Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

images-copie-2.jpg Kader Arif ministre délégué aux Anciens Combattants

Maurice Calmein dit :

8 juin 2012 à 11:32

Monsieur le Ministre,
Je sais quel fut le passé de votre père et cela fait de vous, à mes yeux, l’un des membres les plus sympathiques du nouveau gouvernement. Je suis moi-même né en Algérie et je me bats depuis 45 ans pour que l’on cesse de salir notre histoire et que l’on reconnaisse ce que furent les souffrances des Pieds-Noirs et des Harkis. Mon père, comme le votre, s’est battu à Monte Cassino. J’espère avoir un jour la possibilité de vous rencontrer et d’échanger avec vous sur ces questions. J’aimerais notamment savoir quelles seront vos positions concernant la repentance que François Hollande s’est engagée à exprimer à l’Algérie et sur la date du 19 mars comme choix de l’anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie.
Je viens de publier un nouveau livre, de 430 pages: « Les Français d’Algérie 50 ans après » (Ed. Atlantis). Il fait le point sur tous les sujets touchant à notre communauté déracinée, ses revendications, ses relations avec le monde politique, le drame des Harkis et celui de l’exode de 1962, les associations, etc. L’adresse du site que j’ai mentionnée ci-dessus vous en apprendra un peu plus, si vous le souhaitez, sur ce livre et mes précédents ouvrages.
Bien cordialement,
Maurice Calmein
Président fondateur du Cercle algérianiste, président de l’association humanitaire Sos outre-mer, président d’honneur du Souvenir des Français disparus en Algérie.

 

 

 

logo-copie-3.png

N° 233

 

SÉNAT

 

SESSION ORDINAIRE DE 2011-2012

 

Enregistré à la Présidence du Sénat le 5 janvier 2012

 

PROPOSITION DE LOI

 

instituant une Journée nationale de recueillement et de mémoire en souvenir de toutes les victimes de la guerre d’Algérie, des combats en Tunisie et au Maroc et de tous leurs drames,

 

PRÉSENTÉE

 

Par M. Alain NÉRI, Mme Gisèle PRINTZ, MM. François REBSAMEN, Ronan KERDRAON, Claude DOMEIZEL, Mmes Jacqueline ALQUIER, Claire-Lise CAMPION, M. Luc CARVOUNAS, Mme Karine CLAIREAUX, M. Yves DAUDIGNY, Mmes Christiane DEMONTÈS, Odette DURIEZ, Catherine GÉNISSON, Samia GHALI, MM. Claude JEANNEROT, Jacky LE MENN, Georges LABAZÉE, Mmes Michelle MEUNIER, Patricia SCHILLINGER, M. René TEULADE, Mme Michèle ANDRÉ, M. Dominique BAILLY, Mme Delphine BATAILLE, MM. Claude BÉRIT-DÉBAT, Michel BERSON, Jacques BERTHOU, Mmes Maryvonne BLONDIN, Nicole BONNEFOY, MM. Yannick BOTREL, Didier BOULAUD, Martial BOURQUIN, Mme Bernadette BOURZAI, M. Michel BOUTANT, Mmes Nicole BRICQ, Françoise CARTRON, MM. Yves CHASTAN, Jacques CHIRON, Roland COURTEAU, Marc DAUNIS, Jean-Pierre DEMERLIAT, Claude DILAIN, Mme Josette DURRIEU, MM. Jean-Luc FICHET, Jean-Claude FRÉCON, Mme Dominique GILLOT, MM. Gaëtan GORCE, Didier GUILLAUME, Philippe KALTENBACH, Yves KRATTINGER, Serge LARCHER, Mme Françoise LAURENT-PERRIGOT, M. Jean-Yves LECONTE, Mme Marie-Noëlle LIENEMANN, MM. Jeanny LORGEOUX, Roger MADEC, Philippe MADRELLE, Jacques-Bernard MAGNER, François MARC, Marc MASSION, Rachel MAZUIR, Mme Danielle MICHEL, MM. Jean-Pierre MICHEL, Jean-Jacques MIRASSOU, Robert NAVARRO, Mme Renée NICOUX, MM. François PATRIAT, Jean-Claude PEYRONNET, Marcel RAINAUD, Daniel RAOUL, Daniel REINER, Alain RICHARD, Gilbert ROGER, Yves ROME, Mme Laurence ROSSIGNOL, MM. Jean-Pierre SUEUR, Simon SUTOUR, Mme Catherine TASCA, MM. André VALLINI, René VANDIERENDONCK, Yannick VAUGRENARD et Maurice VINCENT,

Sénateurs

 

(Envoyée à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, sous réserve de la constitution éventuelle d’une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.)

 

 

EXPOSÉ DES MOTIFS

 

Mesdames, Messieurs,

En 1999, à l’initiative du groupe socialiste de l’Assemblée nationale, le Parlement a adopté à l’unanimité une proposition de loi reconnaissant l’état de guerre en Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc. Cette reconnaissance officielle d’un moment dramatique de notre histoire permet de mieux comprendre ce qu’ont vécu tous ceux qui en ont été les acteurs directs : les appelés, les rappelés, les maintenus, les militaires de carrière, les rapatriés, les harkis, en un mot toutes les populations qu’elles soient d’origine européenne ou maghrébine, civiles ou militaires.

Lors des débats parlementaires empreints de solennité et de gravité, l’évocation de tous les drames de la guerre d’Algérie a permis de prendre conscience de l’importance des traumatismes, des souffrances et des incompréhensions qui ont marqué nombre de nos concitoyens et qui perdurent dans notre pays près de quatre décennies après la fin des combats.

Une première étape dans la réappropriation de notre passé a été franchie par la promulgation de la loi n° 99-882 du 18 octobre 1999.

Aujourd’hui, notre volonté de renforcer le devoir de mémoire nous invite à prolonger une initiative que tous, anciens combattants, rapatriés, harkis et représentants de la Nation, ont rendu possible par leurs contributions et leurs échanges constructifs.

Ensemble, nous partageons l’exigence du devoir de mémoire et nous avons pour mission de faire vivre les valeurs de civisme et de citoyenneté, éléments fondateurs de notre démocratie. La Nation, par la volonté de ses représentants, a donné en 1999 sa dignité à la troisième génération du feu.

Longtemps sujet tabou et controversé, l’officialisation de la guerre d’Algérie a rendu la parole à toutes celles et ceux qui souffraient de ce silence trop pesant.

Aujourd’hui, il s’agit d’évoquer la guerre d’Algérie dans sa dimension la plus large, de ne pas dissimuler la vérité historique, de donner la parole aux acteurs du drame algérien et de reconnaître que ce conflit, mettant un terme à notre passé colonial, a profondément marqué notre pays, les populations d’Algérie et de métropole ainsi que leurs descendants. Si toutes les cicatrices ne sont pas encore refermées, la parole et le témoignage doivent être facilités afin de dénoncer la guerre et d’assumer globalement l’héritage de notre Histoire.

Conscients aujourd’hui de cette obligation morale à l’égard de celles et ceux qui ont eu à en souffrir, nous sommes convaincus que la reconnaissance de l’état de guerre en Algérie doit s’accompagner d’un temps de mémoire. Tous les acteurs, dans leur diversité, doivent pouvoir témoigner des épreuves qu’ils ont endurées pendant et après les combats. Il apparaît en effet nécessaire de rappeler sans cesse les réalités et les conséquences d’une guerre dont on a trop longtemps nié l’existence.

Le 26 avril 2001, le Premier ministre Lionel Jospin a souhaité que « soit faite toute la lumière nécessaire sur cette guerre de décolonisation, qui fut une guerre civile, et durant laquelle des atrocités ont été commises de part et d’autre. Aucune victime ne doit être oubliée, ni du côté algérien, ni du côté français. Nous ne pouvons pas non plus ignorer les massacres dont les harkis ont été victimes. Ce travail de vérité constitue un ciment puissant pour notre communauté nationale, car il lui permet d’édifier de plus solides fondations pour son avenir ».

À l’aube du XXIe siècle, la République française, démocratie apaisée et porteuse de valeurs universelles, s’honorerait d’assumer son Histoire et d’intégrer dans la mémoire nationale un passé trop longtemps enfoui.

À cette occasion, il est indispensable que soit délivré aux jeunes générations un message de paix et que soit dénoncée l’absurdité d’affrontements ayant bouleversé à jamais la jeunesse et l’existence de millions d’hommes et de femmes issus d’horizons différents, entraînés dans la spirale d’une guerre de décolonisation et d’indépendance dont ils ont subi toutes les horreurs. Ce moment participerait d’une dimension pédagogique et citoyenne pour toutes les nouvelles générations et c’est à dessein que nous entendons oeuvrer à ce projet en travaillant et en privilégiant les conditions de sa réalisation.

Pour répondre à cet objectif légitime et salutaire, il nous apparaît désormais possible d’envisager que la Nation se rassemble autour d’une journée de recueillement et de mémoire en souvenir de toutes les victimes de cette période de notre Histoire où des vies personnelles et des destinées familiales et collectives ont basculé. Il s’agit ainsi d’évoquer sous tous ses aspects la guerre d’Algérie et de lutter contre l’oubli, en favorisant chaque année son ancrage dans la mémoire de notre pays.

La guerre d’Algérie, par sa spécificité historique et ses drames, par le climat passionnel et douloureux qui s’y rattache, a trop longtemps suscité malaises, ambiguïtés et « non-dit ». Aujourd’hui, il est de notre responsabilité d’inscrire durablement son évocation dans notre mémoire collective, accompagnant ainsi un indispensable acte de réconciliation et de concorde nationale. Dix années de guerre en Afrique du Nord sont constitutives de notre Histoire et le recul du temps permet maintenant d’en dresser un inventaire lucide et exhaustif.

Après avoir été trop longtemps niée et appelée abusivement évènements, maintien de l’ordre ou pacification, la guerre d’Algérie ne peut rester sans date historique et symbolique de commémoration.

Oui, au même titre que les deux conflits mondiaux, la guerre d’Algérie appartient à notre Histoire. Oui, après sa reconnaissance officielle, elle doit trouver sa journée de recueillement et de mémoire pour se souvenir.

En conséquence, une réflexion et une analyse approfondies nous conduisent à penser que seule la date du 19 mars, date officielle du cessez-le-feu en Algérie, s’impose en raison de sa double et indissociable signification au coeur même d’une tragique et douloureuse histoire.

Pour les uns, soldats, leurs familles et leurs amis, cette date correspond à la fin d’une guerre cruelle où nombre de leurs camarades sont tombés. Pour eux, c’était l’annonce du retour en France et d’une « paix » retrouvée. C’était également réapprendre le quotidien en affrontant les souvenirs et les traumatismes profonds qui en découlaient.

Pour les autres, elle correspond à l’accélération des drames vécus et au basculement dans les déchirements. Pour nos compatriotes français d’Algérie rapatriés, c’était l’abandon de leur terre natale et de leurs racines.

Pour les harkis, qui n’envisageaient pas d’autre avenir que dans la France, cette fidélité fut un choix lourd de conséquences pour lequel ils ont payé un lourd tribut. Rejetés des terres qui les avaient vus naître, ils ont trop souvent fait l’objet d’un nouveau rejet dans leur terre d’accueil.

Aujourd’hui, leurs enfants revendiquent légitimement la reconnaissance de la France vis-à-vis de leurs pères et leur propre intégration.

Pour tous, ce fut la guerre.

Pour tous, ce furent la violence, les haines, les peurs, les souffrances, le rejet, l’incompréhension, les silences.

Forts de notre Histoire lucidement assumée, nous avons le souci de rassembler et de favoriser l’unité nationale confortée par l’édification à Paris, Quai Branly, du mémorial de la guerre d’Algérie.

Nous proposons donc que le 19 mars devienne une journée nationale de recueillement et de mémoire en souvenir de toutes les victimes de la guerre d’Algérie, des combats en Tunisie et au Maroc et de tous leurs drames.

Nous vous demandons de bien vouloir adopter la présente proposition de loi.

 

PROPOSITION DE LOI

 

Article 1er

 

La République française institue une journée nationale de recueillement et de mémoire en souvenir de toutes les victimes de la guerre d’Algérie, des combats en Tunisie et au Maroc et de tous leurs drames.

 

Article 2

 

Cette journée, ni fériée, ni chômée, est fixée au 19 mars.

 logo-copie-3 

N° 475
 
SÉNAT

 

SESSION ORDINAIRE DE 2011-2012

Enregistré à la Présidence du Sénat le 12 mars 2012

PROPOSITION DE LOI

faisant du 19 mars la journée nationale de recueillement et de mémoire en souvenir de toutes les victimes de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc,

PRÉSENTÉE

Par M. Guy FISCHER, Mmes Éliane ASSASSI, Marie-France BEAUFILS, MM. Michel BILLOUT, Éric BOCQUET, Mmes Nicole BORVO COHEN-SEAT, Laurence COHEN, Cécile CUKIERMAN, Annie DAVID, Michelle DEMESSINE, Évelyne DIDIER, MM. Christian FAVIER, Thierry FOUCAUD, Mme Brigitte GONTHIER-MAURIN, MM. Robert HUE, Gérard LE CAM, Michel LE SCOUARNEC, Mmes Isabelle PASQUET, Mireille SCHURCH, MM. Paul VERGÈS et Dominique WATRIN,

Sénateurs

(Envoyée à la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, sous réserve de la constitution éventuelle d'une commission spéciale dans les conditions prévues par le Règlement.)

EXPOSÉ DES MOTIFS

Mesdames, Messieurs,

Le 19 mars 2012 sera le cinquantième anniversaire du cessez-le-feu du 19 mars 1962 qui mit fin à la guerre d'Algérie.

Trois millions d'appelés furent confrontés à cette guerre, 30 000 soldats français y ont laissé la vie, près de 250 000 d'entre eux ont été blessés tandis qu'un million d'Algériens ont trouvé la mort.

La fin de tous les conflits a toujours été une victoire de la sagesse des hommes prenant conscience que la guerre est un mal qui déshonore le genre humain.

La souffrance, la mort de tant d'êtres nous impose le devoir de veiller à ce que leur sacrifice ne reste pas vain et serve la cause de la paix.

C'est ainsi que l'ensemble de nos concitoyens se reconnait dans des cérémonies patriotiques officielles, conscient qu'un peuple oubliant son passé n'a pas d'avenir. Fixées à la date de cessation des hostilités, ces commémorations sont chacune porteuse d'un message particulier, réfutant toute idée d'une journée unique du souvenir qui trahirait la mémoire de notre peuple.

Pour les guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945, les dates symboliques retenues sont tout naturellement celles du cessez-le-feu : jour essentiel pour le combattant qui risque sa vie à tout instant. La Nation, qui rend ainsi hommage à ceux qui ont combattu sous son drapeau, doit également affirmer sa volonté d'honorer la mémoire des victimes civiles et militaires en leur dédiant cette journée nationale du souvenir et du recueillement.

Pour la guerre d'Algérie, le cessez-le-feu du 19 mars 1962 marque bien l'arrêt officiel des combats même si, après la fin des hostilités, à l'instar de tous les conflits, il nous faut hélas ! Déplorer des morts que nous ne saurions oublier.

Oui, le 19 mars, qui rencontre une adhésion massive tous courants politiques confondus, s'affirme bien être la seule date historique, sur le modèle des autres conflits, pour rendre hommage aux morts civils et militaires de cette guerre. Aucune autre date ne peut légitimement s'y substituer, surtout pas la date arbitraire du 5 décembre, devenue en 2003, par la volonté du Président Jacques CHIRAC, la date officielle de commémoration, reléguant le 19 mars au rang de « cérémonie associative ».

L'instauration d'une telle journée nationale de recueillement et de mémoire permettrait également à notre Nation d'assumer enfin un passé colonial trop longtemps nié, qui a marqué plusieurs générations de Français, comme la population algérienne et ses descendants.

Un demi-siècle après, le rétablissement de l'exactitude des faits historiques s'impose pour cette période, y compris et surtout sur ses zones d'ombre. C'est en effet à ce prix que pourraient disparaître les séquelles les plus graves de la guerre d'Algérie, le racisme et les discriminations dont sont victimes encore aujourd'hui les ressortissants d'origine algérienne, du Maghreb ou d'autres anciennes colonies.

Je vous demande donc de bien vouloir adopter la présente proposition de loi.

PROPOSITION DE LOI

Article 1er

La République française institue une journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des morts civils et militaires de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie 1952-1962.

Article 2

Cette journée, ni fériée ni chômée, est fixée au 19 mars, jour anniversaire du cessez-le-feu proclamé le 19 mars 1962, mettant fin à dix années de guerre en Afrique du Nord.

 

Tag(s) : #Associations

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :