Ensuite nous vous présenterons le témoignage de notre ami Roland Gelet président de la FNACA 71 qui réside rue du 19-Mars-1962 à Cluny

 

Le cessez-le-feu en Algérie négocié à Evian a 50 ans. L’occasion de revenir sur les blessures ouvertes, pas tout à fait refermées. L’Algérie, une blessure qui dure

president-de-la-fnaca-71-roland-gelet-reside-a-cluny-rue-du.jpgPrésident de la FNACA 71, Roland Gelet réside à Cluny… rue du 19 mars 1962. Il l’avait demandée à un maire de la ville en souvenir du conflit qui marqua sa génération. Photo G. Dufour

 

Roland Gelet, de Cluny, fut soldat, appelé en Algérie en 1956. Il avait 20 ans mais aucune expérience. Il se souvient du « choc moral ».

Il était fils de paysans de Cluny. Son service militaire, Roland Gelet l’avait commencé en 1954 à 20 ans dans le nord de l’Allemagne. Comme bien d’autres «maintenus» de sa génération, ses 18 mois réglementaires de service s’éternisèrent avec l’Algérie. Trente mois. Le 18 mars 1956, Roland débarque à Alger. Dépaysement total : l’architecture, la nature, le climat, la langue, la religion, la nourriture, la faune (fennecs, chacals), rien ne ressemble à sa Saône-et-Loire. S’il a fait ses classes, il n’est pas destiné au combat puisqu’intégré à un régiment de transmissions. Son job dans l’entreprise de «pacification» de l’Algérie consistera à restaurer les lignes téléphoniques sabotées par les indépendantistes.

Sa guerre commence vraiment en Grande Kabylie par l’encerclement et le mitraillage d’une maison pleine de fellaghas, un copain qui se bat au corps à corps et tue son adversaire. Elle se poursuit dans le sud Algérois avec les hurlements d’un déserteur torturé qu’il entend, posté à l’extérieur. Puis la vue d’un légionnaire avec un collier d’oreilles de «fells», celle d’une «corvée de bois» : l’exécution d’un prisonnier qu’on fait semblant de laisser s’échapper pour mieux justifier sa mort. Son souvenir le plus terrible, Roland le garde d’une embuscade dans le désert, un jour de re tour de mission. Un camarade touché au cou et qui meurt en quelques secondes dans un râle, un autre aux doigts arrachés par une balle, un autre les fesses criblées de chevrotine. Et puis les fosses à creuser dans le cimetière de Colomb-Bechar. Un énorme «choc moral» accentué au retour (fin décembre 1956) par «l’indifférence complète» des métropolitains envers les acteurs de cette guerre qui ne disait pas son nom.
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