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5 décembre 2012

 quai Branly, Paris :

une cérémonie nationale d’hommage

 aux "Morts pour la France"

détournée par le ministre

 délégué aux anciens combattants

et profanée par les tenants

de l’Algérie française

 

Depuis neuf ans, les gouvernements tiennent inlassablement le même discours : « La date officielle de la journée d'hommage aux morts pour la France de la guerre d’Algérie est fixée au 5 décembre par le décret n° 2003-925 du 26 septembre 2003 ».

Cette date ne correspond à aucun événement historique. Le 5 décembre est devenu, en fait, la journée de la nostalgérie, organisée pour les partisans de l’Algérie française, pour les harkis, pour les pieds-noirs.

Hier, une étape a été franchie et le terme "fracture mémorielle" s’impose pour qualifier la principale conséquence du spectacle donné par le ministre délégué aux anciens combattants Kader Arif et par ces activistes de l’UNC qu’il était venu courtiser dans un discours que même Gérard Longuet n’avait pas osé commettre un an plus tôt.

D’abord, il a "oublié" les représentants des forces de l’ordre tombés, victimes de leur engagement au service de la sécurité des populations en Algérie, cités à l’ordre de la Nation et reconnus Morts pour la France, alors même que, le 5 décembre 2011, gendarmes et policiers avaient reçu une marque de considération de la part de l’ancien militant d’extrême droite. Ensuite et surtout, faisant explicitement état, en cette circonstance solennelle, de son opposition à toute forme de repentance de la France à l'égard de ses agissements durant la période coloniale, il a, à sa manière, adressé aux autorités algériennes un signal diplomatiquement fâcheux deux semaines avant le déplacement du Président de la République en Algérie !

Un tel propos, accompagné par le Chant des Africains, était destiné à complaire à un public largement acquis à l’idéologie de la mission civilisatrice de la France dans ses colonies. Mais ces gages de la continuité de l’État partial donnés par Kader Arif n’ont pas suffi à contenter l’assistance.

Venant la saluer, le ministre s’est vu jeter au visage, par des militants d’associations antirépublicaines, des tracts hostiles à la reconnaissance, par une loi en cours de promulgation, du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

Un tel affront, publiquement infligé à un membre du Gouvernement, n’a pas connu de précédent sur ce site : visant à la fois une cérémonie nationale et un mémorial également national, cet acte de profanation, revendiqué et assumé par ses auteurs, s’inscrit dans la lignée de ces procédés dont l’OAS s’est rendue coupable avant comme après le cessez-le-feu, en Algérie comme sur le territoire métropolitain.

Parce qu’elles affaiblissent le sentiment républicain, l’ANPROMEVO condamne les violences dont le ministre en charge de la mémoire nationale a été l’objet le 5 décembre 2012.

Parce qu’à un moment crucial des relations entre la France et l’Algérie, elles déprécient l’image de notre monde combattant, l’ANPROMEVO s’insurge contre les injures faites au souvenir des Morts pour la France de la guerre d’Algérie sur l’espace sacré du quai Branly.

Parce qu’il y va de la crédibilité de la politique mémorielle mise en œuvre par les pouvoirs publics sous l’autorité du chef de l’État, l’ANPROMEVO prie instamment le ministre de la défense de donner aux victimes civiles et militaires du terrorisme de l’OAS la place qu’elles méritent au regard de la reconnaissance de leur sacrifice par la Nation.

Jean-François Gavoury

Pupille de la Nation

Orphelin de guerre

Président de l’Association nationale

pour la protection de la mémoire

des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

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