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Nice, capitale de l’Algérie française

 

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article5051

 

 

article de la rubrique les deux rives de la Méditerranée > cinquantenaire
date de publication : mercredi 4 juillet 2012


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« Et qui dira la fraternité réelle, le compagnonnage des êtres de toutes conditions, la compréhension réciproque et les centres d’intérêts partagés, le respect mutuel entre les communautés, les affinités, les enthousiasmes communs ? [1] »

C’est un hymne à l’Algérie française qu’a prononcé Christian Estrosi, le 30 juin 2012, en inaugurant un monument d’hommage aux « Français de l’autre rive ». Le maire de Nice sait que les nostalgériques constituent une fraction importante de son électorat...

 

« Oui, vous avez souffert, oui vous avez été arrachés à cette terre que vous aimiez tant, qui était la France, et oui, vous restez des patriotes.

« Je veux le dire à Andréa, Alexi et Justin, à tous vos enfants et petits-enfants, je veux l’affirmer en remerciement à vos parents, je veux le graver en mémoire de vos défunts : je suis fier de vous.

« Qui dira la chronique des efforts accomplis sous le soleil, le dur labeur des champs, les relations familiales, amicales, tissées au quotidien avec celles et ceux qui sont demeurés là-bas et auxquels, je le sais, vous songez avec un amour filial ? »

Christian Estrosi [1]

 

 

Le maire de Nice commémore la fin de la guerre d’Algérie à sa façon.

Le monument qui fait de Nice la capitale de l’Algérie française

par J.-F. R., Nice-Matin, le 1er juillet 2012

 

Nice, jusqu’à demain, est la capitale des rapatriés et des harkis. Sur les bords de la baie des Anges, la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie a toujours revêtu un caractère exceptionnel. Juin 1987 : plus de 200 000 pieds-noirs confluaient ici pour ce qui restera dans l’histoire comme le plus gigantesque rassemblement de rapatriés. Juin 2012 : c’est sur la Promenade des Anglais que ce devoir de mémoire a connu son point d’orgue, lors de l’inauguration de l’œuvre commémorative « dédiée à tous les Français de l’autre rive ».

C’est Christian Estrosi qui l’a voulu. Quelques semaines avant la présidentielle, le député-maire de Nice en avait présenté l’ébauche à Nicolas Sarkozy. Hier, c’est le monument final imaginé par le sculpteur Roland Moreau qui a été dévoilé devant des centaines de rapatriés et de harkis.

Marseille a sa porte de l’Afrique sur la Corniche ; Nice, désormais, a d’une certaine manière sa porte de l’Algérie française : deux blocs de granit qui symbolisent une déchirure, une histoire brisée et sur lequel on lit : « Hommage aux Français d’Algérie de toutes confessions. Ils ont construit un pays, l’ont quitté dans la douleur en 1962. Arrivés en nombre sur la Côte d’Azur, ils ont participé à son essor et à sa réussite. Ne sont pas oubliés les Français du Maroc et de Tunisie. »

La mémoire, pas la repentance

Inauguration empreinte d’une intense émotion collective. Communauté de mémoire. De fraternité aussi, qui voit la stèle bénie par les représentants des trois cultes : le père Scotto, Kader Louma, président de l’association des 3 H, et Lucien Samak, le vice-président du consistoire. On chante la “Marseillaise” et “C’est nous les Africains” d’une même voix.

Loin d’avoir été reléguée à l’abri des regards, c’est face à la mer, face à l’Algérie, qu’ostensiblement, Christian Estrosi a tenu à faire ériger ce monument. Sans doute parce que c’est ici, sur la Côte d’Azur, que la plus grande communauté de rapatriés (plus de 100 000 personnes après 1962) vint se réfugier, très vite rejointe par plus de 65 000 harkis. Mais pas uniquement.

Dans la salle bondée du Centre universitaire méditerranée, soulevée par des vagues d’émotions irrépressibles, les discours croisés d’Eric Ciotti et de Christian Estrosi furent les points sur les « i » du mot « colonisation » : «  Nicolas Sarkozy avait ici-même présenté les excuses de la Nation aux harkis et aux rapatriés. Aujourd’hui, pas plus qu’hier, nous n’avons cependant à faire acte de repentance vis-à-vis de ce que vous, donc la France, avez construit en Algérie. Nous n’avons à présenter d’excuses à personne pour le bilan de l’Algérie française. »

Notes

[1] Extrait du discours de Christian Estrosi, le 30 juin 2012 – source.

Vidéo Nice Matin


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