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http://www.lexpressiondz.com/actualite/163176-bigeard-indesirable-a-frejus.html

 SES CENDRES SONT AU COEUR

D'UNE POLÉMIQUE

Bigeard indésirable à Fréjus

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  On ne peut échapper au jugement de l'Histoire

Loin d'être «un héros des temps modernes», l'homme symbolise «les pratiques les plus détestables de l'armée française», assure une pétition.

Il n'est pas question de transférer les cendres de Bigeard aux Invalides où reposent les gloires de l'armée française. Des intellectuels et des personnalités politiques ont, en effet, dressé un barrage en s'opposent au transfert des cendres de ce général tortionnaire, décédé le 18 juin 2010, au Mémorial national des guerres en Indochine, où reposent plus de 20 000 militaires. Ce transfèrt a été annoncé par le ministère de la Défense et une cérémonie a été même programmée pour le 20 novembre, avec inauguration d'une stèle en présence de la fille du général, Marie-France et de la présidente de la fondation Bigeard, Anne-Marie Quenette. Il se trouve que le passé, peu glorieux, de cet homme ne fait pas l'unanimité au sein de la classe politique et des intellectuels français.
Depuis quelques jours, ses cendres sont au sein d'une polémique et une pétition circule sur les réseaux sociaux pour protester avec virulence contre cette commémoration qui met à l'honneur «un baroudeur sans principes, utilisant des méthodes souvent ignobles». Bigeard est rattrapé par l'Histoire et ses actes indignes de la République française, terre des droits de l'homme. Ce militaire, détaille la pétition, «a laissé aux peuples, aux patriotes qu'il a combattus, aux prisonniers qu'il a interrogés de douloureux souvenirs» en Indochine et en Algérie.
Loin d'être «un héros des temps modernes», l'homme symbolise «les pratiques les plus détestables de l'armée française», assure-t-elle. «Organiser une cérémonie pour Marcel Bigeard, c'est élever la torture au rang de haut fait d'armes méritant les honneurs de la nation», a appuyé la Ligue des droits de l'homme (LDH). «Bigeard a bien le droit d'être enterré quelque part. Ce qui me choque, ce sont les honneurs qu'on lui rend», précise François Nadiras, membre du bureau toulonnais de la LDH car «le ministère joue avec le feu. Il assimile Bigeard à l'armée française. ça n'est pas bien», conclut-il.
Pour sa part, Jacques Pradel, président de l'Association des pieds-noirs progressistes et leurs amis (Anpnpa), basée à Marseille et signataire de la pétition, a noté que «Bigeard est le prototype de celui qui a organisé la torture. C'était sans doute un militaire remarquable, mais ça me choque qu'on rende hommage à ce sinistre tortionnaire». Les cendres de ce sinistre militaire dont le nom est intimement lié à la torture durant la Bataille d'Alger et à la lâcheté à Diên Biên Phu, est aujourd'hui à la recherche d'un lopin de terre en France pour accueillir ses cendres.
Terrible est le verdict de l'Histoire.

  http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2012/11/04/il-a-lui-meme-participe-a-la-torture-en-algerie

Bigeard : « Il a lui-même participé à la torture en Algérie »

Henri Pouillot, 74 ans, reste hanté par ses souvenirs d’appelé du contingent. Il s’est retrouvé de 1961 à 1962 à la Villa Susini, un des centres de tortures d’Alger. Ce qu’il a vu l’amène à se dresser contre l’idée d’un hommage officiel au général Bigeard. Le militant est l’un des promoteurs d’une pétition contre la manifestation du 20 novembre. Il a également écrit une lettre ouverte à Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense.

Il s’y dit « outré ». Henri Pouillot rappelle ce qu’étaient les « crevettes Bigeard », « un terme qui ne signifie rien pour beaucoup, qui ne figure dans aucun livre d’histoire » : Marcel Bigeard aurait inventé cette technique où les personnes qui devaient disparaître voyaient leurs pieds scellés dans le béton, avant d’être jetées en pleine mer, depuis un hélicoptère.

« Des dizaines de milliers d’Algériens ont disparu de cette façon », redit encore aujourd’hui l’ancien appelé, auteur de livres contre la torture. « Toute une série de témoignages est très claire, y compris celui de Massu, sur les tortures accomplies par Bigeard, poursuit Henri Pouillot. Il a lui-même participé à la torture. »

« Une anomalie »

« On ne peut accepter qu’un ministre de la République honore la pratique et l’expérience de la torture », ajoute Henri Pouillot. Il considère que ce geste va à l’encontre de la reconnaissance par le président de la République, François Hollande, des massacres d’Algériens à Paris, le 17 octobre 1961.

Henri Pouillot ne s’oppose pas à ce que les cendres du défunt reposent au mémorial de Fréjus. Lui et plus de deux mille signataires refusent juste la présence d’un ministre à la cérémonie prévue. « Nous voulons faire connaître cette anomalie », appuie le militant, qui n’entend pas entrer dans un rapport de force avec le ministère de la Défense. Si la cérémonie doit se tenir, les seuls gestes d’opposition seront symboliques.

Ju. B.

 

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