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  754994.jpgLe président français François Hollande et son homologue allemand Joachim Gauck entourent le survivant Robert Hébras, le 4 septembre dernier, dans l'église d'Oradour-sur-Glane. (Jean-Pierre Muller - AFP)

http://www.bfmtv.com/societe/oradour-sur-glane-condamnation-dun-survivant-annulee-624354.html 

C'est ce mercredi que la Cour de cassation rend sa décision sur le sort de Robert Hébras, survivant du drame d'Oradour-sur-Glane. Cet octogénaire contestait sa condamnation pour des propos sur les Français enrôlés de force dans l'armée allemande.

Le président français François Hollande et son homologue allemand Joachim Gauck entourent le survivant Robert Hébras, le 4 septembre dernier, dans l'église d'Oradour-sur-Glane. (Jean-Pierre Muller - AFP)

Robert Hébras sera-t-il lavé de toute condamnation devant la justice? C'est ce mercredi que la Cour de cassation se prononce sur la levée ou non d'une condamnation de cet octogénaire devant le tribunal correctionnel, et que celui-ci conteste.
Robert Hébras n'est pas un prévenu ordinaire. A 88 ans, il est l'un des rares survivants du massacre d'Oradour-sur-Glane, ce village de Haute-Vienne où 642 habitants avaient été massacrés le 10 juin 1944 par une unité de Waffen SS. Début septembre, c'est lui qui avait tenu la main de François Hollande et de Joachim Gauck, lorsque
le président français et son homologue allemand avaient visité le village martyr.

Phrase polémique dans un livre-souvenir

De ce drame, le survivant avait tiré un livre de souvenirs, publié en 1992. C'est précisément une phrase de cet ouvrage, Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure, qui lui a valu de comparaître devant la justice.
"Parmi les hommes de main [de l'unité qui a perpétré le massacre], écrit-il, il y avait quelques Alsaciens soi-disant enrôlés de force dans les unités SS". Des habitants de cette région, annexée en 1940 à l'Allemagne, avaient en effet été soumis contre leur gré à la conscription dans les troupes allemandes. En remettant en cause le caractère forcé de cette incorporation, véritable drame en Alsace, Robert Hébras s'est attiré les foudres de ceux qui se sont eux-mêmes surnommés les "Malgré-nous".
Le vieil homme a apporté des nuances dans les éditions suivantes de son livre. Mais en 2008, un nouveau tirage a repris la première version, et deux associations de "Malgré-nous" ont porté plainte.

Contestation d'une "vérité historique"

Débouté en première instance par le tribunal de Strasbourg en 2010, Robert Hébras a été condamné à Colmar en septembre 2012. La cour d'appel a estimé que l'homme avait contesté une "vérité historiquement et judiciairement établie".
Une condamnation injuste, pour l'intéressé, qui indique avoir modifié son ouvrage en 2004 "dans un souci de réconciliation avec l'Alsace". Il assure également ne pas être à l'origine de la réédition de la première version de son texte. "Je demande seulement qu'on enlève ma condamnation, c'est la seule chose qui me préoccupe", a-t-il indiqué.
Lors de l'audience devant la Cour de cassation, le 17 septembre dernier, l'avocat général est allé dans son sens en demandant
l'annulation de sa condamnation. Reste à savoir si les juges seront de son avis.

http://www.lepopulaire.fr/limousin/actualite/2013/10/15/malgre-nous-d-oradour-decision-de-la-cour-de-cassation-mercredi-pour-robert-hebras-1730351.html

"Malgré-nous" d'Oradour : décision de la Cour de cassation mercredi pour Robert Hébras

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Robert Hébras. - Archives Stéphane Lefèvre

La Cour de cassation doit dire mercredi si elle annule la condamnation de Robert Hébras, qui avait émis un doute sur le caractère forcé de l'enrôlement des "malgré-nous" ayant pris part au massacre d'Oradour-sur-Glane, dont il est l'un des rares survivants.

Le 17 septembre devant la 1ère chambre civile, l'avocat général a préconisé la cassation de l'arrêt de la cour d'appel de Colmar condamnant M. Hébras, 88 ans, à verser un euro de dommages et intérêts et 10.000 euros au titre des frais de justice à deux associations de "malgré-nous".
Dans son livre "Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure", publié pour la première fois en 1992, Robert Hébras écrivait notamment que, "parmi les hommes de main, il y avait quelques Alsaciens enrôlés soi-disant de force dans les unités SS".
Il avait toutefois nuancé ce propos dans les éditions suivantes, publiées à partir de 2004, mais en 2008-2009, un nouveau tirage avait repris la première version, entraînant
la plainte en diffamation de deux associations de "malgré-nous" alsaciens.
M. Hébras, "s'est borné à émettre un doute à l'égard de treize Alsaciens" qui avaient participé au massacre "et non à l'égard de tous les Alsaciens enrôlés de force", avait plaidé son avocate, Me Françoise Thouin-Palat, rappelant que la réédition du texte initial résultait d'une erreur reconnue par l'éditeur.
Il s'agit d'une "interrogation subjective et non d'une vérité établie", de la part d'un témoin de l'Histoire, "tenu à une obligation non d'objectivité mais de sincérité", avait-elle fait valoir.
L'avocat général Christian Mellottée était allé dans son sens, soulignant que M. Hébras parlait "au conditionnel", "sans esprit de haine ou partisan".
Il avait en outre relevé que cette affaire s'inscrit dans un débat d'intérêt général, cadre dans lequel la liberté d'expression est plus grande.
De son côté, le conseil des associations, Me Jean-Pierre Chevallier avait rappelé le sort des 13 Alsaciens enrôlés de force ayant participé au crime de guerre d'Oradour, qui ont été condamnés puis amnistiés en 1953.

Pour l'avocat, "admettre qu'un témoin de l'Histoire puisse remettre en cause la réalité historique et judiciaire" serait "ouvrir la boîte de Pandore".
Oradour-sur-Glane, village du Limousin, a été le théâtre le 10 juin 1944 d'un massacre perpétré par une compagnie de la division Das Reich, qui fit 642 morts, dont 247 enfants. Parmi les SS figuraient des Alsaciens et Mosellans enrôlés de force par l'occupant allemand.
Le président François Hollande et son homologue allemand Joachim Gauck se sont rendus le 4 septembre à Oradour, où ils ont écouté et réconforté Robert Hébras.
Au lendemain de cette visite historique du président allemand, les "malgré-nous" alsaciens et mosellans s'étaient dits "déçus" qu'il n'ait pas reconnu le caractère criminel de leur incorporation.

AFP 

 

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