Le drame de la rue d’Isly

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Raymond Couderc (Sénateur UMP de l'Hérault, maire de Béziers)  avait lancé une invitation à une cérémonie qui était prévue le 26 mars 2012 à la mémoire des victimes de la rue d’Isly. Rappelons ce qui s’est passé cinquante ans plus tôt jour pour jour.

Nous sommes à une semaine après la signature des accords d’Evian qui se traduisent par le cessez-le-feu, lequel intervient le 19 mars. Le cessez-le-feu doit conduire à l’indépendance de l’Algérie. Il prend le contre-pied de la position de l’OAS toujours bloquée sur l’idée d’Algérie française. Cette organisation violente et à caractère fascisant conditionne les Pieds Noirs qu’on n’a pas préparés à cette issue d’une guerre qui dure depuis presque huit ans et qui s’inscrit dans une colonisation en place depuis centre trente deux ans.

L’OAS ne s’embarrasse pas de scrupules et appelle les habitants de Bab-El-Oued à manifester pour empêcher l’armée de chercher les tueurs de six appelés du contingent tirés comme des lapins depuis les terrasses des immeubles du quartier.

La suite on la connaît, une compagnie de tirailleurs placée en maintien de l’ordre est submergée par la foule cependant qu’elle essuie une rafale de fusil mitrailleur. Elle ouvre le feu et on comptera quarante-six morts parmi les manifestants. On peut plaindre ces pauvres bougres, c’est humain, ne pas voir la responsabilité de l’OAS (et de l’idéologie à contretemps qu’elle distille) dans ce carnage c’est tout simplement criminel.

Alors oui, je compatis, mais je me refuse à entretenir la moindre confusion sur la motivation à laquelle avaient répondu les victimes. La motivation c’était simplement de remettre en cause la fin de la guerre en raison de ce que cela impliquait, l’égale dignité des habitants du pays qui émergeait.

Des larmes je suis prêt à en verser sur tous ceux qui ont souffert de l’incompréhension des dirigeants politiques de l’époque, et je compte dans ceux qui ont souffert les Algériens et les appelés du contingent. Mais je me refuse à cautionner de quelque manière que ce soit une opération politicienne qui s’inscrit dans le rapprochement de la droite et de son extrême au mépris de l’histoire que l’on falsifie et de la paix que l’on récuse.

 Jacques Cros

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ALLOCUTION DE CHRISTIAN FOUCHET AU JOURNAL TELEVISE DE 13 H LE 28 MARS 1962

Allocution de CHRISTIAN FOUCHET, nommé Haut Commissaire de France après la signature des accords d'Evian sur le cessez-le-feu en Algérie et le droit des Algériens à l'autodétermination, au surlendemain des affrontements sanglants de la rue d'ISLY à ALGER, entre la population européenne et l'armée, à l'issue d'une manifestation organisée par l'OAS. - M. CHRISTIAN FOUCHET assis à son bureau "comme vous je déplore ces morts d'hier, ces victimes innocentes, poussées par des assassins... que croyez-vous donc ? qu'espérez-vous donc?...


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