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  Le maire de Strasbourg Roland Ries dévoile la plaque en compagnie du vice-consul d’Algérie Chérif Benfadel.

http://www.dna.fr/edition-de-strasbourg/2013/10/18/place-du-17-octobre-1961

La ville de Strasbourg compte officiellement depuis hier soir une place du 17-Octobre-1961, en mémoire des manifestants algériens tués par la police française à Paris ce jour-là.

Après avoir inauguré en juin 2013 une stèle en mémoire des soldats bas-rhinois morts pendant la guerre d’Algérie, la mairie de Strasbourg a donné officiellement, hier soir, le nom de place du 17-Octobre- 1961 à la placette située à l’intersection de la rue de la Douane et de la rue de la Première-Armée.

Près de 300 personnes assistaient à la cérémonie en fin d’après-midi, précédée d’un rassemblement sur le pont du Corbeau. C’est là que depuis des années, à la même date, le collectif D’ailleurs nous sommes d’ici militait en souvenir des manifestants algériens tués par la police française alors qu’ils réclamaient la fin du couvre-feu qui leur était uniquement réservé.

Militants du NPA, du Parti communiste, militants et élus du Parti socialiste et des Verts entouraient les membres du collectif qui avait pris le soin d’inviter Roger Winterhalter, l’ancien maire de Lutterbach, qui a révélé son engagement en faveur du FLN pendant la guerre.

« Une horreur n’excuse pas l’autre »

« Je suis un militant né de la guerre d’Algérie, a-t-il déclaré. On a jeté à la Seine ce jour-là des hommes et des femmes qui ne demandaient rien d’autre que d’être reconnus, l’indépendance de l’Algérie. Nous sommes là pour nous souvenir et mieux vivre le présent et l’avenir… Il y a aussi eu des horreurs de l’autre côté, mais une horreur n’excuse pas l’autre. »

« Cette inauguration est le couronnement d’une démarche, d’une idée, a expliqué Ahmed Faouzi, le porte-parole du collectif. D’ailleurs nous sommes d’ici, à qui tous ont rendu hommage. Strasbourg donne un bel exemple. Cette reconnaissance va dans le bon sens. De telles initiatives, au-delà de leur portée symbolique, contribuent à ce que la France regarde avec clairvoyance son passé colonial et ses méfaits. »

Avant de dévoiler la plaque en compagnie du vice-consul d’Algérie Chérif Benfadel, le maire de Strasbourg Roland Ries a rappelé que la démarche engagée par la ville s’inscrivait dans la droite ligne de la reconnaissance du massacre par le président François Hollande l’année dernière. Et que pour comprendre le drame de ce jour-là, il faudrait étudier toute l’histoire de l’Algérie, « depuis le 14 juin 1830 jusqu’au 18 mars 1962 ». Car « seule une plongée dans les plis et replis de la colonisation pourrait nous permettre d’appréhender les événements du 17 octobre 1961 ». Il a rejeté toute idée de «concurrence des drames», car « nous n’occultons pas la mort des onze policiers tués dans des attentats » qui ont provoqué l’instauration du couvre-feu contesté. « Strasbourg est la ville de la réconciliation, a-t-il conclu. Elle a une responsabilité particulière, celle de prendre position quand des droits sont bafoués ».

  

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imagesries.jpgRoland RIES

sénateur-maire de Strasbourg

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