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Deux textes au Sénat

Dès la semaine prochaine, le Sénat va examiner deux textes...

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Sur le Pont Saint-Michel, à Paris, le 17 octobre 2012 


Le premier, sous forme d’une résolution déposée par le groupe communiste  stipule que « le Sénat, (…), considérant les travaux historiques et scientifiques qui établissent la réalité des violences et meurtres commis à l'encontre de ressortissants algériens à Paris et dans ses environs lors de la manifestation du 17 octobre 1961, souhaite que la France reconnaisse ces faits (et) souhaite la réalisation d'un lieu du souvenir à la mémoire des victimes du 17 octobre 1961 ». Elle sera débattue le 23 octobre et pourrait être votée avec les voix socialistes. « En principe, nous la voterons », explique le sénateur PS Alain Néri.

A L'ASSEMBLEE

À l’Assemblée, le député François Asensi, soutenu par le groupe Front de gauche, a également à nouveau déposé mercredi une proposition de loi reconnaissant le massacre du 17 octobre 1961. Mais son devenir est nettement plus incertain, de nombreux députés étant réticents à voter des lois mémorielles, régulièrement dénoncées par les historiens.

AU SENAT

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Au Sénat, le deuxième texte, cette fois une proposition de loi, prévoit « d’instituer le 19 mars – jour anniversaire du cessez-le-feu proclamé le 19 mars 1962 en Algérie, une journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des morts civils et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie 1952-1962 ». Elle a en réalité déjà été adoptée par l’Assemblée nationale… en 2002 ! Transmise au Sénat par la gauche plurielle, elle n’avait jamais été mise à l’ordre du jour d’une assemblée dominée par la droite. Ce n’est qu’à l’automne dernier, au lendemain de la victoire de la gauche aux sénatoriales, qu’elle est revenue au goût du jour. Concrètement, elle fait du 19 mars la journée officielle de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, aux dépens du 5 décembre, institué en 2003 par Jacques Chirac. Mais cette date était vivement contestée, notamment par les associations d’anciens combattants, car elle ne correspondait à aucun événement historique… hormis l’inauguration par le président de la République de l’époque d’une stèle sur le quai Branly à Paris.

« Pendant trop longtemps, la guerre d’Algérie était une guerre sans nom et sans date, explique Alain Néri, le sénateur PS en pointe sur cette proposition de loi. C’est la gauche qui lui a donné un nom en reconnaissant officiellement la guerre d’Algérie par une loi promulguée le 18 octobre 1999. Mais depuis, elle était restée sans date de commémoration. » La gauche devrait voter le texte, adopté mercredi en commission des affaires sociales. Mais pas la droite, sous pression d’une partie des associations d’anciens combattants, de pieds-noirs et de nostalgiques de l’OAS, qui insistent sur les massacres de Français d’Algérie et de harkis postérieurs au cessez-le-feu du 19 mars. « On est inondé de mails de partisans de l’Algérie française. Mais on explique qu’après le 11 novembre 1918 et le 8 mai 1945, il y a aussi eu des morts », témoigne la collaboratrice parlementaire du sénateur PCF Guy Fischer, très impliqué sur ce dossier (lire sa lettre envoyée à François Hollande le 18 juillet dernier ici et ).

Reprise partielle d'un article de Médiapart avec photos ajoutées

 

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