Pris dans la masse considérable des cérémonies du 19 mars en Saône-et-Loire et Val de Saône peut-être n’avez-vous pas remarqué cet article signalé par Jean-François Gavoury :

  " Excellent témoignage, en particulier, que celui, rendu public bien tardivement, émanant de François Baladier, ancien maire d’une commune du Val de Saône (Saint-Didier-sur-Chalaronne), ancien directeur de chambre d’agriculture, décédé il y a deux mois à l’âge de 77 ans ".

Jean-François Gavoury

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23 mars 2013

Saint-Didier-sur-Chalaronne

Grand moment d’émotion

lors de la cérémonie du 19 Mars

Un témoignage poignant

image003.jpgLors de la cérémonie du 19 mars, André Briel, président de la délégation Fnaca, a lu une lettre que lui avait donnée François Baladier, ancien maire. Une vision de la Guerre d’Algérie bouleversante.

C’est à l’occasion de la cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie qu’André Briel, président de la délégation Fnaca de Thoissey, a donné lecture d’une lettre que lui a adressée en 2007 l’ancien maire de Saint-Didier, tout récemment disparu, François Baladier.

Et quelle lettre… Empli d’émotion, de mots soigneusement choisis, ce courrier ressemble à l’homme qui l’a écrit : tout en mesure, mais aussi tout en indignation devant l’injustice. Extraits.

« Je vous livre seulement maintenant quelques souvenirs accompagnés de quelques réflexions. Comment parler de la Guerre d’Algérie sans évoquer sa dimension politique ? Cette tâche est impossible, sauf à s’en tenir aux anecdotes des bidasses les plus simples… Nous sommes partis pour maintenir l’ordre et nous avons fait une guerre sordide. J’ai été mobilisé en juillet1956 et le gouvernement de l’époque a décidé d’accroître de 250000 hommes le contingent… En septembre 1957, j’étais en Algérie, affecté à la compagnie de commandement situé dans un ancien fortin de terre. Je fus, comme tant d’autres, mobilisé pour quinze mois et libéré au bout de 28 ou 29 mois, sans jamais que soit changée la durée officielle, un modèle d’hypocrisie. L’école de la République m’avait appris la mission civilisatrice de la France, l’aide généreuse… Or, sur place, je découvrais la misère effroyable, l’injustice et aussi le mépris de l’homme algérien. Il est juste toutefois de dire que beaucoup d’appelés surent garder leur dignité comme celui qui, avec moi, mitraillettes au poing, s’est opposé à des paras de Bigeard qui au retour d’une opération, saoulés de bière, voulaient qu’on leur livre des détenus pour passer leur humeur. J’ai été libéré en décembre 1959, je n’avais jamais bénéficié de permissions, mais ceci est sans importance. Pendant 10 ans, j’ai fait des cauchemars épouvantables. Pendant 20 ans, je me suis tu, je ne voulais pas parler de ce que j’avais vu. Il m’a paru utile aujourd’hui de vous adresser mes souvenirs ».

 

 

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