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Le lieutenant Jean-Michel Roche a sauvé des vies durant la guerre d’Algérie en inventant un système de détection des mines. Il a reçu la Légion d’honneur hier 14 juillet 2013.

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Durant la guerre d’Algérie, le lieutenant Roche protégeait les trains des mines posées sur les voies.

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Jean-Michel Roche continue dans le civil sa carrière de « Géo Trouvetout » commencée dans l’armée : ici avec un outil ramasse noix qu’il a fait breveter, et des générateurs électriques qu’il améliore pour équiper des chutes d’eau.

 

Plus de cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, l’État a distingué un ancien militaire qui a sauvé des vies grâce à une invention permettant de détecter et de neutraliser des mines sur les voies de chemin de fer. Hier, 14 juillet 2013, lors de la cérémonie départementale à Périgueux, Jean-Michel Roche, aujourd’hui âgé de 77 ans, a reçu la Légion d’honneur.

« J’avais fait l’école d’application du Train à Poitiers. J’ai ensuite été envoyé en 1958 à Pérégaux dans l’Oranais, pour m’occuper de la protection des voies ferrées en remplaçant un lieutenant qui avait été blessé. » Ce Périgourdin qui avait fait ses études à Saint-Jo avant de partir à Sup de Co Bordeaux, a toujours eu un petit côté « Géo Trouvetout ».

 Patrouilles de nuit

« Les insurgés plaçaient des dispositifs constitués de fils électriques sur les voies qui se déclenchaient au passage des trains », raconte Jean-Michel Roche. Son unité patrouille la nuit à 35 kilomètres heure, afin de déminer les voies qu’emprunteront le jour les trains de ravitaillement. Les charges de dynamite sont capables de faire sauter en l’air des locomotives de 80 tonnes.

Il a vite son baptême du feu alors que son train de protection constitué d’une draisine et de wagons chargés de sable explose : « Le toit a sauté et j’ai failli devenir sourd. » Il a alors l’idée d’équiper les trains d’un dispositif de peigne et de lame, monté sur une roue à l’avant : « Il empêchait l’explosion et allumait une lumière rouge qui nous prévenait. Les démineurs n’avaient plus qu’à intervenir. »

Un système mis au point avec les cheminots du secteur et contre l’avis des ingénieurs : « Un polytechnicien m’avait dit que l’on ne pouvait rien faire rouler sur la voie devant les roues d’un train ». Pourtant, il l’a fait et ça a marché.

Dans toute l’Algérie

Jean-Michel Roche est alors renvoyé en métropole, à Tours, pour développer son système et en équiper toutes les draisines de reconnaissance d’Algérie. Il donne aussi des conférences aux élèves officiers sur le sabotage des trains, avant d’être affecté à Alger pour continuer cette mission. Il est alors décoré de la Croix de la valeur militaire.

Une fois démobilisé, Jean-Michel Roche reprend ses études et passe son doctorat de droit. Il devient alors expert comptable. Il part au Cameroun, engagé par le groupe cigarettier Bastos, puis monte des forges et un laminoir dans ce pays et s’intéresse même à une usine de pâtes alimentaires.

 Retour à la terre

En 1972, il revient définitivement en France où il achète une propriété d’une centaine d’hectares à Château-l’Évêque, ainsi qu’un troupeau de chèvres. Il revient vite à l’expertise comptable plus lucrative, tout en continuant à faire son vin, ses céréales et ses volailles. Et en n’arrêtant pas d’inventer des choses.

« À chaque problème je cherche une solution », telle est sa devise. Il a ainsi inventé et fait breveter un outil à ramasser les noix et un autre pour les pommes, une débroussailleuse, des turbines pour produire de l’électricité à partir d’une toute petite chute d’eau, une machine à déboguer les châtaignes, un chauffage solaire à air… Jean-Michel Roche n’arrête jamais : « la nuit, il m’arrive aussi de réfléchir à des inventions ».

 

 

 

 

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