PHOTO-1.jpgFrançois Hollande au Mont Valérien avec les filles de Jean Zay.

http://www.magcentre.fr/zay/

Le transfert des cendres de Jean Zay au Panthéon décidé par François Hollande ne fait pas l’unanimité. Une quarantaine d’associations d’anciens combattants et de militaires ont dénoncé, jeudi 13 mars, la décision du président François Hollande de transférer au Panthéon les cendres de Jean Zay, auquel elles reprochent d’avoir insulté le drapeau français dans ses écrits. Ancien ministre de la IIIe République, résistant durant la seconde guerre mondiale, l’Orléanais Jean Zay a été assassiné en juin 1944 par la Milice française.

Dans un communiqué, le Comité national d’entente rappelle que François Hollande a annoncé fin février le transfert au Panthéon des cendres de quatre personnalités : Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. « Les trois premiers sont des résistants et répondent à l’objet de cet hommage, il n’en est pas de même pour Jean Zay », écrit le Comité.

« Je te hais dans l’âme »

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Les signataires lui reprochent d’avoir porté « atteinte au symbole par excellence de notre patrie, de notre pays, de notre nation, le drapeau ». Car dans un texte daté de 1924, dont une copie est par exemple lisible sur le site de la Confédération nationale du travail, il écrivait : « Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement, Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes… Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs. » 

Le Comité national d’entente rassemble des associations d’anciens combattants, de médaillés, de blessés de guerre, d’anciens détenus, de militaires en retraite ou de réservistes. « Nous condamnons totalement un éventuel transfert des cendres de Jean Zay au Panthéon, concluent-ils. Il est des injures qui ne se rachètent pas et qui ne peuvent s’oublier au moment de prétendre au Panthéon. »

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Ceux qui ont milité pour le transfert des cendres, les Orléanaises Catherine et Hélène Zay et Avelino Valé.

Pour Jean-Pierre Sueur le sénateur du Loiret qui fut parmi les acteurs autour de la mobilisation en faveur du transfert de l’Orléanais au Panthéon, ce pamphlet est un « texte de potache ».  En fait il s’agit surtout d’un texte anti-militariste et pacifiste de jeunesse qui pourrait être revendiqué par pas mal de monde.

Pour certains historiens ce texte était un pastiche dans lequel Jean Zay, 20 ans,.avait voulu se moquer d’un nationaliste, Gustave Hervé. Pour un autre historien Olivier Loubes,  « C’est ce rejet des vieux et de la guerre qui conditionne un de ses textes les plus controversés, « Le Drapeau », dont l’histoire est à la fois rocambolesque- vrai-faux pastiche de Gustave Hervé ?, oublié dans un livre puis vendu à la presse d’extrême droite dans les années 1930 par un vrai-faux ami…-et dramatique car « Le Drapeau » et les campagnes de haine qui ont accompagné sa redécouverte sont très largement à l’origine de son assassinat en 1944   ».

70 ans plus tard, la haine continue de se déchaîner contre le ministre du Front populaire, avec ces attaques contre la décision de François Hollande du transfert de ses cendres au Panthéon. Des attaques qui n’ont pas fini de faire des vagues et qui viennent clairement de milieux très marqués à droite.

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 Le texte de Jean Zay:

Ils sont quinze cent mille qui sont morts pour cette saloperie-là. 

Quinze cent mille dans mon pays, Quinze millions dans tout les pays.
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille hommes morts pour cette saloperie tricolore…
Quinze cent mille dont chacun avait une mère, une maîtresse,
Des enfants, une maison, une vie un espoir, un cœur…
Qu’est ce que c’est que cette loque pour laquelle ils sont morts ?
Quinze cent mille morts, mon Dieu !
Quinze cent mille morts pour cette saloperie.
Quinze cent mille éventrés, déchiquetés,
Anéantis dans le fumier d’un champ de bataille,
Quinze cent mille qui n’entendront plus JAMAIS,
Que leurs amours ne reverront plus JAMAIS.
Quinze cent mille pourris dans quelques cimetières
Sans planches et sans prières…
Est-ce que vous ne voyez pas comme ils étaient beaux, résolus, heureux
De vivre, comme leurs regards brillaient, comme leurs femmes les aimaient?
Ils ne sont plus que des pourritures…
Pour cette immonde petite guenille !
Terrible morceau de drap coulé à ta hampe, je te hais férocement,
Oui, je te hais dans l’âme, je te hais pour toutes les misères que tu représentes
Pour le sang frais, le sang humain aux odeurs âpres qui gicle sous tes plis
Je te hais au nom des squelettes… Ils étaient Quinze cent mille
Je te hais pour tous ceux qui te saluent,
Je te hais a cause des peigne-culs, des couillons, des putains,
Qui traînent dans la boue leur chapeau devant ton ombre,
Je hais en toi toute la vieille oppression séculaire, le dieu bestial,
Le défi aux hommes que nous ne savons pas être.
Je hais tes sales couleurs, le rouge de leur sang, le sang bleu que tu voles au ciel,
Le blanc livide de tes remords.

Laisse-moi, ignoble symbole, pleurer tout seul, pleurer à grand coup
Les quinze cent mille jeunes hommes qui sont morts.
Et n’oublie pas, malgré tes généraux, ton fer doré et tes victoires,
Que tu es pour moi de la race vile des torche-culs.

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LES COMMENTAIRES

patrick.communal dit : 

15 mars 2014 à 9 h 29 min

Le drapeau qui est fustigé ici n’est que la métaphore du nationalisme hystérique et guerrier qui conduisit à la boucherie de 14-18. Ce texte d’une belle qualité littéraire exprime la colère légitime d’un adolescent des années qui suivent cette terrible hécatombe. Je trouve, dans ces conditions, dommage de le qualifier de texte de potache, comme s’il fallait l’excuser, le relativiser, alors qu’il a toute sa place dans notre héritage culturel. Tout cela prédispose assez mal de l’intense activité mémorielle qui s’annonce avec le centenaire de 1914.

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lessard dit : 

15 mars 2014 à 11 h 10 min

quelle société sclérosée a-t-on là qui ne comprend rien à l’allégorie drapeau/nationalisme étriqué. Que c’est pitoyable. Jean Zay au panthéon, un devoir !

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Fansalo dit : 

15 mars 2014 à 14 h 53 min

Je crois me souvenir qu’Orléans digère très mal le potache…

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plébeien dit : 

15 mars 2014 à 15 h 46 min

même si j’avais la moindre possibilité d’être inhumé au Panthéon (et je suis sur que non !) je n’hésiterais pas à dire mon accord total avec ce texte fougueux, vif , jeune , dénonçant la bêtise guerrière, même s’il fut écrit par un jeune homme, ils méritent, ce texte et son auteur, toute leur place dans la dénonciation des guerres cache-sexes des groupes financiers qui sévissaient déjà au moment de la guerre 14/18 et continuent leur commerce criminel.

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jojo dit : 

15 mars 2014 à 16 h 03 min

Entre un homme qui a mesuré toute l’horreur de la guerre, avant lui-même de s’engager sans réserve en 1939 et de s’illustrer par sa bravoure jusqu’à son arrestation, et ceux qui n’ont jamais fait qu’obéir aux ordres, quels qu’ils soient, vous avez envie d’honorer qui vous ?

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Michel LESSEUR dit : 

15 mars 2014 à 21 h 49 min

Ceux qui, par réflexe plus idéologique que patriotique, nous ressortent en ce moment l’affaire du drapeau savent-ils que les émules français du nazisme ont utilisé cela pour attiser la haine des tueurs de Jean Zay ?
Savent-ils que ce grand ministre républicain a été dès avant la guerre un opposant résolu à l’hitlérisme, et que sa condamnation, son emprisonnement, son assassinat demeurent pour l’Histoire l’une des hontes du régime de Vichy ?
Savent-il que, comme tant d’autres résistants, il est mort en s’écriant  "Vive la France ! "

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Nicole Debrand dit :  

16 mars 2014 à 12 h 23 min

Ceux qui protestent contre le transfert des cendres de Jean Zay au Panthéon reprennent, à s’y méprendre, les propos autrefois tenus contre le Républicain antinazi, assassiné par la Milice de l’État vichyste. Que Jean Zay se soit engagé dans la Seconde Guerre mondiale pour « partager le sort de la jeunesse française » — alors que, ministre, il pouvait s’en exempter —, qu’il ait voulu poursuivre le combat et, Résistant de la toute première heure, ait été arrêté et condamné … cela ne les intéresse pas. Inutile d’essayer de les convaincre : on ne désarme pas la haine avec des arguments de raison.
Si seulement le Drapeau, écoeuré par ces concours de patriotisme et de sacrifices, pouvait leur faire entendre sa lamentation … lui, brandi pour entraîner un million et demi d’hommes à l’équarrissage dans la Grande Guerre, trahi en 1940, humilié d’avoir servi aux nazis et à leurs amis de France … de serpillière …
Les autres drapeaux pourraient faire chorus, mais je parle de celui de mon pays, le drapeau de Jean Zay et de la France.

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EMERY Pierre-Louis dit : 

17 mars 2014 à 9 h 29 min

Il y a 80 ans un texte, privé, est dérobé à son jeune auteur. Il est utilisé contre Jean ZAY dans la campagne de haine antisémite que mènent ceux que Gérard Boulanger* nomme « droite nationale-catholique orléanaise », avec le maurrassien « Journal du Loiret » lors des législatives en 1932.
Ce texte va désormais alimenter les campagnes haineuses que la presse d’extrême droite, puis les journaux collaborationniste (Gringoire, Je suis partout) mènent inlassablement contre Jean Zay et qui ont armé « intellectuellement » le bras des assassins le 20 juin 1944.
Il n’y a pas lieu de reprendre les analyses manipulatrices, infondées et décontextualisées d’un document volé. Car toute la vie de Jean Zay démontre son attachement à la République, à la France.
C’est le cas dans « Le Familier » journal où  » l’enfant de guerre  » à 13 ans ( selon Olivier Loubes*) montre son patriotisme.
C’est aussi son opposition aux fascismes montant en Europe et en France, aux accords de Munich.
C’est son engagement volontaire en septembre 1939 contre l’Allemagne nazie.
Son refus d’accepter l’armistice voulu par Pétain et sa décision de poursuivre la lutte en Afrique du Nord, en juin 1940.
C’est son cri « Vive la France » au moment de mourir, rapporté par son assassin, le milicien de Vichy, Develle.
Le patriote qu’il fut toujours reste l’objet de la même haine, tant à Paris qu’à Orléans, par les mêmes milieux et leurs successeurs. Ce sont les actes et la vie qui sont des exemples, des preuves de la valeur des hommes, pas un texte volé et instrumentalisé.
Il est navrant de trouver des associations qui 80 ans après se fassent les complices de ces militants factieux, ces falsificateurs de la mémoire, ces inspirateurs de l’assassinat qui continuent à poursuivre de leur haine antirépublicaine et antisémite le héros de la République, trop longtemps oublié. Ils assument là un héritage peu glorieux.
Cela justifie encore davantage l’entrée de Jean Zay au Panthéon!
*G Boulanger et O. Loubes, biographes de Jean Zay

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Fabrice Van Borren dit : 

17 mars 2014 à 12 h 13 min

Que j’aurais aimé écrire ce texte magnifique … Comment ne pas crier sa haine devant cette guerre qui a tant coûté à l’Europe ? Ce n’est pas cette France belliciste et arrogante que nous aimons mais cette France humaniste, fraternelle et universaliste. Et si ce texte a servi dans les années 30 à l’extrême droite pour salir Jean Zay, et s’il ressort aujourd’hui par je ne sais quel sentiment inqualifiable, soyons fiers de ce texte et je propose qu’il soit étudié dans les lycées orléanais … en particulier au moment où nous commémorons le Centenaire de la Guerre 14-18 !!!

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Jean-Christophe Haglund dit :

17 mars 2014 à 17 h 54 min

1914-2014… Le centenaire est en marche. Souvenir, épouvante, compassion, effort pour comprendre l’incompréhensible… efforts pour entendre les paroles des historiens… Nous allons, pour pas mal de temps, verser dans l’émotion sans que pour autant ne cessent de sourdre parfois, contre ces sacrifices et ces massacres, la rage, la colère… Et pourtant, un siècle après, nous pouvons bien, nous, tenir des propos graves mais apaisés: ça ne nous est pas trop difficile!

1914-1924… Dix ans, dix ans seulement après le déclenchement de la « Grande guerre » un jeune homme de vingt ans écrit un texte où il gueule l’horreur de la boucherie encore si proche dans la mémoire des siens, de sa famille, de ses contemporains: et on s’en indignerait aujourd’hui!
Peu m’importe à moi, au fond, que ce texte ait été écrit dans la flamme d’une conviction totalement partagée ou qu’il ait été couché sur le papier comme un exercice de style, un pamphlet, un pastiche! Comporte-t-il des insultes envers ceux des tranchées? Crache-t-il sur les morts, les mutilés, les gueules cassées? Aucunement…Manque-t-il de souffle? Encore moins! Donne-t-il dans l’excès? Assurément, car ni le sujet ni l’émotion ressentie et partagée ne s’accommoderaient de nuances en demi-teintes. Mérite-t-il d’entrer dans les anthologies? Bah, bof, pas si sûr… Il révèle en tout cas un talent d’écriture qui se manifestera plus tard dans les pages de Souvenirs et Solitude.

On aurait pu s’en tenir là sur ce texte. Mais il aura donc fallu qu’une indignation réchauffée… quatre-vingt-dix ans après coup, vienne s’inscrire dans la tradition d’une instrumentalisation de ce texte contre Jean Zay, contre son œuvre, contre sa mémoire, contre le respect qui lui est porté et contre ceux qui le respectent. Si encore, c’était pour s’étonner de ces trajectoires et renversements qui ont mené Jean Zay (et d’autres) du cri iconoclaste aux pompes ministérielles…. Si encore c’était pour induire une méditation sur la destinée humaine, sur ce qui change un jeune écorché en homme d’Etat responsable…
Mais non, il ne s’agit là que de se draper dans les plis du drapeau pour rejouer une comédie nauséabonde et souffler sur les cendres visiblement pas tout à fait refroidies des vieilles haines. Cette protestation-là contre la panthéonisation de Jean Zay est de l’ordre de la manœuvre, de la posture. Ceux dont Jean Zay a dit la mort et les souffrances, je ne crois même pas que le quarteron de protestataires s’en soucie vraiment tant est manifeste que c’est au nom de vieilles rancoeurs qu’il grommelle contre une figure de la République, de la Gauche et de l’antifascisme. Décidément, alors même que le souvenir de Jean Zay et des autres avec qui il va entrer au Panthéon et que le centenaire de la Grande Guerre devrait nous inciter à mieux nous écouter, nous accepter et nous comprendre les uns les autres, il est d’incorrigibles propagateurs de discorde!
« Comité National d’Entente »…, comité bien mal nommé, ce n’est vraiment pas de cette façon que tu sers la cause des anciens combattants de toutes les guerres ni celle de notre pays et de son drapeau!

« CELUI QUI SOUILLE LE DRAPEAU DE LA FRANCE N'EST PAS JEAN ZAY »

 

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Comment la France peut renouer avec la promesse républicaine de Liberté, d’Egalité et de Fraternité ? Trois valeurs, trois couleurs. Il faut ajouter à ces trois valeurs, celle de la laïcité et de la solidarité. Ce sont donc les valeurs et les couleurs de la France car elles appartiennent à tous les Français et personne n’a le droit de s’en attribuer le monopole.

Car notre drapeau est né d’une Révolution qui renversa un ordre injuste où le peuple était affamé et privé d’instruction, nos valeurs ont fait le tour du monde et continuent aujourd’hui  d’inspirer les levées d’espérance à travers le monde.

Républicains, Résistants, Patriotes refusant la soumission et l’abaissement de la France ils furent nombreux à lutter, parfois au prix de leur vie, au nom des cette volonté d’union et d’émancipation qu’exprime notre drapeau.
 

Oui le drapeau de la France est souillé  lorsqu'il est mis en berne lors d'une commémoration officielle par des maires entrés en rébellion ne respectant pas la Loi de la République.

Honte  au maire de Perpignan qui a mis le drapeau de la France en berne (revoir la vidéo ci-dessous), mais aussi aux maires de Nice, Béziers, Sète, Toulon, Bolène, Cavaillon, Montpellier, Saint-Serin-sur-l'Isle, Vichy, Saint-Laurent-du-Var, Castelanau-le-Lez... qui ont occulté la commémoration du 19 mars 1962... Ces maires se plaçant, sans vergogne, au-dessus de la Loi de la République...


 

Et puis le drapeau français est souillé lorsque des extrémistes viennent se recueillir vers les monuments ou sur les tombes ci-dessous :

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article4443

les monuments de l’Algérie française en France méditerranéenne

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  Les monuments les plus significatifs

rendant hommage à l’OAS ...

 

 

Ce mémorial, à l’initiative de la Fédération des Associations de rapatriés des Alpes Maritimes, a été inauguré le 25 février 1973, dans le Jardin d’Alsace-Lorraine, en présence de Jacques Médecin, sénateur-maire de Nice.

 

memorial_nice-77f0f.jpgLe mémorial des rapatriés à Nice (1973)

 

Roger Degueldre, chef du commando delta de l’OAS qui a assassiné les six inspecteurs des centres sociaux éducatifs le 15 mars 1962 à Alger, y est célébré comme un héros. Une petite plaque dans l’herbe, au pied du monument précise d’ailleurs : « Aux martyrs de l’Algérie française », et voici l’inscription gravée sur le socle :

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Les nostalgiques de l’Algérie française sont venus le 23 avril 2011 devant ce monument pour célébrer le cinquantième anniversaire du putsch d’Alger.

Pour en finir avec la répétition des mythes et l’instrumentalisation des douleurs, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme, en lien avec toutes les associations républicaines, prépare une rencontre sur le thème de la reconnaissance des réalités de cette période de notre histoire et de la réflexion sur ses conséquences aujourd’hui.

Le monument aux martyrs de l’Algérie française à Toulon (1980)

Un monument doté d’une histoire étonnante – il a été détruit quelques jours avant d’être inauguré. Une histoire méconnue de la plupart des Toulonnais car la mairie qui fleurit régulièrement le monument se refuse à lui adjoindre une notice explicative écrite par des historiens.

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Pour en savoir plus sur ce monument “historique”, consultez donc cette page.

Le monument de Perpignan (2003)

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La stèle OAS du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan.

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Et puis des plaques cela se fleurit. Avec de délicates attentions, comme à Perpignan début juin 2008 :

On pense
A vous
Sans cesse

 

La stèle des “fusillés de l’Algérie française”, inaugurée le 5 juillet 2003 au cimetière du Haut-Vernet de Perpignan en présence du premier adjoint, symbolise la mort d’un condamné au peloton d’exécution. Sous cette icône est gravée l’inscription : « Terre d’Algérie », et, en-dessous, une autre plaque énumère quatre noms : Bastien-Thiry, Degueldre, Dovecar et Piegts.

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Le préfet des Pyrénées-Orientales a interdit la cérémonie d’hommage prévue par des ex-OAS le lundi 7 juin 2010 – anniversaire de l’exécution en 1962 d’Albert Dovecar et Claude Piegts, membres du commando de l’OAS qui a assassiné Roger Gavoury commissaire central d’Alger, le 31 mai 1961.

Le collectif de Perpignan, dont la LDH fait partie, demande que cette stèle qui « porte atteinte à la neutralité des cimetières », soit déplacée vers un lieu privé.

La plaque du cimetière de Béziers (2003)

Cette plaque commémorative, avec des photos des quatre membres de l’OAS qui ont été fusillés après avoir été condamnés à mort, a été inaugurée le 6 décembre 2003 :

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Photo Olivier Got.

La Ligue des droits de l’Homme demande que les monuments de ce type, notamment à Perpignan, Béziers, Marignane, soient retirés des espaces publics que sont les cimetières.

Le monument de Marignane (2005)

La stèle qui est exposée au cimetière Saint-Lambert de Marignane est semblable à celle de Perpignan, mais son habillage a varié dans le temps ainsi que son emplacement – voyez ce dossier.

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La stèle de Marignane (cliché du 7 juillet 2005)

Et puis le drapeau français est souillé lorsque les extrémistes viennent se recueillir sur ces tombes :

tombebastient1-b9191.jpgLa tombe de Bastien-Thiry

Cette tombe est située dans le cimetière de Bourg la Reine. Depuis quelques années, un hommage lui est rendu généralement le 11 novembre et est organisé par l’Adimad-OAS. Par exemple le 9 novembre 2006 (date anniversaire) la première pierre du Mémorial consacré au Général de Gaulle, à Colombey les 2 Eglises était posée par le Premier ministre et plusieurs ministres. Deux jours plus tard un "hommage" était rendu sur cette tombe, cet homme qui tenta à deux reprises un attentat contre le Général de Gaulle, Président de la République. Les plus hautes autorités saisies n’ont pas trouvé choquant qu’une telle manifestation puisse se dérouler, que des drapeaux tricolores s’inclinent sur cette tombe. Une sacrée conception à dimension variable des valeurs républicaines.

tombedovecar-ec45d.jpgLa tombe d'Albert Dovecar

Sur cette tombe aussi, régulièrement, ces nostalgiques viennent incliner des drapeaux tricolores pour "honorer" cet assassin, comme pour son "compagnon" Piegts.

Le Touvet (38) Claude PIEGTS

 

Sergent, né le 19 juillet 1937 à Tuzno près de la frontière autrichienne (Croatie), élévé en Autriche, engagé à la Légion étrangère le 1er Avril 1957, déserte le 24 avril 1961(lors du putsch) et rejoint les rangs du Commandeau Delta 1 de l’OAS. Il participe activement comme membre du "commando delta 1" et en particulier à l’assassinat du commissaire Gavoury. Recherché, il est appréhendé boulevard Marcel Duclos, avec cinq de ses compagnons, le 11 oct., au PC de Degueldre. Il sera condamné à mort et fusillé le 7 juin 1962 au Trou de l’Enfer du Fort de Marly le Roi (78)

 

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La tombe de Claude Piegts

Et puis le drapeau français a été souillé lors de la cérémonie de la remise de la Légion d'honneur à l'ancien dirigeant OAS J.F. Colin (Qui se l'est vu retirer depuis lors !!!) 

jean_francois_collin-35ed6.jpgLégion d'honneur posée sur un coussin sous les photos des quatre condamnés à mort et fusillés :

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Et puis le drapeau français a été souillé lorsqu'un hommage a été rendu au colonel Argoud, lui aussi ancien de l'OAS:

oas-une_514158_465x348.jpgplaque4_argouddarney-b8f1a.jpg

Et puis un ami de Béziers nous a envoyé cet article

Hélie Denoix de Saint-Marc  a participé au putsch qui voulait renverser la République française  

Inquiétant !

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Le 28 novembre 2011 dans la cour des Invalides

On assiste ces derniers temps à une série d’initiatives qui ont apparemment pour objectif de justifier le colonialisme dont la France s’est rendue coupable. Justifier le colonialisme et tout ce qui l’accompagne y compris le putsch des généraux en avril 1961 et l’OAS, organisation terroriste qui est née de son échec.

La dernière initiative en date c’est la promotion dans l’ordre de la Légion d’Honneur d’Hélie Denoix de Saint Marc qui vient de recevoir la distinction de Grand Croix, c'est-à-dire la dignité la plus élevée dans l’Ordre.

Qui est Hélie Denoix de Saint-Marc ? Une personnalité certainement complexe, mais ce qui provoque l’indignation devant le fait qu’on lui décerne la Grand Croix de la Légion d’Honneur c’est son comportement lors du putsch des généraux félons à Alger en 1961.

A cette date Hélie de Saint Marc est commandant par intérim du 1er REP, le premier régiment étranger de parachutistes. Voici ce qu’écrit Wikipédia : « Dans la nuit le 1er REP, sous les ordres du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc, s’empare en trois heures des points stratégiques d’Alger, notamment du Gouvernement général d’Alger, de l’hôtel de ville, de la radio et de l’aéroport d’Alger. »

Après l’échec du putsch Hélie Denoix de Saint-Marc se constitue prisonnier, est jugé et condamné à dix ans de réclusion criminelle. Il passera cinq ans à la prison de Tulle avant d’être gracié par le Général De Gaulle en 1966.

C’est donc un putschiste que l’on vient de décorer !

Nous avons pu lire l’allocution qu’a prononcée Bruno Dary, le gouverneur militaire de Paris, à l’occasion de la cérémonie qui s’est déroulée aux Invalides au cours de laquelle sa distinction lui a été remise par Nicolas Sarkozy en personne.

Le gouverneur militaire de Paris n’est pas un simple caporal et ce n’est certainement pas un hasard s’il a été choisi pour faire l’éloge du nouveau récipiendaire de la Grand Croix.

Bruno Dary n’a pas craint d’ailleurs de terminer son allocution par « chacun de ceux qui sont là, qui vous estiment et qui vous aiment, ont envie de fredonner cette rengaine, désormais entrée dans l’histoire : « Non, rien de rien ! Non, je ne regrette rien ! »

Il faut savoir que c’est précisément ce que chantaient, après son échec, les Légionnaires ayant participé au putsch !

Tout un symbole que le rappel de cette rengaine ! Devant l’approfondissement de la crise, le capitalisme n’aurait-il donc que le fascisme comme solution ?

Finalement, avec sa position concernant la plaque à la gloire des tueurs de l’OAS, scellée sur une stèle dans un des cimetières de Béziers qu’il refuse de faire enlever, Raymond Couderc ne dépare pas dans le contexte !

Jacques Cros

 

Et puis de nombreux autres exemples pourraient être commentés, en conclusion le drapeau français appartient à tous les Français, ceux qui sont toujours restés fidèles à la République française... et qui ne la salissent pas par des cérémonies honteuses.

Jean Zay a toujours resté fidèle à la République et mérite d'entrer au Panthéon au même titre que Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle Anthonioz et Pierre Brossolette...

SOUILLER LE DRAPEAU... SALIR LES MEMOIRES ILS CONNAISSENT LES EXTREMISTES QUI NE VEULENT PAS DE JEAN ZAY AU PANTHEON... SOUVENEZ-VOUS...

Il y a peu, la mémoire de Germaine Tillion a été salie sur un site extrémiste par un propos diffamatoire retiré après la menace de poursuites judiciaires (cf. capture d'écran ci-après et extrait) : 

 

copie-d-ecran.png« Vaveix - le 15 mars 2014

« …

« Vous parlez de la naïveté de Mme TILLON, j’aurais aimé que cette même naïveté lui fasse également embrasser la cause des pieds-noirs et de l’OAS dont plusieurs de ses membres étaient d’anciens résistants comme elle ; au lieu de cela elle s’est détournée des vrais patriotes pour soutenir la cause d’ignobles assassins, l’éloignant en cela de son credo initial pour la placer sur le même rang que le plus vil des collabos.

« Elle et tous ses semblables ne m’inspirent que colère et dégout ! Non Mme TILLON je ne vous souhaite pas de reposer en paix, même si c’est au Panthéon. »

 


   

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