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UN APPELE RACONTE

http://www.lunion.presse.fr/culture-loisirs/fin-de-la-guerre-d-algerie-un-appele-raconte-ia0b0n3697

SAINTE-MENEHOULD (Marne). Chaque année à Sainte-Ménehould comme partout en France, on commémore le Cessez-le-Feu de la guerre d'Algérie. Le 19 mars 1962, un jeune appelé argonnais ouvrait les portes à l'armée algérienne.

Dans une guerre, même quand elle ne porte pas ce nom, on retient l'angoisse du début, les horreurs et les malheurs pendant, la liesse ou la détresse à la fin. Alain avait 15 ans au début de la guerre d'Algérie. Il en avait 22 quand il a été appelé sous les drapeaux et envoyé au sud de Bône, le long de la frontière tunisienne.
«Quand je suis arrivé, raconte le Ménéhildien, c'était plus calme. On était en 1961. On sentait que c'était la fin.» Jeune troufion dans l'infanterie motorisée, Alain s'est retrouvé basé dans l'est de l'Algérie, le long de la ligne Morice, une gigantesque clôture électrifiée étendue le long de la frontière tunisienne sur 460 km. «Nous étions chargés de sa surveillance car, de l'autre côté, il y avait l'Armée de libération algérienne qui était cantonnée en Tunisie».

Haute tension

Entre la frontière proprement dite et la ligne, les soldats inspectaient une zone interdite dans laquelle ils retrouvaient parfois des animaux égarés et les corps des combattants algériens qui avaient tenté de franchir le barrage électrique. «Régulièrement, on faisait ce qu'on appelait «la herse» : on partait en inspection le long de la ligne à bord d'un half-track. La nuit, on montait la garde et, parfois, on tendait des embuscades dans le djebel.»
Alain ne se souvient pas d'avoir eu peur. Il se souvient en revanche du malaise qu'il ressentait lors de certaines démonstrations de force dans les villages. Politisé mais pas encore engagé, le jeune Ménéhildien était plutôt opposé à cette guerre. Pour autant, il ne s'est pas soustrait à l'appel. «J'avais un sergent-chef du 2e REP qui me reprochait de ne jamais tirer. C'est vrai que, les soirs où on montait la garde, je revenais toujours avec ma dotation de munitions intacte…»
Au sein de la section, les jeunes appelés discutaient souvent de l'utilité et de l'issue du conflit. Nombreux étaient ceux qui guettaient, l'oreille collée au transistor, l'annonce d'un cessez-le-feu. «Dès qu'on a su que c'était signé, on a été soulagés.»

« La veille, on se tirait dessus »

Le jour de la signature des accords d'Evian ou le lendemain, Alain ne s'en souvient plus avec précision, les soldats de son unité ont été envoyés au poste de El Meridj. C'est là qu'ils ont ouvert l'une des nombreuses portes qui jalonnaient la ligne Morice.
«On a ouvert pour laisser entrer les soldats de l'armée algérienne. A cet endroit, ils n'étaient qu'une petite unité d'une cinquantaine d'hommes. Ils sont passés en bon ordre et nous avons fait des salutations. Je crois que certains ont échangé des paquets de cigarettes. Nous avons aussi regardé leurs armes car elles étaient différentes des nôtres. Dire que la veille on se tirait dessus…» De ce moment fort, Alain retient le geste symbolique d'avoir ouvert les portes. Pour lui, depuis 1962, le 19 mars est la date officielle évidente et incontestable de la fin de la guerre d'Algérie. Pourtant, c'est un décret de cette année qui instaure à cette date la journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie. (Rectificatif : Ce n'est pas un décret, mais la Loi du 6 décembre 2012. Le décret est réservé au 5 décembre dont nous demandons l'abrogation. Michel Dandelot)
Chaque année Alain est au monument aux morts de Sainte-Ménehould, des souvenirs plein la tête. Son histoire avec l'Algérie s'est prolongée bien au-delà de 1962. A peine libéré de ses obligations militaires, le jeune Argonnais est reparti de l'autre côté de la Méditerranée comme instituteur coopérant.
Clin d'œil du destin, il s'est retrouvé basé au même endroit qu'avec son régiment et c'est là qu'il a rencontré celle qui, depuis, ne l'a plus quitté.

Stéphanie VERGER

 

17/05/2014 18:04:32
over-blog.com : Vous avez reçu un commentaire

Bonjour,

un commentaire vient d'être posté par Danièle PONSOT sur l'article Fin de la guerre d'Algérie : un appelé raconte, sur votre blog BLOG PERSONNEL DE MICHEL DANDELOT *** REGION BOURGOGNE

Extrait du commentaire:

Merci à Michel pour sa mise au point sur la date de la loi du 6 décembre 2012. La FNACA du Jura, Roland Delaine en tête, s'est toujours battue pour la reconnaissance du 19 mars 1962 comme date Officielle de la commémoration de cette fin de guerre. Plusieurs élus, dont je faisais partie, se joignaient alors à eux dans cette entreprise et tous ont été entendus le 6 décembre 2012. Merci aussi pour la publication de ce bel article!

 


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