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RENNES

ils-donnent-leur-pension-de-guerre-aux-algeriens.jpgEmmanuel Audrain : « En allant parler à des jeunes dans les lycées, en apportant leur retraite dans des actions altruistes, les anciens appelés d'Algérie se reconstruisent eux-mêmes. » Simone de Bollardière est attendue à l'une ou l'autre des deux projections. Stanislas Hutin, âgé alors de 22 ans, séminariste, ne cachait rien de son credo pacifiste à El-Mélia ou dans les Aurès, entre novembre 1955 et mars 1956. Il est aussi attendu à l'Arvor. | Aurore Toulon et Claude Stephan

http://www.ouest-france.fr/ils-donnent-leur-pension-de-guerre-aux-algeriens-1986989 

Le cinéma l'Arvor de Rennes accueille, samedi 8 et dimanche 9 mars 2014, la projection de « Retour en Algérie », un film d'Emmanuel Audrain. L'occasion de rappeler l'initiative d'une association d'anciens appelés en Algérie.

 

L'histoire

L'association est née en 2004, à l'initiative de quatre paysans, près de Millau, en Aveyron. Ils ont fait la guerre d'Algérie, cette guerre coloniale qui a déchiré la communauté française, de part et d'autre de la Méditerranée, entre 1954 et 1962.

En 2004, ils ont décidé, avec d'autres qui les ont rejoints, de reverser leur pension d'anciens combattants (quelque 700 € par an) à des associations. En 2013, par exemple, à Tizi-Ouzou, Mostaganem, dans la vallée du Jourdain ou vers Hébron. Voilà ce qui a inspiré Emmanuel Audrain, le réalisateur de « Retour en Algérie » dont les acteurs sont ces hommes.

Ni accusation ni condamnation

Ce film, c'est l'évocation de la douleur de ces jeunes au coeur déchiré, soumis à la violence, éteints, auxquels la France demandait de faire taire leur peur. Une mécanique de destruction dont ils ne sont toujours pas complètement remis, aujourd'hui encore. Ce film, c'est aussi l'esprit d'un homme, d'un officier général qui dénonça la torture, le général Jacques de Bollardière. Ainsi a-t-il soulagé la douleur de ces jeunes en disant tout haut ce qu'ils n'osaient plus dire tant ils craignaient au moins autant de leurs frères d'armes que les résistants algériens, les fellaghas.

Ce film n'accuse ni ne condamne les soldats. A le regarder, une question se pose : comment les jeunes d'aujourd'hui réagiraient-ils dans de telles circonstances ? Si, hier, à leur arrivée en Algérie, les jeunes métropolitains habillés en soldats ont bien tenté de dire leur opposition aux exécutions, à la torture, très vite, le système, la terreur ont absorbé leur rejet de l'horreur devenu malaise. Un malaise, alpha de la création de l'association par les quatre paysans.

Cette démarche a touché Simone de Bollardière, la veuve du général. « En 2004, année de la création de l'association 4ACG, elle a écrit aux fondateurs pour leur dire combien son mari serait fier d'eux. Membre du comité rennais du Mouvement de la paix, elle est engagée dans des associations, dont l'Association républicaine des anciens combattants, qui militent pour le respect de la personne humaine, de sa dignité, de son intégrité et de ses droits comme c'est le cas des anciens appelés en Algérie contre la guerre », souligne Emmanuel Audrain, le réalisateur du film.

Active, l'association l'est aussi en France, auprès des jeunes pour leur dire qu'il est « des moments dans la vie où il faut oser dire non. Même si on est seul ». C'est ce que dit Simone de Bollardière dans le film : l'obéissance n'est pas une vertu. « Si vous ne vous sentez pas bien, exprimez-le. »

Les guerres d'aujourd'hui

En ce moment, la jeunesse vit d'autres guerres : la drogue, l'alcool, le non-respect de l'autre, de la femme. « Il faut pouvoir dire non » : voilà ce dont ces anciens témoignent. Comme les militaires d'aujourd'hui enseignent aux recrues le devoir de ne pas obéir à un ordre illégal.

Mais, comme le dit dans le film, l'épouse du général de Bollardière : les militaires ne sont pas allés là-bas tout seuls. Et ils n'ont pas été épargnés par la violence des fellaghas. Et, comme le soulignent bien Ali Mammeri et Toufik Khiar, fiers de leur « citoyenneté rennaise », les résistants algériens « ne se battaient pas contre les Français, mais contre le colonialisme, cette idéologie esclavagiste ».

Samedi 8 mars et dimanche 9 mars, à 11 h, à l'Arvor, 29, rue d'Antrain. Entrée : 5 €. Le film sera diffusé sur France 3 Bretagne, le 22 mars, dans les documentaires du samedi après midi, et le 24 mars sur France3 Pôle Nord-Ouest.

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Retour en Algérie : Emmanuel Audrain a recueilli la souffrance des appelés

De 1954 à 1962, deux millions de jeunes Français ont effectué leur service militaire en Algérie. La cicatrice est encore béante pour nombre d'entre eux. Ils l'expriment devant la caméra d'Emmanuel Audrain, dans ce documentaire à découvrir ce week-end au cinéma l'Arvor.

La Guerre d'Algérie a causé des pertes humaines terribles. 300.000 à 400.000 Algériens ont perdu la vie. Du côté des troupes françaises, ils sont 27.500 à avoir payé de leur vie une guerre qui, pour la plupart, ne les concernait pas.
Outre les pertes humaines, ce sont avant tout les actes commis qui ont marqué les esprits : tortures, viols et pillages. Des faits aujourd'hui avérés et condamnés, mais pas à l'époque. Les décideurs cautionnaient ces exactions, longtemps tenus secrètes par le silence des appelés.
Le coeur trop lourd, certains ont décidé de briser ce silence, et de raconter leur histoire, devant la caméra d'Emmanuel Audrain. Le résultat, tout en pudeur et en justesse, est excellent : on y découvre des hommes marqués à vie par les cris et les visions d'horreur, la souffrance, et parfois même la culpabilité.
Pour évacuer leur douleur, ils ont créé
la 4ACG, les Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre. Par cette association, ils construisent des projets de développement en Algérie et en faveur des peuples qui souffrent de la guerre.
C'est leur histoire que raconte Retour en Algérie. Le réalisateur Emmanuel Audrain nous présente son film, ses motivations pour le faire et ses futurs projets.
Retour en Algérie fera l'objet de projections-débats samedi et dimanche au cinéma L'Arvor à Rennes, à 11h. Il sera ensuite diffusé sur France 3 Bretagne le samedi 22 mars à 15h20, puis le lundi 24 mars à 8h45 sur France 3 Bretagne, Pays-de-la-Loire, Normandie et Ille-de-France.

CLIQUEZ SUR LE LIEN CI-DESSOUS, PUIS SUR "OUVRIR", PUIS SUR "AUTORISER" VOUS ENTENDREZ L’AUTEUR DU FILM « RETOUR EN ALGERIE »... SI NOUS EN AVONS LA POSSIBILITE NOUS METTRONS LE FILM EN LIGNE DANS SON INTEGRALITE A PARTIR DU 22 MARS PROCHAIN :

0303 GTS Retour en Algerie.mp3  (14.96 Mo)

Tag(s) : #Associations

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