Invités : Jean Girard et Paul Berguin, président et vice-président de la FNACA de Magny-les-Hameaux. Vous regardez pendant 9 mn 45'' après ce sont d'autres informations.

A signaler que dans cette vidéo le sénateur UMP de Côte-d'Or Alain Houpert est cité, il a écrit :

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« Pourquoi j’ai voté pour le 19 mars »

Alain Houpert, sénateur UMP de Côte-d’Or, nous a adressé la tribune libre suivante : « J’ai voté pour que le 19 mars soit reconnu Journée du souvenir et du recueillement en mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, parce que ma vocation de médecin me pousse à toujours m’intéresser aux plus faibles, à respecter la dignité humaine. J’ai subi beaucoup de pressions, non de la part des partisans de ce texte mais de ses opposants. Ces hommes qui ont combattu en Afrique du Nord sont de la génération de mon père, ils ont été mobilisés pour aller faire une guerre qui a commencé à la Toussaint Rouge et qui s’est terminée par un cessez-le-feu le 19 mars 1962. Ils ont été envoyés de l’autre côté de la Méditerranée, la peur au ventre, pour un avenir lointain, incertain. Vingt-sept mille cinq cents ne sont pas revenus. Ils ont tout donné, leur jeunesse, leur vie, pour une guerre qui n’avait pas de nom.

Je pense bien entendu aux morts, aux blessés et surtout aux veuves et aux orphelins, à l’absence… la chaise vide autour de la table familiale, à la douleur… cette plaie béante qui a du mal à cicatriser. Pour faire le deuil, il faut une reconnaissance, un lieu, une date, une tombe.

C’est pour cela que je suis contre la fosse commune de l’histoire, le trou noir de l’oubli, qui est l’endroit où reposent ceux qui n’ont pas de tombe, qui n’ont plus d’individualité. Car les morts ne se ressemblent pas, chaque mort pour la France est unique. Il ne faut pas mélanger tous les conflits, c’est se moquer des morts que de les fondre et de les mélanger dans une fosse commune. Il n’y a pas de fosse commune de l’histoire mais une tombe pour chaque mort car la mort reste individuelle. Il y a les morts de l’An II, de 1870, de 14-18, de 39-45, d’Indochine, d’Afrique du nord et maintenant ceux d’Afghanistan. L’individu disparaît avec la mort, il perdure avec le souvenir. Ecoutons le sénateur Victor Hugo : “Le souvenir, c’est la présence invisible.”En ces temps d’“amnésie générale”, le devoir de mémoire tend à devenir une forme de l’oubli. Depuis cette année, le 11 novembre est devenu la date commune de toutes les commémorations de tous les conflits, mais laissons à chaque commune, à chaque individu la possibilité d’individualiser sa peine, en fonction de ses origines, du passé de sa famille et de son histoire, tant que la souffrance persiste. Simplifier, c’est réducteur, c’est abaisser l’humain. Nous sommes des “nains assis sur des épaules de géants”, nos devanciers, par leur destin tragique, ont construit notre histoire. La République est une et indivisible mais l’histoire est plurielle ; c’est cette diversité qui fait notre richesse. Ces propos sont les miens, ils n’engagent que moi, je ne vous demande pas de les avoir en partage car je respecte plus que tout le vivre ensemble qui est le droit de ne pas être d’accord. Laissons à chacun sa manière de consulter le livre des morts. »

   

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