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 JEAN-JACQUES JORDI L’HISTORIEN DES PIEDS-NOIRS, ADULÉ PAR LES "NOSTALGERIQUES" *** SOUVENONS-NOUS DES 1585 NOMS AJOUTES SUR LE MEMORIAL QUAI BRANLY !!!

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Dans la catégorie de la NOSTALGÉRIE

La nostalgie coloniale et le révisionnisme ne se sont jamais aussi bien portés qu’au moment où l’on s’apprête à célébrer le cinquantenaire de l’Indépendance de l’Algérie.

La présence du maire de Perpignan, représentant de l’État, aux rencontres du Cercle algérianiste pour l’inauguration d’un centre de documentation des Français d’Algérie, véritable musée de l’OAS, auréolé du logo officiel tricolore, l’érection de stèles à la mémoire de l’OAS, la remise de la Légion d’Honneur au putschiste de l’OAS de 1961, Hélie Denoix de Saint Marc, la Légion d’Honneur à l’ancien responsable OAS Jean-François Collin (qui a dit "De Gaulle le plus grand traître de l'Histoire" : autant d’insultes à toutes les victimes de la guerre d’Algérie et dans le sens que voulait donner le pouvoir en place à l’histoire de cette sale guerre jusqu’à aujourd’hui.

JEAN-JACQUES JORDI

C’est dans ce contexte d’offensive revancharde que l’hebdo de droite plutôt arton2511-623f9.jpgextrême Valeurs Actuelles fait en Novembre 2011, la promotion d’un livre dont la thèse centrale semble être : C’est lui qui a commencé ! Commis par l’historien Jean-Jacques Jordi, « Un silence d’État », les disparus civils Européens de la Guerre d’Algérie, ce livre exempte de tout crime l’OAS, qui n’aurait fait que répondre à la barbarie du FLN. Aidé dans cette mission par l’État qui a ouvert à Jordi des archives pourtant encore interdites au public. Absence totale de contextualisation dans le cadre d’une guerre d’indépendance et de libération nationale, qualifiant de « terrorisme » le combat d’un peuple pour se libérer de l’occupant. Jordi soutient que le FLN n’a fait preuve que de violence aveugle, usant et abusant de torture systématique perdurant longtemps après l’Indépendance, afin de légitimer, voire d’excuser les crimes de l’OAS et de l’armée coloniale française. Le tout à base de conditionnel, d’approximations et de témoignages pour le moins flous, des renseignements d’origine civile et privée. Il avance même l’hypothèse de collusion entre la Mission Choc, envoyée par De Gaulle et FLN, après les accords d’Evian, contre les Européens. La réécriture de l’Histoire est en marche, à moins que cette année électorale ne lui soit moins propice…

************************************************************************* 

Deux propositions de loi successives, émanant l’une de M. Guy Fischer au Sénat (n° 618 du 7 juillet 2010) et l’autre de Mme Marie-Hélène Amiable à l’Assemblée nationale (n° 3130 du 1er février 2011), se sont intéressées à la destination du Mémorial national de la guerre d'Algérie érigé sur la promenade piétonne du quai Branly à Paris (7e) à la demande d’associations représentatives des anciens combattants en Algérie, au Maroc et en Tunisie

Dans l’exposé des motifs de ces deux textes, il est rappelé qu’une commission, instituée par arrêté ministériel du 3 mars 1998, avait, à l'issue de dix réunions, adopté plusieurs conditions à l’édification de ce monument : notamment, le mémorial devait porter les noms de tous les combattants - et eux seuls - dont l'acte de décès était revêtu de la mention réglementaire "Mort pour la France" entre 1952 et 1962 en Algérie, en Tunisie et au Maroc.

De la dénaturation à la falsification

Déjà, le 5 décembre 2009, le secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants Hubert Falco avait annoncé que la colonne centrale du Mémorial serait, à partir du 26 mars suivant, dédiée à la mémoire des victimes civiles d’une fusillade ayant tragiquement conclu, rue d'Isly à Alger le 26 mars 1962, une manifestation insurrectionnelle appelée par l'OAS. Ainsi, le 26 mars 2010, c’est à une nouvelle inauguration qu’il a été procédé de ce monument métamorphosé dont la colonne centrale a dès lors fait apparaître des noms et prénoms issus d'une liste privée.

Mais aujourd’hui, une nouvelle étape dans la dénaturation du Mémorial a été franchie, qui a, plus que fausser,  falsifier le sens. En effet, le successeur de Falco, Marc Laffineur, présentant ses vœux aux rapatriés le 31 janvier 2012 à Aix-en-Provence, avait annoncé l’inscription, avant la fin du mois de février 2012, du nom de 1.585 victimes civiles disparues lors de la guerre d’Algérie... Ce qui fut fait.

Deux personnes ont apporté leur concours à la réalisation de cette sinistre opération orchestrée en haut lieu : il s’agit de Renaud Bachy, président de la Mission interministérielle aux rapatriés (MIR) et de l’historien Jean-Jacques Jordi, autorisé, à titre exceptionnel, grâce à l’intervention du premier, à consulter des archives classées top secret. On sait en effet, grâce à Guy Pervillé, que Jean-Jacques Jordi, à la fin de son ouvrage intitulé "Un silence d’État" (Éditions Soteca, octobre 2011) " fournit des listes de personnes disparues présumées décédées entre le 1er novembre 1954 et le 31 décembre 1962, soit 1.583 personnes, dont 1.438 Européens et 145 Français musulmans ».

Du révisionnisme à l’électoralisme

Peu importe que M. Jordi ait pu, le cas échéant, tirer profit de dérogations exclusives liées à une commande d’État en publiant un livre qui alimente l’esprit revanchard des nostalgiques de l’Algérie française et autres anciens partisans ou sympathisants de l’OAS.

Ce qu’il convient de retenir, c’est que nous voyons se dessiner l’entrée en force, sur le mémorial du quai Branly, de noms de personnes n’ayant rien à voir avec la guerre d’Algérie, décédées ou disparues y compris après l’indépendance.

Si cette mutation, heureusement réversible, du monument a lieu, il faudra voir dans le mémorial du quai Branly un monument voué aux morts et disparus - civils et militaires - de l’Algérie française et postcoloniale de la Toussaint 1954 à la Saint-Sylvestre 1962.

Non seulement la commémoration nationale du souvenir des Morts pour la France en AFN à la date du 5 décembre n’a aucune signification mais le site sur lequel elle se déroule a perdu le peu de crédibilité qui lui restait après le 26 mars 2010.

L’ajout de près de 1.600 noms à ceux de quelques dizaines de civils manipulés par l’OAS représente une nouvelle provocation dirigée contre le monde combattant.

Et la réaction du monde combattant devra être à la hauteur des enjeux d’une politique mémorielle dans l’inspiration de laquelle l’électoralisme le dispute désormais au révisionnisme.

Jean-François Gavoury

P.S. : Ceux qui, parmi les observateurs du discours de la République, n’ont pas la mémoire courte ne manqueront pas de s’appuyer sur ce dossier pour s’interroger sur la valeur de la parole de l’État. En effet, aux termes d’une circulaire du secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants datée du 5 octobre 2010 et publiée au Bulletin officiel des armées, les nouvelles inscriptions de victimes civiles sur le Mémorial du quai Branly devaient intervenir à droit constant s’agissant des personnes éligibles et sur demande formalisée ou avec l’accord de l’ensemble de la famille : l’idée de l’intervention d’une commission ad hoc dans la procédure d’instruction de ces demandes avait même été envisagée un temps avant d’être écartée. À quelles règles l’intrusion annoncée d’un bloc de 1.600 noms a-t-elle pu obéir ?

BULLETIN OFFICIEL DES ARMEES

Edition Chronologique n° 43 du 19 octobre 2010

PARTIE PERMANENTE

Administration Centrale

Texte n°1

 

CIRCULAIRE N° 102287/DEF/CAB

relative à l'hommage rendu par la Nation aux victimes civiles de la guerre d'Algérie

ou des combats en Tunisie ou au Maroc.

du 5 octobre 2010

 

CABINET DU MINISTRE : « cabinet ».

 

CIRCULAIRE N° 102287/DEF/CAB relative à l'hommage rendu par la Nation aux victimes civiles de la guerre d'Algérie ou des combats en Tunisie ou au Maroc du 5 octobre 2010

 

NOR DEF M 1052319C

 Classement dans l'édition méthodique : BOEM 369.3

Référence de publication : BOC N°43 du 19 octobre 2010, texte 1.

La présente circulaire porte sur la mise en oeuvre individuelle de la reconnaissance de la Nation prévue par la loi n° 2005-158 du 23 février 2005 (n.i. BO.).

Je souhaite honorer des civils exclus du bénéfice de la mention « Mort pour la France » ayant succombé à des actes de violence liés à la guerre d'Algérie ou aux combats de la Tunisie ou du Maroc. J'ai décidé d'inscrire sur la colonne centrale du mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats de la Tunisie et du Maroc, sur la demande, les noms des victimes civiles françaises innocentes de ces conflits.

Il s'agit, à droit constant, d'améliorer l'exercice du devoir de mémoire pour les familles et de mieux les associer à la commémoration de ces événements.

La dédicace du mémorial est complétée en ce sens. La colonne centrale accueille, sur demande des familles ou d'associations représentatives, les noms de victimes civiles françaises, quelle que soit la partie au conflit responsable de leur mort, dès lors qu'il s'agit de victimes innocentes et non de personnes ayant participé à un mouvement armé.

Les colonnes latérales restent dédiées aux Morts pour la France, militaires comme civils.

1. PROCÉDURE D'INSTRUCTION DES DEMANDES.

1.1. Origine des demandes.

Les demandes émanent de personnes physiques ou morales - ayants droit - ayant un intérêt établi à agir en faveur de la victime.

1.2. Centralisation des demandes.

Les demandes reçues par les services de la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) ou de l'office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) seront centralisées par le service de l'ONACVG en charge de l'instruction des demandes d'attribution de la mention « Mort pour la France », au titre de la délégation de pouvoir consentie au directeur général de cet établissement.

1.3. Traitement des demandes.

Ce service étudie pour chaque cas l'éligibilité à la mention « Mort pour la France » dans le cadre de la défense des intérêts matériels et moraux des anciens combattants et des victimes de guerre confiée à l'ONACVG par le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre.

2. PROCÉDURE D'INSCRIPTION DU NOM DES VICTIMES SUR LE MÉMORIAL NATIONAL DE LA GUERRE D'ALGÉRIE ET DES COMBATTANTS DE LA TUNISIE ET DU MAROC.

2.1. Inscription des victimes civiles de la guerre bénéficiant de la mention « Mort pour la France ».

Lorsque la mention « Mort pour la France » est attribuée, le nom de la victime est inscrit sur les colonnes latérales du mémorial.

2.2. Inscription des victimes civiles innocentes de la guerre d'Algérie ou des combats de la Tunisie ou du Maroc.

Les dossiers des victimes qui ne peuvent bénéficier de la mention « Mort pour la France » sont transmis à la DMPA. Il appartient au demandeur de s'assurer de l'accord de tous les ayants droit. La DMPA me présentera les dossiers et je déciderai de l'inscription au titre de victime civile française innocente sur le mémorial.

Ma décision prise, le nom sera inscrit sur la colonne centrale.

2.3. Conditions d'inscription.

La victime devra être de nationalité française au moment de son décès, ne pas bénéficier de la mention « Mort pour la France », être décédée sur le territoire concerné par la guerre d'Algérie ou des combats en Tunisie ou au Maroc (tel que défini par le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre). Le décès devra être imputable à une partie impliquée dans le conflit sans que le défunt ait appartenu à un mouvement armé.

Je confie au directeur de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) et au directeur général de l'office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), la mise en oeuvre de la présente circulaire, chacun en ce qui les concerne.

 

La présente circulaire sera publiée au Bulletin officiel

 des armées. 

 

Le secrétaire d'État à la défense et aux anciens combattants,

Hubert FALCO.

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RAPPEL

COMMUNIQUE DE LA FNACA

LE MEMORIAL DETOURNE

   

        En 2002, 40 ans après la fin de la guerre d'Algérie, le président Jacques Chirac inaugurait le Mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie, que les anciens combattants français attendaient depuis 1962 !

        Il rendait ainsi l'hommage de la Nation aux 30 000 militaires morts pour la France en Afrique du Nord, dont une liste partielle de près de 25 000 noms défile en permanence sur l'écran électronique. 

        En 2010, le secrétaire d'Etat Hubert Falco, décidait d'y faire ajouter les noms des civils ayant trouvé la mort le 26 mars 1962, rue d'Isly à Alger, à l'issue d'une manifestation à caractère insurrectionnel, organisée par l'OAS, provocant l'indignation de la FNACA et de nombreuses autres associations d'anciens combattants.

        Demain, 28 février 2012, le secrétaire d'Etat Marc Laffineur présidera la cérémonie d'installation d'une liste supplémentaire de 1585 noms de victimes civiles disparues pendant la guerre d'Algérie, notamment après le cessez-le-feu contesté et combattu par l'organisation criminelle OAS.

         La FNACA, association spécifique des combats d'Afrique du Nord, considère qu'une telle initiative contribue à la confusion des mémoires et au détournement de la vocation initiale de ce Mémorial sur lequel ne figurent même pas tous les noms des soldats morts en Afrique du Nord.

        Le gouvernement cède ainsi aux pressions des mouvements extrémistes, à la veille d'une élection importante, alors qu'il persiste à refuser, dans le même temps, la commémoration officielle du cessez-le-feu du 19 mars 1962 et qu'il existe déjà un Monument aux disparus inauguré officiellement à Perpignan en 2007.

        La FNACA rappelle que le Mémorial du quai Branly, résultat de plusieurs décénies d'action des anciens combattants, est destiné à rendre hommage aux seuls militaires et supplétifs ayant trouvé la mort au service de la France.

        

Paris, le 27 février 2012

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