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 http://kabyle.com/la-sas-des-beni-douala-de-max-drider-22246-23082013 

Max DRIDER vient de rédiger un récit authentique qui relate la guerre d’Algérie, dans le détail et dans toute sa cruauté, à Tizi-Hibel, petit village de Haute Kabylie.

La SAS des Beni Douala est un droit de réponse au livre écrit par le Capitaine Oudinot qui a commandé la SAS des Béni-Douala et son secteur durant cette période.

Max DRIDER a vécu toute la guerre d’Algérie dans son village, pour être ensuite enrôlé, malgré lui à la Section Administrative Spéciale (SAS) de Ath Dwala.

Max Drider, Ath Ayomrane de son nom kabyle  est né à Marseille le 16 novembre 1942 d'un père amazigh de Tizi-Hibel et d'une mère française de Troyes. Après la disparition de sa mère en 1945, son père décide de l’emmener vivre chez sa grand-mère en Kabylie.  De 1946 à 1953, il vit à Tizi-Hibel. En 1953, il revient à Marseille jusqu’au décès de son père en 1956. Il regagne Tizi-Hibel, où il vit les atrocités de la guerre qui ravage la Kabylie, fuyant en 1959, comme beaucoup, l’enfer du village pour se réfugier chez sa tante qui s’était elle-même enfuie à Alger.
De 1960 à 1962, il été incorporé de force à la SAS de Béni-Douala, par le capitaine Oudinot, sous prétexte de service national.

Installé en Métropole fin 1963, il  est arrêté en avril 1964 pour insoumission au service national. Après bien des péripéties, ce n’est qu’en 1965 qu'il est libéré de ses obligations militaires en France, après être passé par la prison des Baumettes, ensuite celle de Fresnes et pour finir au Dépôt Central des Isolés de Rueil-Malmaison, Caserne Guynemer, d’où il est sorti libre, seulement le 25 mai 1965, après son jugement devant le tribunal permanent des forces armées de Reuilly à Paris. Son service national n'a duré pas moins de 32 mois!

Il n’était jamais venu à l’esprit de Max DRIDER de raconter toutes les misères subies en Kabylie durant la guerre d’Algérie. Ce n’est qu’en découvrant par hasard en 2010 le livre écrit par le capitaine Georges Oudinot, "un Béret rouge en Képi bleu", et après avoir visionné son film intitulé Le Destin d’un capitaine, qu’il lui est apparu indispensable d'apporter son contre-témoignage.

Dans le préambule de son livre, il regrette que cet officier colonial, "cinquante ans après les faits, malgré tant de recul, n'ait pas évolué comme on aurait pu l’espérer, dans son approche du problème algérien et de l’émancipation des peuples. Il arrive même en fin de récit à se présenter en victime. Or cela n’est pas acceptable au regard des centaines de martyrs des Béni-Douala, seules véritables victimes des événements d’Algérie."

Plus de 600 Kabyles ont péri dans le seul secteur des Ath Douala sous le commandement de Georges Oudinot.

Préface

Max est un déraciné et la vie à Tizi Hibel, dans la guerre, n’a pas été facile pour lui.
Il s’y est pourtant adapté et s’est vite mis au travail pour échapper à la misère. Adolescent, il a tressé des corbeilles, fait le maçon et il s’est construit une petite chambre pour avoir un toit. Il se préparait à faire sa vie en kabyle, car il se sentait profondément d’ici.
Les événements et le capitaine Oudinot en ont décidé autrement. Sous le prétexte du service militaire, ce dernier le recrute d’autorité dans la SAS (section administrative spéciale) de Béni Douala. Il l’empêche ainsi de rejoindre Alger où il venait de trouver du travail.
Maxou, comme aiment pour lui signifier qu’il est désormais des leurs, à l’appeler, les gens de Tizi Hibel, a maintenant 17 ans. Il est déjà une des innombrables victimes de l’officier français. En l’enrôlant dans les effectifs de la SAS, le capitaine Oudinot a surtout voulu le compromettre afin de l’isoler de sa communauté et le soustraire à l’influence grandissante du FLN.

Le lecteur remarquera que, quand dans son récit Max évoque les moudjahidines, il les désigne par le vocable « les nôtres ». Il revendique ainsi clairement son adhésion à la révolution et fait sien le désir du peuple algérien de recouvrer sa liberté et son indépendance.
Max n’a pas écrit ce livre pour parler de lui et si l’histoire de sa vie sert de trame à son récit, c’est pour insuffler, à ce dernier, de l’authenticité. Max se raconte aujourd’hui avec la maturité du crépuscule de l’existence et si ses souvenirs d’adolescent ont chargé d’émotion ce récit, il est resté serein dans la narration des événements.

Il vit aujourd’hui en France, il est plusieurs fois grand-père et a gardé des attaches très fortes avec son pays, l’Algérie. Le mensonge du capitaine Oudinot a fait naître en lui la révolte. La même que celle qu’il a vécue quand, à son corps défendant, il s’est retrouvé le subordonné de ce personnage. Il lui répond, il en a toutes les raisons, mais il a surtout les arguments pour cela. La mystification, par cet officier français qui fût plus tard un des acteurs principaux de l’OAS, des événements et celle de l’histoire de son passage dans cette région de Kabylie n’a pas laissé Max indifférent.

Elle a interpellé sa mémoire et convoqué des souvenirs, longtemps enfouis, qu’il décide aujourd’hui de partager. Il le fait bien parce qu’il montre, sans détour, le vrai visage du capitaine Oudinot et parce qu’à travers les agissements de ce dernier il pointe du doigt la réalité de l’implacable guerre que l’armée coloniale française a menée contre le peuple algérien pour continuer à l’asservir.
Docteur Mahmoud BOUDARENE
Psychiatre
Ancien député

 

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