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Sur notre blog nous avons mis en ligne plusieurs articles concernant Mouloud Feraoun, vous allez pouvoir vous les remémorer en cliquant sur les liens ci-dessous, mais en voici un autre, récent, du quotidien Nord-Eclair. Bonne lecture.

 (Michel Dandelot)

 

http://dandelotmije.over-blog.com/article-deux-nouvelles-associations-amies-l-anpromevo-de-jean-fran-ois-gavoury-son-president-et-comme-membre-d-honneur-les-amis-de-max-marchand-de-mouloud-feraoun-et-de-leurs-compagnons-55679398.html

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http://dandelotmije.over-blog.com/article-les-quotidiens-algeriens-ou-fran-ais-rendent-hommage-aux-cinq-inspecteurs-de-l-education-nationale-a-101611889.html

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http://dandelotmije.over-blog.com/article-en-ce-jour-du-14-mars-1962-mouloud-feraoun-ne-sait-pas-qu-il-vient-d-ecrire-la-derniere-page-de-son-101557958.html

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http://dandelotmije.over-blog.com/article-paris-hommage-a-mouloud-feraoun-et-ses-compagnons-assassines-par-l-oas-le-15-mars-1962-99367451.html

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http://www.nordeclair.fr/Actualite/2012/08/19/ils-ont-l-age-de-ceux-qui-ont-combattu-d.shtml

 

FLORENCE TRAULLÉ > florence.traulle@nordeclair.fr

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Certains jeunes Algériens ont le sentiment de ne pas connaître vraiment l'histoire de la lutte pour l'indépendance, une histoire réinventée au profit de quelques-uns. Yassine et ses copains d'une association culturelle berbère continuent à fleurir la tombe.

 Sa tombe est toujours fleurie. Mouloud Feraoun repose dans le cimetière de Tagemount Azouz, en Grande Kabylie. Un des rares boursiers d'origine algérienne à avoir intégré l'école normale d'Alger. Les jeunes du village auraient aimé qu'il vive assez longtemps pour écrire l'histoire de la guerre d'Algérie. À celle-là, ils auraient pu croire.




C'est la plus belle tombe du cimetière. Mouloud Feraoun repose face aux montagnes du Djudjura.
L'instituteur ne faisait pas qu'enseigner. Il écrivait. Le fils du pauvre a été publié en 1954 par les éditions du Seuil. Mouloud Féaroun était un symbole de cette Algérie naissante « et c'est pour cela que l'OAS l'a assassiné en 1962. Pour nous, kabyles, c'est un des personnages les plus importants de notre histoire », pose Yassine, un jeune du village. Début juillet, avec ses copains de l'association culturelle berbère Tizizwit, il a participé « pour la forme » aux cérémonies officielles du cinquantenaire de l'indépendance.


« Des gens qui n'ont même pas combattu sont mis en valeur alors que des vrais héros sont tombés dans l'oubli », se désole le jeune homme qui affuble du surnom de « marsiens » ceux qui ont rejoint les rangs de l'Armée nationale de libération en mars 1962. « Une fois que les accords d'Evian étaient signés. L'indépendance n'était plus que l'affaire de quelques semaines. C'était plié. Facile non ? »
 

« La vraie histoire
reste à écrire »

Yassine enjambe le grillage effondré le long duquel s'enroulent des herbes sèches pour gagner l'autre partie du cimetière. Un carré envahi de ronces où l'on devine ce qui reste des tombes chrétiennes. D'ici, on aperçoit l'ancienne école des pères blancs où son grand-père a appris le français et l'histoire de ses ancêtres les Gaulois. C'était dans les années 40. Dans ce coin de Grande Kabylie, pas une rencontre qui ne nous mène à cette guerre d'indépendance. Chaque famille a son histoire. Certaines sont glorifiées, d'autres ensevelies sous une chape de silence. « La vraie histoire reste à écrire », assène Massinissa, un des amis de Yassine avec qui il anime l'association berbère du village.
En novembre, ils ont organisé une exposition retraçant les vies des « martyrs » locaux. Pas de connotation religieuse dans leur bouche quand ils parlent de « martyrs », juste une admiration sans bornes pour ces jeunes hommes qui avaient leur âge, rêvaient d'une Algérie indépendante et sont montés au maquis pour prendre les armes contre l'occupant français. « Après 62, au mieux ils sont retournés cultiver leur bout de terre. Au pire... », lâche Yassine qui connaît la suite, notamment les liquidations de ceux qui ne voulaient pas laisser « une bande d'opportunistes s'accaparer leur victoire ». Vainqueurs contre la France, vaincus par ceux qui ont pris le pouvoir après 1962.
« On a retrouvé des vieilles photos, écouté les souvenirs des anciens, essayé de retracer tout cela. Ca n'a rien à voir avec les cours d'histoire qu'on a eu ». Ces jeunes kabyles, accrochés à leur identité berbère, fustigent l'enseignement reçu « qui tient plus du folklore. Notre génération, pour peu qu'elle s'intéresse à ce qui s'est vraiment passé, pourrait se reconnaître dans l'engagement des villageois qui pensaient que l'indépendance était un combat juste et qu'il fallait en payer le prix ».
Mouloud Dahlal les comprend ces jeunes révoltés. Cet ancien Moudjahid (ndlr : combattant), nom de guerre Si Hassen, anime des rencontres avec des jeunes.
Une tranche d'histoire vivante à chaque fois, rien à voir avec l'enseignement officiel qu'il dénonce sèchement. « Même à l'université, on ne pose pas de question de peur de contrarier les professeurs. L'enseignement, ce n'est pas cela! ». Mouloud Dahlal ne manie pas la langue bois. Effet garanti quand il assène : « Celui qui met son chef à la place de sa conscience, c'est un bourricot ! ». Saïd boit les paroles du vieil homme collé au ventilateur qui s'épuise à tenter de rafraichir l'air. Il vit à Taidmaid, un de ces villages kabyles dont le monument aux morts aligne les noms des jeunes morts au combat, voire tout bonnement disparus.
Souvent, on retrouve plusieurs fois le même nom de famille devant différents prénoms, signe de la violence qui s'est abattue sur cette région rebelle. Saïd a étudié en France, puis travaillé quelques mois, au pays, pour une usine de transformateurs. Depuis il « bricole ». Il a du temps pour accompagner son père qui recueille les témoignages d'anciens pour des documentaires diffusés à la maison de la culture de Tizi Ouzou. « Son travail est une nécessité. Il faut faire contre poids au pouvoir qui s'est accaparé la guerre d'Algérie pour se forger une légitimité politique ». Saïd aurait aimé qu'un Mouloud Feraoun soit encore là pour écrire « la vraie histoire » de la lutte pour l'indépendance. Mais Mouloud Feraoun est mort assassiné. Alors, il fait comme les autres. Parfois, il va fleurir sa tombe.

 

 

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