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http://www.lamontagne.fr/limousin/actualite/departement/correze/2011/11/11/palazinges-une-commune-sans-monument-aux-morts_110807.html

113 habitants. 530 hectares dont 180 de forêts. Point culminant : le Puy Redon à 553 mètres d'altitude. Voici, à égale distance de Brive et de Tulle, la commune de Palazinges.

Depuis ses hauteurs, sur ce balcon ouest de la cité gaillarde, on découvre à perte de vue le bassin de Brive. Mais Palazinges a une autre originalité : il n'y a pas ici, il n'y a jamais eu ici, le moindre monument aux morts où sont inscrits en lettre d'or les noms des habitants de la commune morts pour la France. Car aussi bien lors des 2 guerres mondiales, 14-18 et 39-45, que lors des guerres d'Algérie et d'Indochine, la commune n'a jamais eu à déplorer le moindre décès sur les fronts ou dans les combats.

Et ceci constitue peut être un fait unique en France. En effet le prédécesseur de l'actuel maire avait mené de multiples recherches pour trouver d'autres communes dans le même cas, sans succès.

Il n'y a pas de réponse à cette question. Le mystère le plus épais concerne la grande guerre de 14-18, qui fut un véritable massacre. Pourquoi les Poilus de Palazinges y auraient-ils échappés plus que les autres ? Tout est peut-être affaire de statistiques. Avec peu d'hommes mobilisés (on n'en connait pas non plus le nombre exact), la commune avait mathématiquement moins de possibilités de déplorer de morts. Pour les guerres qui ont suivi, on peut plus certainement se prévaloir des lois de la statistique : la guerre 39-45 n'a mobilisé qu'une douzaine d'hommes à Palazinges et les guerres d'Indochine et d'Algérie, encore moins. Mais, s'il n'y a pas eu de morts sur le front, la commune a bien eu son lot de blessés et d'estropiés lors des deux guerres mondiales.

Comment tout au long du XX e siècle la commune a-t-elle vécue le fait d'être la seule commune du Limousin (tout au moins) à ne pas posséder de monument aux morts ? Et par voie de conséquence de ne pouvoir se retrouver devant un lieu symbolique de commémoration pour les 11 novembre et les 8 mai ? Dans la mémoire collective, le fait de n'avoir eu aucun mort direct sur le front n'a été apparemment ni un motif de honte, ni une raison particulière de fierté.

Lors des commémorations annuelles dans la proche commune d'Aubazine, la commune de Palazinges est toujours officiellement représentée. Et, fait hautement symbolique, tous les 3 ans la municipalité tient à s'acquitter du coût des gerbes déposées.

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Jacques CROS nous fait parvenir

un autre document insolite

« Un monument aux vivants ! »

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  A gauche, devant Philippe Devisme,

Monsieur le maire de Babeau-Bouldoux dévoile

le Monument aux Vivants

A droite la plaque portant

les noms des onze mobilisés de 1914

Photos Paul Barbazange

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L’expression est insolite, mais l’histoire ne l’est pas moins. Nous sommes en août 1914 à Cauduro, un hameau de la commune de Babeau-Bouldoux. Un hameau encore bien peuplé, sans doute une centaine d’habitants. En tout cas onze jeunes de Cauduro sont mobilisés pour la guerre qui vient d’être déclarée. Eh bien les onze reviendront vivants de l’enfer !

Aussi, Monsieur Philippe Devisme, qui depuis plusieurs années déjà habite le hameau où il est propriétaire de gîtes, a souhaité célébrer ce fait assez exceptionnel.

Il a donc proposé à divers partenaires (commune, conseil général…) de dégager des crédits pour élever un monument à ces rescapés de l’horrible boucherie. Une plaque, en marbre de Caunes Minervois, portant les noms et prénoms des onze jeunes de Cauduro, a été commandée à l’entreprise Pitié de Castres et apposée à l’extérieur de la chapelle.

Le dimanche 21 août 2005 elle a été dévoilée par Jean-Claude Rouanet, le maire de Babeau-Bouldoux, devant une centaine de personnes parmi lesquelles Robert Tropéano, le conseiller général du canton de Saint-Chinian, et Francis Tarbouriech, le maire de Ferrières-Poussarou.

La plaque porte le nom de Léopold Robert, le père d’Emile, le berger, et Paul, le cultivateur, le conteur, le chasseur (le braconnier aussi !) qui ont été les derniers autochtones de Cauduro. Léopold Robert était également le grand-père de Robert Marty grâce auquel, par ses recherches d’historien, les événements de 1914 ont pu être reconstitués.

Comme tous les jeunes gens appelés sous les drapeaux, en ce mois d’août 1914, les onze de Cauduro partent pour la « Der des Der » espérant que huit jours plus tard ils seront à Berlin et que l’Alsace et la Lorraine seront récupérées. Hélas le pronostic n’est pas correct soulignera Philippe Devisme ! Il ajoutera que le 22 août 1914, c’est-à-dire il y a pratiquement 91 ans jour pour jour, ce fut, avec la bataille de Rossignol en Belgique, la journée la plus meurtrière de la guerre de 14-18 : plus de 25 000 morts !

La liste des épargnés de Cauduro est suivie de l’inscription « LE PIRE N’EST JAMAIS SÛR » !

Un apéritif, au cours duquel on a pu entendre des airs d’époque joués à l’accordéon, était offert par la municipalité. Quelque soixante-dix convives ont participé au repas champêtre, également offert par la commune, qui  suivait.

Ainsi, après l’inauguration de la cloche en 2003 et la bénédiction des vitraux en 2004, Cauduro a encore été cette année l’occasion d’une manifestation originale.

 Jacques Cros

 

 

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