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CONGRES 2013 V5

 

- à l’attention de Mesdames et Messieurs les adhérents, amis et correspondants

de l’Association nationale pour la protection de la mémoire

des victimes de l’OAS (Anpromevo) -

 

Paris, 31 décembre 2013

Chaque année qui passe porte la marque de la transition entre la précédente et la suivante : c’est l’essence même de la conception cyclique du temps et de sa mesure contemporaine.

De la transition à la transmission

En 2013, la transition aura été douloureuse. L’épreuve nous a été en effet imposée de trois disparitions successives :

- celle, en juin, de Paule, veuve de Marcel Basset, victime à Alger, le 15 mars 1962, d’un assassinat collectif perpétré par l’OAS et visant l’équipe dirigeante des Centres sociaux éducatifs créés, de l’autre côté de la Méditerranée, par la résistante et ancienne déportée Germaine Tillion ;

- celle, le mois suivant, de Micheline, mère de Delphine Renard, grièvement blessée le 7 février 1962, à l’âge de quatre ans et demi, par l’explosion d’une bombe que l’OAS-Métropole "destinait" à André Malraux ;

- celle, en octobre, de Jacques Dorival, chef inspecteur divisionnaire honoraire de la police nationale, dont l’OAS a tué tant de collègues en Algérie.

Ils ont tous les trois mené, à l’époque comme au cours du demi-siècle suivant, une vie exemplaire, mobilisant leur énergie au service de leurs semblables. Ils ont, chacune et chacun à sa manière et dans son domaine propre de compétence, contribué à léguer à leurs enfants et communiquer à leur entourage un patrimoine de valeurs humanistes, de culture, de principes républicains. Cet héritage, l’Anpromevo s’engage à en assurer la conservation et la transmission.

De la transmission à la mémoire

Ses statuts habilitent l’Anpromevo à "lutter contre toute forme de révisionnisme ou de négationnisme" dont "les faits imputables à l’OAS […] sont ou pourraient être l’objet" : c’est dire que l’association n'a ni vocation - ni prétention - à dire, reconstituer ou transmettre fût-ce une partie de l’Histoire de la guerre d’Algérie.

Mais il lui incombe tant de rappeler la réalité de la barbarie OAS que de faire vivre et perpétuer la mémoire des victimes directes ou indirectes de cette organisation du crime.

La démarche ne consiste pas seulement à donner en partage un simple témoignage ni même une réelle expertise portant sur tel aspect ou détail. Il s’agit de participer à l’élaboration d’une somme appelée à être sauvegardée, puis enrichie par la découverte de nouvelles pièces d’origine privée pour être, le cas échéant, confrontée aux archives publiques au fur et à mesure de leur ouverture.

J’invite en conséquence celles et ceux qui ont échappé ou survécu aux attentats de l’OAS, les descendants de celles et de ceux qui ont succombé à ses menées criminelles ainsi que celles et ceux qui en ont été les témoins à sortir du silence et à œuvrer à la valorisation d’un fonds documentaire : je salue, à cet égard, le travail effectué cette année par Delphine Renard et Roger Martin.

Dans l’accomplissement d’une tâche de cette nature, notre association de victimes de guerre ne peut que gagner en reconnaissance auprès de l’État comme des pouvoirs publics locaux.

Tel est en tout cas  le vœu qu’à la veille du 1er janvier je forme pour les années 2014 et plus.

Recevez collectivement, outre les souhaits - inspirés par la période - de santé, de chance et de joie durables, l’expression de ma profonde gratitude pour votre écoute et votre confiance.

Jean-François Gavoury

Président de l’Association nationale

pour la protection de la mémoire

des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

Tag(s) : #Associations

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