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La délégation menée par Guy Darmanin, président de la FNACA, reçue dernièrement par Kader Arif, secrétaire d'Etat chargé des anciens combattants pour lever le voile sur ce drame de la guerre d'Algérie./ Photo DDM

http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/09/1877373-demarches-eclaircir-mystere-vingt-disparus-abdellys.html 

L'année 2014, année de mémoire plurielle, sera marquée par de nombreuses commémorations avec le Centenaire de la grande guerre, le 70e anniversaire du débarquement, le 60e anniversaire de la fin de la guerre d'Indochine et le 60e anniversaire du début de l'insurrection algérienne le 1er novembre 1954. Pour chacun des conflits, il y a toujours eu, hélas, des disparus. Pour la guerre d'Algérie, ce sont, entre autres, les disparus des Abdellys.

Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1956, 20 jeunes soldats métropolitains du 1er Groupe de Compagnies Nomades d'Algérie sont enlevés par l'ALN, dans la région des Abdellys, entre Tlemcen et Sidi Bel Abbès et emmenés vers la frontière marocaine. Personne ne les reverra jamais.

Pendant six ans, jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie, leurs parents ont vécu dans l'angoisse et l'espoir de retrouver leur enfant vivant. La plupart des pères et mères de ces soldats sont morts sans avoir pu faire leur deuil de cette perte irréparable. Depuis de nombreuses années, leurs frères et sœurs se sont regroupés pour faire avancer les recherches et, savoir s'il était possible de récupérer les pauvres restes de ces victimes oubliées de la guerre d'Algérie. Un journaliste a mené l'enquête, en Algérie et des témoignages fiables ont permis de localiser l'endroit où ces soldats ont été exécutés quelques jours seulement après leur enlèvement. Les familles tentent, depuis des années, de sensibiliser les plus hautes autorités, pour un peu de reconnaissance de leur vécu. Le 29 avril dernier, une délégation conduite par Guy Darmanin, président national de la Fnaca, accompagné des représentants des familles des disparus des Abdellys a été reçue par Kader Arif, secrétaire d'État en charge des anciens combattants. Les familles des disparus lui ont témoigné leur reconnaissance pour l'action qu'il mène auprès des autorités algériennes afin de poursuivre les recherches pour essayer de retrouver les restes des corps de leurs frères. Le secrétaire d'État a écouté avec attention et émotion les témoignages des familles des disparus avant de redire tout l'intérêt qu'il porte à l'aboutissement des recherches qui doivent mobiliser l'Algérie et la France de même que l'hommage officiel qui doit être rendu à ces victimes.

«Plusieurs pistes sont ouvertes pour échanger des informations avec nos interlocuteurs algériens, tel qu'il résulte du dernier voyage effectué par le précédent premier ministre, Jean-Marc Ayrault, à Alger» a indiqué Guy Darmanin.

Quant à l'hommage qui doit être rendu aux disparus, le ministre a exposé plusieurs hypothèses qui seront approchées plus précisément dans les semaines qui viennent.

Les responsables de la Fnaca et les familles des disparus ont été particulièrement sensibles à l'intérêt que porte notre ministre de tutelle à ce dossier tragique des 20 disparus des Abdellys.

La Dépêche du Midi

 

Boulogne

56 ans après, la vérité sur la mort

de Michel Clabaux, disparu en Algérie

http://www.lasemainedansleboulonnais.fr/actualite/bou908598-56-ans-apr-4f5e3960 jpglogne/2012/03/14/article_56_ans_apres_la_verite_sur_la_mort_de_mi.shtml

Il y a cinq ans, nous relations le combat de Jean Clabaux, retraité originaire de Rinxent, pour connaître la vérité sur la mort de son frère Michel, disparu pendant la guerre d'Algérie avec 19 de ses camarades, alors qu'ils étaient prisonniers des soldats de l'Armée de Libération Nationale (ALN).

56 ans après, de nouveaux éléments permettent aux familles d'espérer, un jour, le rapatriement des dépouilles.
Peu à peu, le temps fait son oeuvre. Les plaies, peu à peu, se referment. « Ces derniers temps, nous recevons des courriers des autorités algériennes qui sont plutôt positifs, relate Jean Clabaux. En tout cas, elles affirment leur volonté de collaborer. » L'affaire est sensible, épineuse, douloureuse. Les "disparus des Abdellys" sont un épisode dont on ne parle pas facilement, d'un côté comme de l'autre. Comme dans toutes les guerres, il s'est passé des choses pas franchement jolies en Algérie.
Dans la nuit du 31 au 1er novembre 1956, Michel Clabaux et son unité, la Compagnie nomade, sont kidnappés dans leur propre campement, par l'ALN. Nous sommes dans la plaine des Abdellys, pas très loin du Maroc. Faits prisonniers, les Français sont emmenés par leurs ravisseurs, qui les cachent dans cette région aride, escarpée et montagneuse (Tlemcen), harcelés par l'armée française qui voulait retrouver ses soldats. C'est au bout d'une huitaine de jours de captivité que l'effroyable devait se produire. Les 20 soldats français étaient égorgés et jetés dans un gouffre, une faille très profonde appelée "Ras el Oued". Mais ça, on ne le saura que des décennies plus tard.
Car aucun des deux camps n'a cherché à connaître la vérité sur ce drame. Ou, s'il le connaissait, n'a pas souhaité la divulguer. Du coup, les familles des disparus, si elles étaient bien conscientes que leurs fils étaient morts en Algérie, n'ont jamais su le pourquoi du comment. « Mes parents, décédés depuis longtemps, n'ont jamais connu les circonstances de la disparition de leur fils Michel », confirme Jean. C'est au milieu des années 2000, grâce à l'effort conjugué de plusieurs familles, de journalistes, d'historiens et écrivains, que l'écheveau de cette tragédie s'est peu à peu démêlé.



Le témoignage précieux d'un soldat de l'ALN

Depuis, le dossier évolue. Très lentement. Les familles, certaines d'entre elles en tout cas, ne désespèrent pas de faire rapatrier les dépouilles de leurs fils. « Bien sûr, nous savons bien que le risque de ne rien retrouver existe. Que tout cela s'est passé il y a cinquante six ans. Mais ce que l'on demande c'est, qu'au moins, des recherches soient effectuées. Que les autorités se rendent sur place, ce qui n'a jamais été fait à ce jour. Que l'on puisse récupérer des objets, des souvenirs. » Leurs voeux pourraient être exaucés. En effet, les autorités algériennes et françaises sont tombées d'accord pour la tenue « d'une réunion préalable en vue de commencer les recherches » afin de retrouver les 20 soldats français. Une réunion qui devrait intervenir « sous peu ».
En attendant, Jean Clabaux a poursuivi ses recherches dans sa quête effrénée de vérité. Grâce à l'entremise d'un journaliste algérien, il a pu entrer en contact avec un soldat de l'ALN, Merzouk, qui vit aujourd'hui à Alger. Via un important échange de courriers électroniques, l'homme raconte dans le détail les circonstances du "kidnapping" (aucun coup de feu n'a été tiré, le garde, un Algérien, avait retourné sa veste). Puis la séparation des prisonniers en deux groupes, les Français d'un côté, les musulmans combattant aux côtés des Français de l'autre. Puis la fuite dans les montagnes. « Les fuyards marchaient de nuit pour ne pas être repérés par l'armée française, qui se trouvait rarement à plus de 15 kilomètres. » Merzouk raconte qu'au cours de cette semaine de captivité, des liens s'étaient peu à peu noués avec certains des prisonniers et leurs "geôliers". « Dans l'autre camp aussi, ils avaient une vingtaine d'années. Certains avaient sympathisé avec les Français, notamment les jeunes communistes qui étaient contre cette guerre. » Croyant être repris par l'armée française, un des chefs de l'ALN aurait alors ordonné l'exécution des Français. « Selon Merzouk, la plupart des soldats algériens ont refusé. Mais parmi eux se trouvaient deux brutes. Ce sont elles qui se sont chargées de cette sale besogne. » Merzouk, qui dit être hanté jour et nuit par ce drame, ajoute que, peu après, le chef ayant ordonné ce massacre sera lui-même exécuté pour cette "bévue". Les prisonniers français, véritable trésor de guerre, devaient servir de monnaie d'échange et de moyen de pression...

Stéphane DANGER

http://memorix.sdv.fr/0/default/empty.gif

 Aire-sur-la-Lys 

MÉMOIRE

Claude Kermy hanté par ses copains disparus

1003485-claude-ker-5009e477.jpg.jpgQue sont devenus ses camarades de guerre? Personne ne peut le dire.

http://www.lechodelalys.fr/Actualite/le_pays_de_la_lys/Aire_sur_la_Lys/2012/07/30/article_claude_kermy_hante_par_ses_copains_dispa.shtml

Claude Kermy, l'ancien président des anciens combattants airois, cuistot apprécié à Aire-sur-la-Lys, est décédé en juin dernier.

Il a légué entre autres souvenirs le récit d'un épisode tragique de sa jeunesse, pendant la guerre d'Algérie.
Le 23 octobre 1956, Claude sort de l'hôpital de Tlemcem, après y avoir passé 70 jours pour une fracture de la tête de l'humérus droit. Il est 14 heures. Un chauffeur avec une jeep vient le chercher pour l'emmener aux Abdellys où sont arrivées la 1ér e et la 2e sections du Groupes de Compagnies Nomades d'Algérie (G.C.N.A). Il fait partie de la 1ére . Ces deux divisions logent dans un hangar situé près de la place du village. Au lieutenant G., son chef de section, Claude demande à quoi il va l'affecter. L'officier répond : « Pour le moment, vous logez dans le hangar, mais que possédez-vous comme diplômes ?
- J'ai mon brevet et un C.A.P. de cuisinier.
- Je vais m'occuper de vous, en parler au capitaine, car vous êtes exempt de service pendant deux mois. » Claude Kermy dort donc huit nuits avec ses camarades, tout heureux de le revoir après cette longue hospitalisation. Surtout ceux du Nord... Le 31 octobre, c'est jour de paye. L'officier payeur lui doit trois mois de solde. Un petit pactole.
Direction : Pont-de-l'Isser Peu après, son chef de section le fait appeler et lui explique : « J'ai parlé au capitaine et demain, 1er  novembre, tu partiras à Pont-de-l'Isser chez le commandant Donot, à 8 ou 10 kilomètres. Tu y feras la cuisine pour six officiers ; on viendra te chercher à 8 h 30. Ce soir, tu coucheras au P.C. du capitaine L. qui est à 250 mètres de la place. Je vais faire porter ton paquetage et ta valise par un de tes camarades du Nord : Lenglet ou Clabaux. » En fait, ce sera quatre copains du Nord et du Pas-de-Calais qui accompagneront Claude au P.C. vers 19 heures. Ils se doutent qu'il va leur payer un coup, étant donné qu'ils seront deux mois sans se voir et... qu'il a touché son retard de paie !
En accompagnant Claude à sa piaule, le camarade Lenglet voyant trois lits, demande à l'ordonnance du capitaine : « Qui dort ici ? » La réponse : « Moi et Kermy. Le troisième est libre. » Lenglet alors annonce : « En ce cas, ce soir, je dors ici, près de Kermy. » Cette possibilité de « découcher » s'explique certainement par une discipline un peu relâchée. Cela semblait être la même chose au « hangar » où, pour les tours de garde, les sentinelles se relayaient d'une façon bon enfant, ne pensant pas au danger.



Enlèvement

Les cinq copains vont donc boire une bière au café de ce petit bourg. Ils y sont connus. Puis, Claude Kermy se décide à payer à souper aux quatre Nordistes. Après tout, il n'a pas dépensé beaucoup durant ces 70 jours d'hôpital... Un couvre-feu est instauré à 21 heures. Les cinq compères sortent du café-restaurant à 20 h 30. Kermy et Lenglet, comme convenu, rentrent au P.C. et les trois autres : Merlin, Chevallier et Clabaux repartent à leur hangar-cantonnement.
Vers 1 h 30, Claude se souvient avoir été réveillé par des aboiements de chiens, venant de la place, durant environ un quart d'heure, puis le calme revient. Claude pense alors aux chacals qui renversent les poubelles et excitent des chiens. Il se rendort. Le lendemain 1er  novembre, vers 6 h 30 ou 7 heures, on frappe à grands coups de poing à la porte du P.C. Quelqu'un crie fort : « Levez-vous, vite, vite, vite  ! » Kermy se lève et ouvre. C'est un caporal de la 2e section, affolé, qui lance : « Vite, la 1ére section et la 3e (une erreur semble-t-il) ne sont plus dans leur hangar. Elles ont été enlevées cette nuit ! » Claude est stupéfait. Cela paraît incroyable qu'une cinquantaine de soldats armés ait pu être kidnappée. Il émet un doute : « Il y a peut-être eu un appel radio cette nuit et les gars sont tous partis en bouclage ou en ouverture de route.
- Non, venez voir, vite ! » Ils courent, traversent la petite cour et ouvrent la grande porte du hangar où leurs camarades devaient dormir. Là, le spectacle est pour le moins inquiétant. Le râtelier aux armes est renversé, la chaîne de sécurité a été coupée et les armes ont disparu ! Il semble qu'il y ait eu lutte et peut-être à l'arme blanche, car des paillasses sont tachées de sang, aussi bien celles des Algériens (F.S.N.A., Français de Souche Nord-Africaine) que celles des Français métropolitains. La bâche qui cachait les munitions est enlevée, et plus de grenades offensives et défensives, plus de cartouches. Le mortier de 60 et ses obus ont aussi disparu.



Branle-bas de combat

Kermy explique : « Je retourne au P.C. du capitaine prendre le fusil de l'ordonnance. Je n'avais pas encore d'arme à moi, et reviens me mettre en sentinelle au poste de garde. Lenglet me prend en photo, une preuve peut-être dérisoire... » Bien entendu, c'est l'alerte. La 3e section, les sous-officiers et officiers présents aux Abdellys arrivent, dont le commandant Donot.
Branle-bas de combat. Peu après des camions surgissent de partout sur la place, amenant légionnaires, paras, chasseurs avec E.B.R. (engin blindé de reconnaissance) half-tracks. Mais aussi notre 2e compagnie, puis la 3e et la 13e (peloton à cheval). Et encore des colonels : d'armée et de gendarmerie, des hommes en civil (D.S.T). Notre commandant chef de bataillon vient nous voir et nous avise, Lenglet et moi, que nous allons être interrogés en premier. Les chefs ont installé leur P.C. chez le capitaine, le poste radio pouvant communiquer à longue distance est installé, les cartes d'état-major tapissent les murs disponibles, dont ceux de la chambre où nous avons dormi. Plein de petits drapeaux sont piqués sur les cartes. Les groupes de combat sont formés sur la place, les explications et les ordres sont donnés, les recherches vont commencer.
« Un hélicoptère se pose sur la place, c'est le général L. qui commande la division d'Oran. Tous les officiers entrent en P.C. de la Compagnie. Ça discute sérieusement. »


Recherches abandonnées

Les Abdellys se situent à environ 70 kilomètres à vol d'oiseau de la frontière marocaine. Il faut penser que si le commando de l'Armée de Libération Nationale (A.L.N.) a pris ces soldats vivants, c'est pour les emmener dans un lieu sûr et en faire une monnaie d'échange. Il ne faut pas oublier qu'une semaine auparavant, les Français ont détourné l'avion de cinq chefs F.L.N. désormais prisonniers. Ainsi, ce lieu de détention ne peut être qu'au Maroc où il est de notoriété publique que plusieurs camps existent.
Il faut se dépêcher, engager les recherches et la poursuite car les fuyards ont maintenant neuf heures d'avance. On peut penser, certes, qu'ils ne marcheront que la nuit, se cachant le jour. C'est environ 1 800 soldats qui partent à leur recherche. Claude Kermy n'en sait pas plus. Ce qu'il écrit, c'est qu'il lui semble que les recherches furent abandonnées le 2 novembre à 19 heures. Surprenant. Est-ce vrai plausible ? Peut-être une information fausse, lancée par le commandement pour ne pas affoler le commando ravisseur ? Il reste bien des questions sans réponse. Claude reçut le "conseil" de ses chefs de se taire...

L'Echo de la Lys

 

 

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