey-le-Grand a voté pour le projet de Loi officialisant le 19 mars.

Par contre la FNACA n’a pas d’adhérents de l’extrême-droite, le parti de la honte, du racisme, de la xénophobie, de l'islamophobie, le parti qui prétend que les fours à gaz des nazis n’étaient « qu’un détail de l’Histoire de la Seconde guerre mondiale » le parti anti républicain...  

Concernant la commémoration du 19 mars 1962, la FNACA n’est pas seule à se réunir chaque année depuis 1963, pour se souvenir des 28000 jeunes de 20 ans morts en Algérie, ainsi que de tous les civils assassinés par l’OAS en Algérie et en France, cette organisation terroriste et criminelle responsable de 2700 assassinats. 

Si l’OAS n’avait pas sévit après le 19 mars 1962, en appliquant la politique de la terre brûlée et les assassinats, il n’y aurait jamais eu les tragédies des 26 mars et 5 juillet 1962, en effet après le 19 mars 1962  les attentats de l'OAS ne cessent pas : assassinats individuels de musulmans, chasses à l'homme, explosions au plastic, tirs de mortiers. 

A Oran, l'OAS s'attaque à une clinique ; les plasticages, les mitraillages prennent une cadence infernale. 

Fin avril, une voiture piégée explose dans un marché, très fréquenté par les Algériens, en ce moment de Ramadan - il n'y a pas de bilan officiel, les Algériens parlent de plusieurs dizaines de victimes. 

Le 2 mai, une voiture piégée explose dans le port d'Alger : 62 morts et 110 blessés, tous musulmans. 

En mai, à Oran, quotidiennement, 10 à 50 Algériens sont abattus par l'OAS. 

Le 7 juin 1962 est un des points culminants de la politique de « la terre brûlée ». Les « commandos Delta » de l'OAS incendient la bibliothèque d'Alger, et livrent aux flammes ses 60000 volumes. 

A Oran, la mairie, la bibliothèque municipale et quatre écoles sont détruites à l'explosif. 

Aujourd’hui encore les héritiers de cette organisation sévissent, principalement dans le Sud de la France, en fleurissant les tombes des condamnés à mort et fusillés par décision de la Justice de la République Française, aujourd’hui encore, 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, ces nostalgiques de l’Algérie Française, tous adeptes de l’extrême droite, tentent de faire réhabiliter la défunte OAS. 

Il y a en France plus de 30 villes où des stèles aux « combattants tombés pour que vive l’Algérie française » ont été inaugurées. 

Il y a en France, aujourd’hui, des personnalités françaises de « hauts rangs » qui ne cessent de glorifier la colonisation, il nous convient donc de dire non aux valeurs coloniales qui continuent d’être véhiculées par des nostalgiques de «l’Algérie française » et les tenants du choc des civilisations. 

La date 5 décembre, retenue par un de nos présidents de la République ne correspond à aucun fait de cette guerre d’Algérie. Elle se réfère à la date, d’ailleurs déplacée à la dernière minute, où il pût enfin inaugurer un mémorial spécifique, en 2002, situé au Quai Branly à Paris. Lieu que nous attendions d’ailleurs depuis 40 ans.

Un de ses prédécesseurs avait lui, inaugurer un autre espace mémoire à Notre Dame de Laurette aussi à une autre date, avec aussi la même volonté d’éviter une trop grande homogénéité de ce groupe d’hommes nés entre 1932 et 1943 et soudés par leur envoi et leur participation là-bas.

On remarque que plusieurs inventeurs tentèrent, depuis 48 ans, d’initier 12 dates diverses et variées, sans aucune relation avec la réalité et toujours sans aucun succès.

On peut rappeler que 90.7% des français ont approuvé le cessez-le-feu du 19 mars 1962, lors d’un référendum organisé par le président de la République en place à cette époque, le Général de Gaulle, le 8 avril 1962.

Le 19 mars 1962 est la date de la décolonisation française, c’est la victoire de la Paix. C’est la date où la France a commencé à mettre en cohérence les valeurs anticoloniales et de respect des droits de l’Homme qui sont le fondement de notre République. 

 Non la FNACA n’est pas seule le 19 mars puisque plus de 48 unions d’anciens combattants, de 21000 conseils municipaux (y compris le Conseil municipal de Saint-Rémy), de 9 conseils régionaux et de 48 conseils généraux de toutes les sensibilités politiques ont émis un vœu en faveur de l’officialisation de la date du 19 mars comme journée du souvenir et de recueillement. 

Les successifs sondages réalisés confirment les précédents et indiquent que 84% des français considèrent que la date anniversaire du cessez-le-feu reste le 19 mars 1962. 

Les anciens combattants en Algérie, qui sont les premiers concernés, sont eux aussi majoritairement favorables au choix de la date du 19 mars 1962, ce qui relativise la représentativité des autres associations qui prétendent toujours aussi abusivement parler au nom de tous. 

A Saint-Rémy (Bourgogne) comme partout ailleurs en France nous commémorerons ensemble et très nombreux, le 19 mars 2013, devenue date officielle, la mémoire de toutes les victimes de la guerre d’Algérie et la mémoire de ces hommes et femmes qui ont résisté au nom des luttes anti coloniales et des droits de l’Homme. 

Faisons qu’aujourd’hui, les nouvelles générations prennent à leur compte ces luttes pour l’égalité afin que les drames du passé ne puissent se répéter.

  

 

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