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François Hollande très attendu à Alger

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"L'Algérie est favorable à une réaction forte et dynamique avec la France» a fait savoir le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, dans une interview accordée à l'Agence France presse (AFP) à la veille de la visite en Algérie du Président français, François Hollande.

On ne peut s'empêcher de rapprocher ce souhait algérien à cette autre «réaction forte et dynamique» qu'ont eue la France et l'Allemagne en signant le traité de l'Elysée en 1963. Grâce à ce traité qui a mis fin à la rivalité séculaire (trois guerres en quelques décennies), la coopération franco-allemande est toujours citée sur la scène internationale. Grâce à ce traité et 50 ans après, l'axe franco-allemand est le véritable moteur de la construction européenne.

Et lorsque, dans le même entretien, le chef de l'Etat algérien rappelle «la Déclaration d'Alger» signée en 2003 lors de la visite à Alger du président Jacques Chirac, c'est pour mettre en avant la nécessité de respecter son contenu pour «relever le défi de construire un partenariat qui résiste aux contingences». Partenariat d'exception? Partenariat stratégique. Peu importe «les formes du partenariat, c'est sa consistance qui est essentielle», répond le Président Bouteflika. Il convient de relever, malgré tout, que les deux présidents sont pour un «partenariat d'exception». Bouteflika l'a réaffirmé hier dans l'interview tandis que François Hollande y a fait référence lors de son entretien téléphonique avec le Président algérien en mai dernier.

S'enfermer chacun dans sa «bulle» à ressasser et se renvoyer à l'infini les atrocités du passé est la meilleure façon de noyer l'essentiel. Ne pas assumer son histoire n'est pas non plus, pour la France, la meilleure façon d'envisager l'avenir de ses relations avec l'Algérie.

La solution? Pour le Président Bouteflika, celle-ci passe par «l'intensification du dialogue politique... pour définir l'orientation... de la stratégie de coopération que nous ambitionnons de développer pour le long terme, entre les deux pays». L'Algérie, rappelle-t-il, garde toujours cette ambition contenue dans la «Déclaration d'Alger». Chacun sait que les objectifs tracés en 2003 n'ont pas pu se réaliser durant la présidence Chirac. Chacun sait aussi que la présidence Sarkozy s'est évertuée à les enterrer.

Avec l'arrivée à l'Elysée du Président François Hollande, il est permis d'espérer un nouveau départ. L'homme a la réputation d'avoir la grandeur de la France chevillée au corps. Il a montré son courage à vouloir transcender les pesanteurs qu'évoque justement, à l'AFP, le Président Bouteflika. Il l'a montré, en mai dernier et à peine élu, en déclarant à propos de Jules Ferry: «Je n'ignore rien de ses égarements politiques. Sa défense de la colonisation fut une faute morale et politique. Elle doit à ce titre être condamnée». Une telle position milite pour une «réaction forte et dynamique» attendue par Alger lors de la visite de François Hollande, la semaine prochaine.

Du moins il faut l'espérer car on connaît le poids des pressions qu'exercent divers cercles de nostalgiques de «l'Algérie de papa» en France. Il ne faut, cependant, ni les sous-estimer ni les surestimer. Ils ne se sont «incrustés» dans le paysage politique français que grâce au laxisme ambiant qui a prévalu depuis le départ du général De Gaulle. Face à une forte détermination, il est certain que les intérêts supérieurs de la France auront raison de tous leurs obscurs calculs. Les Algériens s'attendent à ce que la visite de François Hollande marque le début d'une ère nouvelle avec la France. Pourquoi ce qui a été possible avec les Allemands serait-il impossible avec les Algériens?

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