Jeudi 15 mars 2012 4 15 /03 /Mars /2012 10:19

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Le 15 mars 1962 : Mouloud Feraoun assassiné par un commando de l’OAS

«Mouloud Feraoun était un écrivain de grande race, un homme fier et modeste à la fois, mais quand je pense à lui, le premier mot qui me vient aux lèvres c’est le mot : bonté.»... a écrit Germaine Tillion dans le journal le Monde du 18 mars 1962, trois jours après l’assassinat par un commando delta de l’OAS de Marcel Basset, Robert Eymard, Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Max Marchand, Salah Ould Aoudia, un groupe d’origine et de confessions diverses.

Mouloud Feraoun est né en Grande-Kabylie, Max Marchand, Oranais d’adoption est titulaire d’un doctorat ès lettres, Marcel Basset vient du Pas-de-Calais,  Robert Aimard, de la Drôme, Salah Ould Aoudia catholique et Ali Hammoutène musulman, mais tous ont une passion commune : Celle d’être du côté des damnés de la terre. Ils sont six inspecteurs de l’Education nationale, réunis le 15 mars 1962, trois jours avant la signature des accords d’Evian, à Château-Royal dans le quartier d’El Biar, près d’Alger... Tous responsables des centres sociaux lancés en 1955 par Germaine Tillion, cette ethnologue résistante contre l’occupant nazi de son pays et qui n’hésitera pas en juillet 1955 de rencontrer clandestinement Yacef Saadi.
Les centres sociaux sont des structures d’alphabétisation et d’action sociale envers les plus défavorisés en Algérie. Germaine Tillion morte centenaire en 2008, s’est élevée contre la torture en Algérie. Résistante dans son pays, c’est un abbé qui va la dénoncer aux nazis… il sera, en 1949, fusillé.  Ces cinq inspecteurs se savaient en danger. Cinq mois auparavant, Maxime Marchand est visé par un attentat à la bombe qui fit s’écrouler l’immeuble de l’inspection académique où il résidait. Ce 15 mars, à 10 heures, un commando armés de pistolets-mitrailleurs investit les lieux. Le commando Delta dirigés par Roger Degueldre venait de signer en public cet assassinat. Il ne sera jamais inquiété, arrêté… Gabriel Anglade membre de ce commando va même se vanter d’avoir vidé son chargeur sur Mouloud Feraoun auprés de l’historien Alexander Harrisson « Challenging de Gaulle.
The OAS and the contre-révolution in Algeria, Ed. Praeger, New York, 1989 ».
Gabriel Anglade  sous la bannière de l’UMP a poursuivi une carrière politique et compte parmi ses soutiens Christian Estrosi, qui fut ministre de l’Aménagement du territoire sous le  premier gouvernement de Fillon « Le temps des excuses est fini »  avait alors déclaré à Nice, ce membre du gouvernement, accoudé à un stand où l’on exposait des effigie à l’image de Salan et des pin’s de l’OAS.
Patrick Buisson naît la même année de l’exécution de l’abbé responsable de la déportation de Germaine Tillon… Quand les inspecteurs sont assassinés, il a tout juste 13 ans, lycéen, il se fait pourtant remarquer. Il sera l’un des rares élèves à refuser de respecter la minute de silence en leur hommage. Il deviendra l’une des figures marquantes de l’extrême droite française et conseiller du président Nicolas Sarkozy. En le décorant  en 2007, de la Légion d’honneur le président aura ces mots pour lui : « C’est à lui que je dois d’avoir été élu !»
Le premier roman de Mouloud Feraoun est  autobiographique « Le Fils du pauvre »  L’Algérie modeste, pauvre, digne… accède d’un seul coup à une sorte de visibilité. D’origine modeste… son père ouvrier est victime d’un accident de travail. Sa famille n’a que sa pension d’invalidité pour survivre… » Le fils du pauvre sera son premier roman ». Il manie le français mais c’est pour mieux dire, pour reprendre une expression d‘un autre lettré plus tard « son origine, ses racines et sa mémoire ». Il se décrit et le lecteur prend conscience des prénoms indigènes que la majorité des romanciers de son époque et avant lui ont méthodiquement gommés dans leur histoire. Il n’ose pas parler de ce premier roman à un de ses amis Emmanuel Roblès… Cet autre écrivain né à Oran qui écrira plus tard Saison violente, un récit intimiste qui raconte son enfance et ses premiers émois amoureux à Oran. Avec Le Fils du pauvre  Feraoun décroche le  Prix littéraire de la ville d’Alger. C’est la première fois qu’un auteur non européen le reçoit. On est en 1952. Suivent La terre et le sang (1953) qui reçoit le Prix populiste ; Jours de Kabylie (1954) ; Les chemins qui montent (1957). En 1957, il est muté à Alger, en 1960 il intègre la structure des centres socio-éducatifs. Son destin est en marche …

M. Koursi

 

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http://www.aubervilliers.fr/actu90155.html

Ils s’appelaient Mouloud, Max, Salah, Marcel, Robert et Ali...

A la tête d’une délégation, le maire Jacques Salvator déposera ce jeudi 15 mars 2012 à 11 h, une gerbe au pied de la plaque de la rue Germaine Tillion pour commémorer les cinquante ans de l’assassinat par l’OAS de ses compagnons en Algérie.

Mouloud Feraoun, Max Marchand, Salah Ould Aoudia, Marcel Basset, Robert Eymard et Ali Hammoutene ont été exécutés par un commando de l’OAS quelques jours avant les Accords d’Evian proclament le cessez-le-feu en Algérie.

L’assassinat de ces six inspecteurs des centres sociaux éducatifs créés par l’ethnologue Germaine Tillion intervient à l’occasion d’une journée de terreur déclenchée par l’OAS pour essayer d’empêcher le rendez-vous d’Evian et le processus de paix engagé.
Ce 15 mars, pas moins de 120 attentats sont commis sur le sol algérien.

En s’attaquant aux membres d’un centre social éducatif, l’OAS vise directement ceux qui oeuvraient pour un rapprochement entre Français et Algériens.
On y pratiquait, notamment, de l’alphabétisation et de la formation professionnelle pour jeunes et adultes.

«  Apprendre à lire et à écrire à des enfants, donner un métier à des adultes, soigner des malades – ce sont des choses si utiles qu’elles en paraissent banales : on fait cela partout, où, à tout le moins, on envie de le faire. (…) Et c’était de quoi s’entretenaient ces six hommes, à 10 heures du matin, le 15 mars 1962… » Extrait du texte de Germaine Tillion paru dans le Monde du 18 mars 1962

En ce cinquantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, et par ce geste, la municipalité d’Aubervilliers souhaitait rendre hommage à ces militants de l’humanité.

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http://www.depechedekabylie.com/evenement/106494-pensee-aux-six-inspecteurs-assassines-par-loas.html


Tizi-Ouzou

Un hommage leur est consacré à la Maison de la culture

Pensée aux six inspecteurs assassinés

par l’OAS

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Les six inspecteurs des centres socio-éducatifs, assassinés par l’OAS un certain 15 mars 1962, à savoir Mouloud Feraoun, Ali Hammoutène, Marcel Basset, Robert Eymard, Max Marchand et Salah Ould Aoudia, sont à l’honneur, depuis hier, à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou et ce, à l’occasion de l’anniversaire de leur tragique disparition.

Cette activité s’étalant sur deux journées, hier et aujourd’hui, se veut une occasion de faire revivre ces six piliers de la littérature algérienne. A cet effet, c’est Mme Ben Salem Houria ainsi que Mme Boukhlou Malika, respectivement docteur en littérature arabe et docteur en langue et civilisation française à l’université Mouloud Mammeri, qui ont animé deux conférences au petit théâtre de l’établissement culturel de la ville des genêts. Ceci, en plus des interventions de M.Ghobrini Mohamed, modérateur de l’événement qui n’a pas manqué également d’intervenir.

Les deux conférencières se sont étalées, en particulier, sur Mouloud Feraoun. Mais avant de donner la parole aux deux docteurs, M. Ghobrini avait déclaré que c’était un honneur pour lui que de participer à cette commémoration. L’orateur dira au sujet de l’assassinat des six inspecteurs que « beaucoup de gens disent que leur mort n’était qu’une simple coïncidence, mais nous savons c’était un plan, un complot orchestré pour assassiner le savoir en Algérie ».

M. Ghobrini, a ensuite exprimé sa satisfaction parce que, selon ses dires, « aujourd’hui, il y a des gens qui font des recherches sur ces savants, pour que la vérité sur leur assassinat éclate ».

Ceci avant que Mme Ben Salem entame son intervention par un adage très courant qui dit Alvadh yela Oulachith, Alvadh Oulachith Yela. La conférencière considère que Mouloud Feraoun est de ceux qui restent présents malgré leur absence physique, parce qu’il a marqué l’histoire de ses empreintes. Elle n’a pas cessé également de qualifier Mouloud Feraoun de « père de la littérature algérienne », car enchaîne-elle, « par Le fils du pauvre, il a signé la naissance de la littérature algérienne, ce qu’il a laissé a dépassé les frontières géographiques et culturelles du pays ».

Mme Ben Salem dira, à ce propos, que « Feraoun a beaucoup parlé dans ses ouvrages de la misère et de la pauvreté en Algérie durant la période du colonialisme français, en Kabylie particulièrement. Feraoun s’est inspiré de la réalité qu’il vivait, il a donc collecté sa matière du réel pour la transformer, ensuite, en littérature ».

La situation sociale de la population kabyle, qui poussait ses enfants à l’exil, à la recherche d’un travail pour subvenir aux besoin de leur famille, ainsi que le courage et la patience de la femme pendant toute ces circonstances, ont été également les points que l’oratrice a abordé, tout en signalant ces derniers points étaient les motivations de Feraoun dans son rôle d’écrivain. Ceci pour dire que Feraoun « s’inspirait et collectait sa matière et ses informations du réel la transformant en littérature ».

Mme Boukhlou Malika, quant à elle, a opté pour le thème Mouloud Feraoun l’instituteur et le romancier. Elle dira que « Feraoun est considéré à la fois comme cultivateur du savoir et du champ, par ses deux activités, celle d’instituteur dont il a bien réussi à triompher bien que fils de pauvre et dans son retour à la terre ». C’était « un semeur de gloire qui a allumé le feu du savoir dans l’esprit des enfants qu’on lui a confié ».

Selon Mme Boukhlou, «Feraoun a ouvert le chemin, il a été la passerelle, celui qui a permis le passage d’une vie à une autre ».

Concernant l’assassinat des six inspecteurs, Mr Ghobrini dira qu’ils ont été ciblés parce qu’ils travaillaient dans l’enseignement. Il convient de souligner qu’en marge de ces conférences animées dans la matinée d’hier, plusieurs autres activités sont également au menu du programme concocté pour cet événement. Parmi ces activités, une exposition d’articles de presse, de photographies et de livres autour des six personnages, la projection d’un film intitulé «La terre et le sang » qui a eu lieu hier au petit théâtre et, parallèlement, des lectures d’extraits de l’œuvre de Feraoun faites par des élèves du collège qui porte son nom. Aussi, des recueillements sur la tombe d’Ali Hammoutène, au carré des martyrs à M’Douha, et sur celle de Mouloud Feraoun, à Tizi Hibel, auront lieu aujourd’hui. Ceci, en plus de témoignages autour du Chahid Ali Hammoutène et d’une conférence sur Mouloud Feraoun, qui sera animée, cet après-midi au petit théâtre, par MM. Youcef Merahi et Mohamed Ghobrini.

 

 

 

 

Par Michel Dandelot - Publié dans : Associations
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