La situation économique et sociale actuelle de l'Algérie est l'affaire des Algériens, celle de la France... des Français ! Dans le contexte de crise que connait la France on voit renaître l'idéologie colonialiste qui s'accompagne de racisme, de xénophobie et d'islamophobie. On l'a vu particulièrement en 2012, cinquantenaire du cessez-le-feu en Algérie. On l'a vu avec le 19 mars 2013 où, malgré la loi adoptée, des municipalités ont refusé d'obtempérer. Il y a les nostalgériques de tout poil y compris jusqu'aux partisans de l'OAS qui relèvent la tête. Il y a aussi la majorité actuelle en France qui refuse de supprimer le 5 décembre, deuxième journée de commémoration qui sert de position de repli à tous ceux qui n'ont pas accepté les leçons de l'Histoire.

Jacques CROS    

e xénophobie et d'islamophobie. On l'a vu particulièrement en 2012, cinquantenaire du cessez-le-feu en Algérie. On le voit avec ce 19 mars 2013 où malgré la loi adoptée, des municipalités refusent d'obtempérer. Il y a les nostalgériques de tout poil allant y compris jusqu'aux partisans de l'OAS qui relèvent la tête. Il y a aussi la majorité actuelle en France qui refuse de supprimer le 5 décembre, deuxième journée de commémoration qui sert de position de repli à tous ceux qui n'ont pas accepté les leçons de l'histoire.

Il y a 51 ans, les accords d’Evian, où en sommes nous avec la France ?

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Délégation FLN aux accords d'Évian

Arrivée de la délégation algérienne (F.L.N) aux accords d'Évian présidée par Krim Belkacem en mars 1962, un cliché rare qui nous montre de près de gauche à droite M'hamed Yazid, Saâd Dahleb, Krim Belkacem et en arrière plan Lakhdar ben Tobbal au moment de leurs descentes à l'aéroport Suisse.

 

Pour les historiens, ces accords ont été un compromis historique entre deux peuples.

Il y a 51 ans, le 19 mars 1962, l’Algérie naissante et la France coloniale avaient fait la paix en signant les accords d’Evian. Ces accords mettent fin officiellement à sept années et cinq mois de guerre pour laquelle la France a déployé environ 400.000 hommes et durant laquelle 1,5 million d’Algériens ont perdu la vie et des millions d’autres de blessés et de déplacés.

La signature de ces accords a conduit à l’indépendance du pays, le 5 juillet 1962. Pour les historiens, ces accords ont été un compromis historique entre deux peuples. Ils avaient scellé définitivement le sort, 132 ans de colonisation, à la faveur d’un référendum d’autodétermination consacrant l’intégrité territoriale, l’unité du peuple algérien et l’indépendance totale du pays. 51 ans après, un long chemin a été parcouru par l’Algérie indépendante, qui, dans bien des domaines tâtonne, trébuche, mais avance sur le chemin escarpé de l’Histoire. 51 ans après la question de la mémoire n’a pas été complètement assainie entre les deux pays dont les relations sont souvent tourmentées.

Le débat sur la mémoire a ressurgi de plus belle à l’occasion de la visite en décembre dernier, du président français Hollande à Alger. M. Hollande a prôné «la vérité, ce qu’est l’histoire», a promis le président français. Dans son discours prononcé devant les élus algériens au Club des Pins, il a soigneusement pesé ses mots. Il a reconnu solennellement les «souffrances que la colonisation française» – un «système profondément injuste et brutal» – a infligées au peuple algérien. C’est ainsi que les deux pays ont décidé d’ouvrir une nouvelle page laissant l’appréciation de l’Histoire aux spécialistes, mais il ne s’agit nullement de partager ou d’adhérer à l’idée fatale de l’amnésie. Cela étant, le 19 mars est perçu différemment d’un côté comme de l’autre.

Si en France, cette date est consacrée, depuis novembre 2012, comme une Journée nationale du souvenir «des victimes civiles et militaires de la Guerre d’Algérie», en Algérie, en revanche, elle est célébrée, timidement, comme journée de la victoire. Oui timidement, car 51 ans plus tard, c’est tout juste si cette date est évoquée dans les manuels scolaires algériens. La journée du 19 mars n’est pas fériée, elle n’est pas une fête nationale. Pourtant, c’était le jour où l’Algérie venait d’arracher une victoire ayant consacré les principes énoncés dans la Déclaration du 1er Novembre 1954. C’est ainsi que l’on a considéré que ces Accords n’étaient pas seulement un moyen de mettre un terme à une guerre extrêmement dure de plus de sept ans, mais aussi, il s’agissait d’une occasion pour montrer d’une façon éclatante que l’Algérie était devenue adulte en traitant d’égal à égal, avec la 5e puissance coloniale dans le monde. Avons-nous fait une halte, un bilan du chemin parcouru 51 ans plus tard? Libérés du joug colonial, les Algériens ne partaient pas seulement à la recherche d’une prospérité, mais d’une identité anéantie par les différents colonisateurs qui se sont succédé en Algérie depuis des millénaires.

Le développement de l’Algérie se voulait alors comme une renaissance, une rédemption et une rectification puisque le passé, tout aussi glorieux, a montré qu’il recelait des ferments d’échec. Echec oui, le mot revient avec insistance à chaque fois que l’Algérie se tourne vers son Histoire chargée. Question : Où en sommes-nous avec la France? Doit-on aujourd’hui penser à l’Algérie avec ou contre cette même France?

Le dilemme est toujours posé. La génération de la guerre, celle qui a libéré le pays, celle qui a détruit le colonialisme et qui lui a survécu, n’a cédé que très peu de place à la génération de l’après-indépendance.

Erreur fatale qui a coûté cher au pays. Le conflit de générations a fait et fait encore des ravages à tous les niveaux de responsabilité.

 

 

 

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