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Saddek Benkada, ancien maire de la ville d'Oran , né le 25 septembre 1948, dans cette ville est un sociologue et historien :

« C'est l'OAS qui a poussé les pieds-noirs

à partir »

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« Tout commence en 1936 », affirme-t-il. Le Front populaire au pouvoir n'a pas tenu sa promesse d'accorder la citoyenneté aux Algériens, alors « indigènes » aux yeux de la loi française. « En 1939, le gouvernement dissout le Parti du peuple algérien, lequel entre dans la clandestinité. C'est le premier rendez-vous manqué », dit l'historien en faisant remarquer que le drapeau algérien dessiné par la femme de Messali Hadj, premier leader de la cause algérienne, flotte au milieu du peuple de gauche Place de la Bastille en 1936.
Ce même drapeau qui sera la cause du massacre de Setif, le 8 mai 1945 quand le peuple algérien veut fêter, à sa manière, la victoire française sur l'Allemagne. Victoire à laquelle les combattants algériens ont pris part. Ben Bella, premier président en 1962, fut même décoré pour sa participation au débarquement de Provence.
Quand, en 1947, est promu un statut de l'Algérie « desserrant un peu l'étreinte coloniale, il est trop tard  ». L'heure est partout à la décolonisation. La France lâche l'Indochine et les protectorats du Maroc et de la Tunisie. Après Pierre Mendès-France, Guy Mollet engage la France dans une guerre totale et, soutenu par la gauche, fait appel au contingent.
Saddek Benkada a particulièrement étudié la période 1961-1962 et ce qu'il nomme la bataille d'Oran. « Il ne s'agit pas d'affrontements entre le FLN et les forces française, mais de la lutte entre la France de De Gaulle, qui a parlé dès 1960 d'autodétermination, et l'OAS. » L'historien insiste pour dire que les attentats n'ont pas concerné que la métropole, évoquant les milliers de morts en Algérie, dont une quarantaine d'officiers français et plusieurs avocats qui soutenaient la cause indépendantiste, pour ne parler que des Français.
Pour M. Benkada, sans l'action de l'OAS, nombre de Français seraient restés après 1962 comme le prévoyaient les Accords d'Evian signés en mars. « À Oran, explique celui qui était alors lycéen, les Français étaient très présents après Evian, à travers des bases militaires ou l'enseignement. Le FLN ne voulait pas leur départ. C'est bien l'OAS qui a poussé les pieds-noirs à partir craignant un mouvement de panique en leur sein. »
Aujourd'hui, le regard porté sur la période diffère sensiblement des deux côtés de la Méditerranée. « Ici, les jeunes s'en foutent. Ils ne connaissaient pas la figure de Ben Bella quand on leur a annoncé son décès en avril. » En Algérie, on célèbre davantage 1954, le début du soulèvement, que 1962. « L'histoire officielle est d'abord une auto glorification du peuple, reconnaît Saddek Benkada. Mais nous, les historiens, travaillons librement sur cette période, avec nos collègues français et étrangers. Des récits de l'époque sont publiés et des débats houleux sur ce qui s'est passé émergent. Tant mieux  », se réjouit l'historien.
Un seul sujet reste tabou : les harkis. « En Algérie, il n'y a plus de sources, si ce n'est militaires. Tout est en France, explique l'historien. Les harkis n'ont jamais été interdits de séjour en Algérie, mais ne doivent pas retourner dans leur région d'origine. » Les noms et les visages de certains de ces «supplétifs» de l'armée française qui ont du sang algérien sur les mains demeurent dans les mémoires.

 Que ceux qui ont choisi la valise pour éviter le cercueil offert par l'OAS en prennent note !

Par Philippe Clanché

 

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