C’était le temps où certaines municipalités croyaient que l’Algérie resterait française pour toujours 

Aujourd'hui qu’attendez-vous pour faire comme la ville de Rennes jumelée à la ville de Sétif ? C’est cela l’amitié France-Algérie

rennes_place_setif.jpghttp://www.bienpublic.com/edition-de-beaune/2012/09/03/un-jumelage-tombe-dans-l-oubli

Trésors d’archives Beaune (Bourgogne) : un jumelage tombé dans l’oubli

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Délibération du 6 juillet 1956. Photo archives municipales de Beaune

En pleine guerre d’Algérie, le Mouvement national des élus locaux, présidé par le sénateur maire de Beaune Roger Duchet, et l’Union pour le salut et le renouveau de l’Algérie française prennent l’initiative de créer des jumelages entre des communes métropolitaines et algériennes. Cette action est menée pour que les Français de métropole se sentent solidaires des Français et des Musulmans d’Algérie. Une délégation de maires d’Algérie accompagnés d’élus locaux et de musulmans se rend à Paris le 16 juin 1956. Vingt-cinq communes algériennes sont alors parrainées par des communes métropolitaines dans le cadre de l’action “Solidarité communale Métropole-Algérie”. Beaune est l’une des premières à s’inscrire dans ce mouvement. La cérémonie de jumelage avec Ain-Abessa a lieu le 20 juin 1956 dans la salle du conseil municipal : Roger Duchet reçoit le colonel Laherre, maire de la commune filleule. Une délégation municipale se rend à Ain-Abessa en octobre 1956 pour « étudier sur place la façon de matérialiser l’aide ». Différents projets sont esquissés, comme la constitution d’un comité de parrainage qui aurait pour mission d’apporter une aide matérielle à Ain-Abessa (fournitures scolaires, vêtements, médicaments) et d’organiser des échanges entre les enfants des villes. À son retour, la demande d’une aide financière à la ville jumelle est formulée. Cette demande est mise à l’étude lors de la séance du ­conseil municipal du 5 décembre 1956. Après 1956, aucun document ne fait mention du jumelage et de son devenir.

Info Rubrique réalisée avec l’aide des archives municipales de Beaune.

 

Palinges-Génelard (Bourgogne)

 Les mémoires de Gilbert Plédit

L’histoire d’un appelé d’Algérie

 

  http://www.lejsl.com/edition-de-montceau-les-mines/2012/08/21/l-histoire-d-un-appele-d-algerie

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Écrire ses mémoires devient tendance chez les seniors. À l’approche de ses 75 ans, Gilbert Pledit vient de se laisser tenter par l’aventure en publiant " Mon histoire c’est celle d’un appelé d’Algérie ".

Né le 22 août 1937, il y évoque son enfance, partagée entre Génelard où il vit et Palinges, où ses grands-parents exploitent une ferme à Digoine et chez qui il passe toutes ses vacances.

Une enfance baignée par la seconde guerre mondiale. Les souvenirs toujours aussi vivaces ressurgissent : la ligne de démarcation et la vie quotidienne avec l’occupant allemand, les maquisards, l’attaque d’avions alliés durant les battages sans oublier la bataille de Génelard.

Après la guerre, la vie reprend son cours et à 15 ans, à l’heure où les rencontres forgent l’homme naissant, Gilbert Plédit va croiser l’existence de Louis Morin, horloger du pays, de onze ans son aîné. Avec lui, il prend part à la réfection de l’église de Génelard et s’initie à l’escalade. Devenus inséparables, Louis Morin projette de lui faire découvrir les Alpes. Ce dernier s’y rendra auparavant avec Jean-Paul Devillard vétérinaire à Génelard et perdra la vie en tombant dans une crevasse à Chamonix, durant l’été 52. Dès lors, Gilbert Plédit ne sera plus jamais le même. La perte de cette amitié fraternelle qui aurait pu s’ils en avaient eu le temps porter ses plus beaux fruits lui laisse une blessure indélébile. Et en homme de foi, il n’a jamais douté que son ami disparu ait veillé sur lui quand il fut appelé du contingent en Algérie.

À travers son livre, l’ancien soldat (qui a fait 29 mois de service militaire et qui devint sergent en 1958) a voulu mettre l’accent sur la difficulté pour un jeune homme « normal » d’être plongé dans la guerre qui transforme n’importe quel gentil mouton en un loup enragé. Il y évoque tour à tour la chaleur et les sublimes paysages, les rencontres improbables avec le peuple algérien, mais aussi la torture puis le difficile retour au pays.

Il témoigne aujourd’hui en souvenir de tous ceux qui ont laissé leur vie dans ce conflit ou qui en sont revenus mutilés. « Cette guerre semble peu à peu oubliée et l’oublier, c’est effacer la souffrance de tous ces hommes, qui n’étaient encore que des enfants et qui sont tombés pour la France. »

L’ouvrage est en vente dans les maisons de la Presse de Génelard et de Palinges ainsi qu’au Centre d’interprétation de la ligne de démarcation de Génelard et au musée des arts et traditions populaires de Palinges (15 €).

 

 

 

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