Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Guerre-d-Algerie008.jpg

Monsieur le Président,

J'ai lu avec attention votre éditorial de La Charte N°2 de Mars-Avril 2012, et j'avoue que je suis déçu que vous puissiez penser que nos Morts pour la France en Algérie ne puissent être honorés le 19 mars, un jour de deuil pourtant si je vous ai bien lu.

Pour moi comme pour la majorité des anciens combattants d'Algérie cette date officielle (ordre du jour du Général Ailleret) convient parfaitement pour cet hommage, alors que le 5 décembre ne correspond à rien d'historique. Il n'y a qu'à voir la foule considérable et les personnalités civiles et religieuses qui se pressent le 19 mars en la cathédrale Saint-Louis des Invalides comme devant tous les monuments aux Morts du pays, avec une flopée de drapeaux tricolores impressionnante .

Je comprends d'autant moins que je pensais que seuls des nostalgiques de l'OAS étaient contre l'hommage aux tués en Algérie le 19 mars, date du cessez-le-feu que l'organisation séditieuse a refusé d'appliquer en attaquant des appelés et des gendarmes pour prendre leurs armes. Je ne veux pas croire que vous soyez du côté des auteurs d'attentats sanglants contre nos compatriotes, et qui ont essayé de renverser la République.

Rassurez-moi je vous prie.

De plus, les Algériens trouvaient insuffisants les accords d'Evian et ont vite renversés ceux qui les avaient signés.

D'ailleurs, ils ne célèbrent que la date de l'indépendance, le 5 juillet 1962.

Nous avons tous pris connaissance de l'article qui suit et que votre service de presse a du vous communiquer.

Cela traduit très bien la situation sur les deux rives de la Méditerranée....

 

Les Algérois regrettent la non-commémoration du 19-Mars

 

alger-19mars.JPG

Au grand dam des Algérois, aucune cérémonie officielle de grande ampleur n'a été prévue pour commémorer le 50e anniversaire du cessez-le-feu décrété le 19 mars 1962 en Algérie, au lendemain de la signature des accords d'Évian. Reportage.

"Le 19-Mars ? C'est la fête de la victoire, non ?". Malgré sa légère hésitation, Nabil, un jeune étudiant algérois âgé de 22 ans est conscient de l'importance de cette date dans l'histoire de son pays. En effet, il y a cinquante ans, jour pour jour, un cessez-le-feu était décrété en Algérie, au lendemain de la signature des accords d'Évian entre la France et le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Un événement qui mit fin à la Guerre d'Algérie, et qui entraîna quelques mois plus tard l'indépendance du pays, colonisé par les Français depuis 1830.

 

 etudiants.JPG

Nabil et Adel (de gauche à droite), étudiants en génie civil à Alger

"Vu l'importance de cette date-clé, il aurait fallu organiser des festivités, des conférences et des débats pour rendre hommage aux anciens combattants, dont mon grand-père et surtout mon oncle, qui lui est mort en martyr pour libérer l'Algérie", regrette Nabil avec l'approbation d'Adel, son camarade de cours de génie civil à l'université de Bab Ezzouar. Or comme le laissent entendre ces deux étudiants, et au grand dam des Algérois, aucune cérémonie officielle de grande ampleur n'a été prévue par les autorités locales à cette occasion. Et rien dans les rues ensoleillées d'Alger ne vient rappeler que le pays marque un anniversaire historique, exceptés les dizaines de drapeaux algériens hissés le long du front de mer ces derniers jours.

 

"La première étape vers l'indépendance"

 

Adossé sur un kiosque à journaux, à quelques pas de l'imposant édifice de la Grande Poste d'Alger, Hussein, moustache broussailleuse et costumes trois pièces, se dit lui aussi déçu par l'indifférence autour du cinquantenaire du 19-Mars. "J'avais 12 ans en 1962, et je me souviens parfaitement de ce jour-là, explique cet universitaire algérois. Car malgré mon jeune âge j'avais pris conscience, en analysant les réactions des adultes, qu'il s'agissait bel et bien de la première étape vers la fin de la guerre et l'indépendance". Tout en réajustant ses lunettes de soleil vintage, il rappelle que le 19-Mars était un jour férié en Algérie, jusqu'en 1988. La preuve, selon lui, que "certains dans le pays font du lobbying au profit de la France pour effacer un pan de l'histoire algérienne".

poste2.jpg

La Grande Poste d'Alger

La cinquantaine élégante, Salima se souvient elle aussi de cette journée de 1962, bien qu'elle n'était âgée que de 4 ans à l'époque. "Alger était en fête, nous sommes sortis dans la rue, ma mère et moi, pour exprimer notre joie d'être libres aux côtés de nos compatriotes", raconte-elle d'une voix troublée par l'émotion. Cette mère de famille et professeur d'allemand affirme qu"il est nécessaire de célébrer le 19 mars 1962 pour que "la jeune génération n'oublie pas tout le mal qui a été fait par le colonialisme et qu'elle soit fière de son identité". Tournée vers l'avenir, elle ne souhaite pas rester l'otage de l'histoire. "Malgré cette mémoire douloureuse, aujourd'hui je ne regarde plus la France comme une ennemie", précise Salima, dont le prénom signifie paisible en arabe.

 

Ménager l’ancienne puissance coloniale

 

Dans les locaux de la rédaction d'Al Watan, quotidien francophone fondé en 1990 et référence de la presse algérienne, la déception est également de mise.

 

"Le cinquantenaire des accords d'Évian aurait mérité d'être célébré car ils constituent une victoire politique pour les Algériens qui avaient obtenu ce jour-là des concessions importantes du colon français", note Fayçal Metaoui, salarié du quotidien depuis 22 ans. Il explique que les autorités algériennes ont toujours préfèré commémorer le 5 juillet 1962, soit la date officielle de la fête de l'indépendance du pays, ou encore le 1er Novembre 1954 qui marque le déclenchement de la Guerre d'Algérie . "Le pouvoir ne considère pas le 19-Mars comme une grande fête, mais comme une simple étape du processus de libération car le débat n'est pas tranché en son sein sur les accords d'Évian, que certains responsables de l'époque avaient considéré comme insuffisants voire comme une trahison", analyse-t-il.

 

L'éditorialiste Hassan Moali estime lui que l’Algérie officielle occulte ce cinquantenaire symbolique afin d'éviter d'avoir à faire le bilan de l’indépendance, et par conséquent celui du pouvoir actuel. Pis, en cette période de campagne électorale pour les deux pays (présidentielle en France et législatives en Algérie, NDLR), il soupçonne les autorités locales de ménager l’ancienne puissance coloniale en célébrant  ce qui devrait l'être.

  nabila2.JPG

 

Nabila Amir, journaliste politique à Al Watan

 

"Résultat, nous avons la pathétique impression que c'est la France qui commémore toute seule, notamment à travers les médias, le cinquantième anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, c'est le monde à l'envers", peste-t-il.

 

Nabila Amir, journaliste politique pour Al Watan depuis 13 ans, confie quant à elle ressentir un pincement au cœur en pensant "aux victimes du colonialisme et de la guerre qui ne seront pas honorées dignement", ce 19-Mars. "Normalement, dans un pays qui se respecte, on aurait préparé plusieurs mois à l'avance un tel anniversaire, ne serait ce que pour rafraîchir les mémoires", regrette Nabila qui pense que la banalisation de ce cinquantenaire résonne comme un manque de reconnaissance des dirigeants de l'État. "Comment reprocher ensuite à la majorité des jeunes de ce pays de ne pas connaître leur histoire quand on les prive, pour des raisons politiques, d'une telle fête", conclut-elle.

 

·          

REPORTERS

France-Algérie : les blessures invisibles

 

 



Voilà Monsieur le Président, ce que je tenais à vous faire savoir, car je suis moi-même un ancien combattant avec deux citations et que je refuse de commémorer autre chose que le cessez-le-feu historique, qui est aussi la date où la France n'a plus été en guerre après des décennies de conflits. Un ancien combattant aime avant tout la Paix et oeuvre pour qu'il n'y ait plus de guerre: ce n'est pas un "revanchard", cet esprit est totalement dépassé.

Les visages détruits de nos camarades blessés, des gueules cassées nous font honnir la guerre: aucune chirurgie ne leur rendra les traits qui étaient les leurs, sans oublier les disparus.... 

Seule compte la  commémoration.

Je pense que votre fédération se préoccupe de ce que pense ses adhérents et que vous avez le sens des réalités. 

 

En espérant que vous aurez une position plus nuancée, je vous prie, Monsieur le Président et cher Camarade combattant, d'agréer l'expression de mes salutations distinguées

 

Docteur Jacques Jausseran

Officier honoraire

Chevalier de la Légion d'honneur
Bordeaux

 

 

Tag(s) : #Associations

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :