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Par Nicole Borvo Cohen-Seat / 2 juillet 2007

Lettre au Secrétaire d’Etat aux anciens combattants

"L’an dernier, aux côtés de diverses organisations (familles ou amis de victimes de l’OAS, anciens combattants, défenseurs des droits de l’homme), je m’étais émue auprès de votre prédécesseur de l’autorisation donnée à l’association ALLO (Anciens du Lycée Lamoricière d’Oran) de raviver la flamme à l’Arc de Triomphe le 5 juillet.

Devant les multiples réactions d’indignation, Monsieur le Préfet de police de Paris avait légitimement interdit le rassemblement annoncé par cette association, derrière laquelle, comme vous le savez, se cache en réalité l’ADIMAD.

L’association ALLO n’avait alors pas manqué de préciser vouloir faire de chaque 5 juillet un moment important de commémoration. C’est ce qu’elle fait aujourd’hui avec l’appui des autorités concernées, comme le confirme le calendrier officiel. Je suis, pour ma part, profondément choquée qu’une telle initiative puisse être ainsi légitimée.

C’est pourquoi je souhaite votre intervention afin que tout particulièrement les familles des victimes de l’OAS n’aient pas à subir un tel affront."

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Vous ne le savez peut-être pas  mais le préfet Pierre Mutz, a fait interdire, à deux reprises, les 5 juillet 2006 et 2007, sur ordre de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur en 2006, puis président de la République en 2007, le ravivage de la flamme par l’Association des Anciens du Lycée Lamoricière d’Oran (A.L.L.O.).

Cette cérémonie avait pourtant été autorisée par le Comité de la Flamme et son président de l’époque, le général Jean Combette. Interdiction prononcée au nom du risque de « troubles à l’ordre public ».

Deux plaintes avaient été déposées au nom d’A.L.L.O. En 2009, le préfet et l’État étaient condamnés par deux jugements du tribunal administratif, les arrêtés d’interdiction annulés et l’État condamné à verser deux fois 500 € à A.L.L.O. Ils furent de nouveau condamnés en appel en 2011, à hauteur cette fois de deux fois 1 000 €.

Mais en cette année 2013  aucune interdiction n’est envisagée, il est même annoncé la présence d’un membre du gouvernement au Mémorial Quai Branly ?

Le changement ce n’est pas pour maintenant… Hélas !

Il y a 50 ans, le 5 juillet 1962, à Oran, les Algériens célèbrent l'indépendance, mais les Pieds-Noirs subissent une tragédie. Qu'en est-il ?

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ORAN… 5 JUILLET 1962
LA VERITE

L'Association Nationale pour la Protection de la Mémoire des Victimes de l'OAS (ANPROMEVO) répond à plusieurs questions des ultras de l'Algérie française :


« Cette journée fut marquée par des atrocités perpétrées par des foules extrémistes, avides de sang, de revanche et voulant en découdre avec des populations sans défense ».

Pour l'ANPROMEVO, cette question « témoigne d'une méconnaissance des «événements d'Oran survenus le 5 juillet 1962. »

Nos compatriotes n'ont pas été victimes de foules plus avides de sang que celles qui chantent depuis 1795 "qu'un sang impur abreuve nos sillons !".

En réalité, ces malheureux Pieds-Noirs d'Oran ont payé de leur vie innocente les conséquences prévisibles des exactions multiples et graves commises par les extrémistes de l'OAS contre des populations algériennes, elles aussi innocentes et sans défense.
 

Le général Artus, commandant la Gendarmerie d'Oran, a fourni le 12 avril 1962 dans le cadre de sa déposition au procès du général putschiste Jouhaud, ces précisions sur les attentats de l'OAS : 1190 explosions de plastic et 109 attaques à main armée qui ont provoqué 137 morts et 385 blessés pendant les seuls quatre mois et demi de sa prise de fonction [Georges Fleury, L'OAS, éd. Grasset, Janvier 2003, p. 689].

Et s'il y avait des degrés dans l'ignoble, l'un des sommets fut atteint le 11 mai où 15 femmes de ménage furent abattues au révolver ou au poignard par les "combattants de l'Algérie française".
 

Après les accords d'Evian, le général Katz n'osait plus transmettre les chiffres des victimes de peur de provoquer la rupture du cessez-le-feu.

Et ce n'est pas lui, mais le préfet de police qui communiqua plus tard le bilan total ?

Du 19 mars au 1er juillet 1962, on dénombra à Oran comme victimes de l'OAS : 66 Européens civils tués et 36 blessés ; 410 Algériens tués et 487 blessés [Charles-Robert Ageron, in préface: Joseph Katz, L'honneur d'un général, Oran 1962, éd. L'Harmattan, 1993].

« Dans cette terrible tragédie plus de 3000 personnes ont été assassinées »

C'est le chiffre colporté par les associations qui instrumentalisent la douleur des rapatriés.

Dans un rapport qui devait être remis au Premier ministre, le général Maurice Faivre et Jean Monneret, proches des cercles colonialistes, ont établi à 365 le nombre d'Oranais disparus [Boris Thiolay, L'Express, le 13 septembre 2006.].

C'est trop, bien évidemment, mais on est loin du "génocide" abusivement clamé.

« Ce jour-là le général Katz, au nom de la raison d'Etat, a donné l'ordre de ne pas bouger aux 18000 soldats français? »

D'une part, tous les historiens attendent la découverte d'archives qui confirmeraient qu'un ordre pareil a bien été donné. D'autre part, du 19 mars au 1er juillet 1962, on dénombra à Oran comme victimes de l'OAS : 32 membres des forces de l'ordre tués et 143 blessés [Charles-Robert Ageron. Op. cité.].
A ce jour et à notre connaissance, aucune organisation de rapatriés n'a condamné ces crimes contre l'armée de la France.
Se souviennent-ils, ceux qui veulent commémorer les victimes du 5 juillet 1962, que vingt jours avant cette date qu'ils n'ont pas oubliée, l'OAS a assassiné, le 14 juin 1962, le général Philippe Ginestet, commandant le corps d'armée d'Oran, en même temps que le médecin-colonel Mabille, venus s'incliner à la morgue devant la dépouille mortelle du lieutenant-colonel Mariot, chef de corps du 5ème R.I. assassiné la veille par les "combattants" de l'Algérie française ?
Notre association, qui regroupe des veuves et des descendants de victimes civiles et militaires de l'OAS, n'oublie pas les crimes commis par cette organisation contre nos soldats à Oran et en particulier : le lieutenant-colonel Pierre Rançon, puis son successeur le commandant Maurin ; le chef de bataillon Bardy qui commandait les groupes mobiles de sécurité, enlevé et dont le cadavre fut retrouvé le 27 mars 1962 dans un terrain vague [Georges Fleury. op. cité, p. 710] ; le commandant de Gendarmerie André Boulle, le lieutenant Ferrer et le sous-lieutenant Moutardier.
Plus de 140 hommes et officiers ont payé de leur vie leur sens du devoir. Plus de 90 officiers dans ces 140 ont également été exécutés. Dans ces 90 : 6 Commissaires de Police [Déposition de René Jannin, préfet de Police puis directeur de la Sûreté nationale en Algérie, au procès du général putschiste Salan].
N'est-il d'ailleurs pas pour le moins étonnant de constater que ceux qui défendent aujourd'hui le souvenir de l'OAS, continuent de reprocher à l'armée française de n'avoir pas su protéger les "Français d'Algérie", alors que les commandos de l'OAS l'ont, sans relâche des mois et des mois durant, harcelée et attaquée, assassinant et blessant des militaires français ?
Il est d’ailleurs indécent que des gens qui revendiquent aujourd'hui encore la grandeur de ces forfaits commis contre les nôtres qui ont défendu la République au prix de leur vie, soient autorisés à ranimer la Flamme du souvenir de soldats inconnus, morts pour la Patrie.

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Tag(s) : #Associations

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